Rendez-vous était donné à 18h, pour l'inauguration. Mais dès le matin, les designers et producteurs défilaient avec leurs paquets, slalomant entre l'armée d'ouvriers qui installait un runway de plexi blanc sur toute la longueur de la ruelle piétonne longeant le magasin Aïshti du centre-ville. Déjà les haut-parleurs en phase test diffusaient le rythme de la soirée et les passants dansaient malgré eux, emportés par le beat. À l'heure H, on a vu s'engouffrer dans les ascenseurs plus de gens que les cabines n'en pouvaient contenir. Les plus déterminés ont pris l'escalier pour accéder à l'espace du People débarrassé de sa grande table monacale et dont les étagères, à l'entrée, avaient été vidées de leurs objets de marques habituels pour céder la place aux créations des nouveaux talents libanais. Sous l'enseigne de néon bleu annonçant la « Beirut's Nouvelle Vague » se bousculaient les invités pressés d'immortaliser sur Polaroïd leur rencontre avec les créateurs, vedettes de la soirée. Il y avait là le duo David/Nicolas présentant son service de table, un best-seller du porcelainier portugais Vista Alegre. Ils côtoyaient les vases et lampadaires de Marc Dibeh, Joe Arida avec ses coussins édités sous son label La Terre est Folle, Carla Baz avec ses bols en bois sculpté laqués de couleurs vives et ses vide-poches en marbre, Henry Dakkak Jr et ses compositions/compressions barbares et insolites, les bijoux Vanina et leurs fleurs de plastique, les parures Arabesques en or 18 carats de Ralph Masri, les robes de Sara Melki et les délices organiques de l'Atelier du Miel, de House of Zejd et Sapori di Tery complétés par le magnifique album Beirut Cooks de Pascale Habis. Sélection éclectique pour ambiance électrique survoltée par le DJ Phil Vader qui n'avait pas attendu de chauffer la salle pour envoyer des basses de sous le boisseau. Sur les tables, on faisait un sort aux cornets de fraises Tagada, réglisse et marshmallows, tandis que circulaient boissons et canapés. Qui a donné le signal de la fin ? Emportant la compilation des meilleurs groupes libanais du moment offerte à l'occasion avec la bénédiction de la Sacem, les invités se sont précipités dans la rue, non qu'il y avait le feu, mais parce que le défilé allait commencer.
À 20h précises, alors que les chaises valsaient pour s'aligner sur un front row qui ne pouvait accueillir tout le monde, le coup d'envoi du défilé était donné avec une robe vaporeuse de Valentino, assortie de sandales Charlotte Olympia et d'un collier Cartier. Ce vent de fraîcheur, de sensualité et de délicatesse allait se poursuivre jusqu'au modèle final, un numéro 47 totalement Saint Laurent. Car oui, non moins de 47 looks portés par 14 mannequins dont deux hommes ont défilé ce soir-là pour donner une idée de ce que l'on portera cet hiver, avec des créations – à part Valentino – de Michael Kors, Burberry, Marc Jacobs, Cushnie et Ochs, Prada, Oscar de la Renta, Céline, Alaïa, Etro, Gucci, Moschino, Brunello Cuccinelli, Zegna, Corneliani, Pucci, Stella McCartney, Balenciaga, Fendi, Bottega Veneta, Dior, Dolce&Gabbana, Agent Provocateur et Roberto Cavalli, sans compter les bijoux de Cartier et accessoires de différentes grandes maisons et la mise en beauté réalisée avec Giorgio Armani Cosmetics. New York, Milan, Londres et Paris illuminaient de tous leurs feux cette nuit beyrouthine dédiée au luxe et à la bonne humeur. Prenant la parole pour conclure cet événement, le CEO de Aïshti, Tony Salamé, a annoncé les noms des gagnants de la loterie organisée avec le soutien de MasterCard, Bank Audi, Global Blue et Samsung. Le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, sous le patronage duquel avait eu lieu l'événement, ainsi que les directeurs de la maison Céline, Enda Cleary et Diego Menarin, ne cachaient pas leur enthousiasme. Il y avait ce soir-là comme une vraie joie dans le ciel de Beyrouth, et ça, ça n'a pas de prix.


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