Pour le général Allen, le coordinateur américain de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique, les jihadistes ne vont pas gagner la bataille de Kobané. REUTERS/Osman Orsal
Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) se sont "eux-mêmes empalés" sur la ville syrienne kurde de Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe) et ne réussiront pas à en prendre le contrôle, a estimé jeudi le coordinateur américain de la coalition internationale anti-EI.
"De bien des points de vue, l'EI s'est lui-même empalé sur Kobané", a jugé le général américain à la retraite John Allen dans un entretien publié jeudi dans le quotidien turc Milliyet, à l'occasion de sa visite à Ankara.
"Comme ils continuent à y dépêcher des combattants en renfort, nous allons nous-même continuer à les bombarder, à couper leurs lignes de ravitaillement et à perturber leur chaîne de commandement et de contrôle et, en même temps, à faire ce que nous pouvons pour soutenir les défenseurs" kurdes de la ville, a-t-il ajouté. "Et l'EI va finir par se rendre compte qu'il ne gagnera pas cette bataille", a poursuivi le général Allen dans Milliyet.
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Depuis le début, à la mi-septembre, de l'offensive lancée par les jihadistes sur Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe), environ 1.200 personnes ont été tuées, pour l'essentiel des combattants de l'EI ou des milices kurdes qui défendent la ville. Les avions de la coalition, principalement américains, ont multiplié les frappes contre les objectifs de l'EI à Kobané et ont réussi à arrêter leur progression.
"Nous sommes persuadés que nos raids aériens ont tué bien plus de 600 hommes de l'EI", a ajouté l'officier américain. "Je pense que s'ils se retirent ce sera le signe que leur +marche vers la victoire+ a atteint son point culminant. A la vérité, nous constatons qu'ils ne sont absolument pas invincibles", a conclu M. Allen.
Interrogé sur les divergences actuelles entre les Etats-Unis et la Turquie sur la politique à conduire en Syrie, l'ex-général a estimé qu'il fallait "prendre en compte les intérêts nationaux de la Turquie et ses demandes".
Contrairement à Washington, le gouvernement islamo-conservateur turc a refusé d'intervenir militairement pour soutenir les défenseurs kurdes de Kobané, par crainte qu'un tel soutien ne profite au régime de Damas, sa bête noire, et aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mènent la guérilla en Turquie depuis 1984.
Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a reproché à Washington d'avoir refusé les conditions posées par Ankara à son entrée active dans la coalition antijihadiste. Le gouvernement turc réclame, pour entrer dans la coalition, la création d'une zone-tampon doublée d'une zone d'exclusion aérienne le long de sa frontière avec la Syrie, et veut privilégier l'entraînement et l'équipement de l'Armée syrienne libre (ASL), émanation de l'opposition modérée au régime de Damas.
Mardi, les Kurdes syriens combattant l'EI à Kobané ont réalisé de nouveaux progrès, chassant les jihadistes de plusieurs immeubles du centre de la ville et saisissant des armes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Les combattants kurdes des YPG (Unités de protection du peuple) ont mené une opération spéciale au cours de laquelle ils ont pris six immeubles que l'EI utilisait", a précisé l'OSDH, ajoutant que treize jihadistes avaient été tués. Les Kurdes "ont saisi une grande quantité d'armes et de munitions, dont des armes légères, des fusils de précision, des munitions pour lance-roquettes et des milliers de munitions pour mitrailleuse lourde", a indiqué l'ONG.
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"De bien des points de vue, l'EI s'est lui-même empalé sur Kobané", a jugé le général américain à la retraite John Allen dans un entretien publié jeudi dans le quotidien turc Milliyet, à l'occasion de sa visite à Ankara."Comme ils continuent à y dépêcher des combattants en renfort, nous allons nous-même continuer à les bombarder, à couper leurs lignes de ravitaillement et à perturber leur chaîne de commandement et de contrôle et, en même temps, à faire ce que nous pouvons pour soutenir les défenseurs" kurdes de la ville, a-t-il ajouté. "Et...


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19 h 17, le 21 novembre 2014