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Liban

Les perspectives d’un dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah accueillies avec scepticisme

L’éclairage
28/11/2014

Un membre éminent du gouvernement de Tammam Salam exclut que le dialogue que cherche à instaurer le président de la Chambre, Nabih Berry, entre le courant du Futur et le Hezbollah débouche dans les circonstances présentes sur des résultats concrets, ne serait-ce que, par exemple, l'élection d'un président de la République.
Le problème, selon ce ministre, c'est que la démarche de M. Berry ne bénéficie pas à ce stade d'un véritable parrain extérieur, même si l'idée d'un dialogue entre les composantes libanaises en vue de protéger ce pays des retombées des développements régionaux est très fortement appuyée par la communauté internationale et si la stabilité du Liban est considérée par la communauté internationale comme une « ligne rouge » qui ne doit pas être franchie.
Un ministre du 14 Mars estime, lui aussi, qu'un dialogue entre le Futur et le Hezb ne permettrait pas à l'heure actuelle de débloquer la crise présidentielle. Ce ministre se fonde en cela sur des explications que lui a données un collègue membre du parti de Dieu. Selon ce dernier, ce parti n'a nullement l'intention de retirer son soutien à la candidature du chef du CPL, le général Aoun, à la présidence de la République et entend maintenir son alliance avec lui.
Le ministre quatorze-marsiste s'étant alors interrogé sur l'objectif que rechercherait le Hezb dans le dialogue, son collègue lui a répondu : ce serait pour persuader les forces du 14 Mars de la nécessité de soutenir Michel Aoun, et non pas pour parler des modalités d'un lâchage.
Mais pourquoi cet attachement à la candidature du chef du CPL ? Toujours selon le ministre du 14 Mars et en se fondant sur les explications de son collègue, le Hezbollah considère que le général Aoun est un allié stratégique fort sur le plan chrétien et sur la scène politique. Il peut ainsi compter sur lui pour des prises de position et des démarches dont le parti a besoin sur le plan local.
Le général Aoun a donné beaucoup au Hezbollah, ajoute le collègue, et continue de lui donner en dépit des divergences qui apparaissent parfois sur un certain nombre de sujets, comme la question de la prorogation de la législature, mais aussi la proposition de loi électorale dite « orthodoxe », que le parti chiite n'avait appuyée que du bout des lèvres.
À ces considérations s'ajoute, selon des sources du 8 Mars, le fait qu'un lâchage du général Aoun porterait un coup à la crédibilité du Hezb devant ses alliés. Dans ce cadre, on avoue dans les milieux de Rabieh avoir exprimé une inquiétude face à l'initiative de M. Berry en faveur d'un dialogue Futur-Hezbollah. Ces milieux craignent en effet que l'objectif de ce dialogue ne soit de parvenir à un package deal qui sonnerait le glas des ambitions présidentielles du général Aoun, comme ce fut le cas en 2008 à Doha.
Se fondant sur toutes ces données, on constate dans des milieux du 14 Mars qu'il n'y aura pas de scrutin présidentiel tant que le Hezbollah restera attaché à la candidature du chef du CPL et tant que ce dernier refusera de se transformer en grand électeur. Pour un diplomate bien informé, cette situation est appelée à perdurer à moins de changements extérieurs tels qu'une ouverture saoudo-iranienne ou encore une entente globale entre les États-Unis, l'Iran, l'Arabie saoudite et l'Égypte sur l'ensemble des dossiers de la région. Une troisième possibilité serait un nouveau 7 mai 2008 ou quelque chose de similaire, mais cette éventualité est globalement exclue dans la mesure où le climat n'est guère favorable à une telle action et que les protagonistes qui en ont les moyens n'en ont pas la volonté.
C'est dans ce contexte que les efforts extérieurs pour tenter de « libaniser » l'échéance présidentielle se poursuivent de façon soutenue, en dépit de la déception ressentie par les diplomates face à l'incapacité des Libanais à prendre la mesure des périls qui les entourent et les menacent et, en conséquence, à se hâter d'élire un président.
C'est, une fois de plus, essentiellement la France qui mène le mouvement, avec la bénédiction des États-Unis et du Vatican. Paris a déjà démarché à plusieurs reprises l'Iran et l'Arabie saoudite à ce sujet et continue de le faire. On apprend ainsi que le directeur du département Afrique du Nord et Moyen-Orient au ministère français des Affaires étrangères, Jean-François Girault, devrait se rendre prochainement pour la cinquième fois à Téhéran et que cette visite interviendrait après un séjour de M. Girault à Beyrouth.
À noter, parallèlement, que la Russie s'apprête aussi dans les jours qui viennent à dépêcher à Beyrouth son vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

On ne mélange pas les Torchons du passé avec les serviettes du FUTUR !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ON CONDAMNE LE DIALOGUE, QUE VEUT PROPOSER LE PRÉSIDENT BERRY, AVANT MÊME D'ÊTRE PROPOSÉ !
DES IMBÉCILES... IL Y EN A PARTOUT... MAIS CHEZ NOUS C'EST LE COMBLE ! NON MESSIEURS, LE DIALOGUE EST NÉCESSAIRE ENTRE LES DEUX COMPOSANTES MAJEURES DU PAYS... MÊME S'IL NE DÉBOUCHE POUR L'INSTANT QUE SUR DES SERREMENTS DE MAINS... CE SERAIT DÉJÀ UNE PREMIÈRE... QUELQUE CHOSE DE GAGNÉ... ET UN POINT POUR CONTINUER LA SECONDE ET ALLER DE L'AVANT ! MAIS QUAND DE L'ABRUTISSEMENT SORT DE LA LOGIQUE ? YIA 7ARAM 3A HAL BALAD ! À QUAND LE BON DÉBARRAS DE TOUS CES VAURIENS ?

Pierre Hadjigeorgiou

Ce qu'oublient tout le monde c'est qu'il est difficile de dialoguer avec des partis criminels, qui ne reconnaissent pas la légalité ni même le pays qu'ils prétendent défendre, qui sont sans foi ni lois et qui se servent des crimes politiques et de coups d’états pour imposer leurs vues. Dans cet état des choses il est impossible d'arriver a n'importe quel résultat. Il n'y a simplement pas d'accord possible que lorsque ces voyous seront mis hors d’état de nuire. Pour l'instant ils sont neutralises. L’année prochaine ce sera une tout autre histoire.

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