Le président palestinien Mahmoud Abbas prononçant son discours à l’occasion du 10e anniversaire de la mort de Yasser Arafat, devant un énorme portrait de celui-ci, à Ramallah. Abbas Momani/AFP
Les divisions palestiniennes ont éclaté au grand jour hier à l'occasion du 10e anniversaire de la mort de Yasser Arafat, Fateh et Hamas échangeant accusations et invectives après une série d'attentats contre des cadres du Fateh à Gaza.
Le président Mahmoud Abbas a lancé la première salve, tenant « les dirigeants du Hamas » pour responsables de ces attaques, avant d'accuser le mouvement islamiste de « détruire » la précaire réconciliation signée au printemps entre les deux rivaux historiques. Aussitôt, le Hamas a répliqué : tout cela n'est que « mensonges », « insultes » et « désinformation » alors même que « le peuple palestinien a besoin d'un président courageux », dix ans après la mort de son icône nationale. Pourtant, les célébrations autour de celui que tous appellent de son nom de guerre, Abou Ammar, devaient être l'occasion de sceller la réconciliation qui a donné naissance à un gouvernement d'union. Mais elles ont au contraire été le détonateur, faisant entrer les Palestiniens dans un nouvel épisode de disputes fratricides.
À Gaza, aucune banderole ni portrait du leader défunt n'était visible et l'estrade qui devait accueillir les commémorations portait encore les stigmates de l'explosion qui l'a visée vendredi. « Abou Ammar incarnait l'unité nationale, se rappelle Refaat Hajaj, un trentenaire gazaoui. On nous a privés de cet anniversaire. » Au lieu de l'unité sacrée, la bande de Gaza, où le Hamas rechigne à remettre les clés du pouvoir à l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, successeur de Arafat et chef de son parti le Fateh, s'est réveillée hier plus divisée que jamais
(Pour mémoire : "Son seul crime, c'était d'être un Arabe")
« L'heure de la liberté et de l'indépendance »
Même si l'union a fait long feu, le contraste était saisissant entre Gaza et Ramallah, la capitale de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée. Des milliers de personnes y ont brandi le drapeau jaune du Fateh dans la Mouqataa où Arafat a été enterré après son décès dans un hôpital parisien le 11 novembre 2004. « L'heure de la liberté et de l'indépendance a sonné », proclamait un poster géant sur l'estrade où Mahmoud Abbas a prononcé son discours. Pour rappel, courant novembre, les Palestiniens, qui ont obtenu en 2012 le statut d'État observateur à l'Onu, doivent soumettre au Conseil de sécurité un calendrier pour la fin de l'occupation israélienne.
(Lire aussi : Les Palestiniens sont trop divisés pour mener une troisième intifada)
Sur le terrain, un jeune Palestinien a été tué hier par des soldats israéliens non loin d'une colonie en Cisjordanie occupée. Le Palestinien de 22 ans, Imad Jawabreh, a été tué près d'Hébron par des balles qui lui ont transpercé la poitrine, selon des sources de sécurité et des médecins palestiniens. Les soldats israéliens essayaient de disperser environ 150 Palestiniens qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov sur des véhicules circulant sur une route, a indiqué l'armée. Les faits se sont produits non loin de la colonie israélienne de Kiryat Arba. Par ailleurs, en Israël même, les mesures de sécurité déjà musclées ont été encore renforcées au lendemain de deux nouveaux attentats meurtriers qui inspirent aux Israéliens un sentiment d'insécurité grandissant. Le sentiment d'insécurité s'est considérablement renforcé chez les Israéliens. « Si cette folie ne s'arrête pas maintenant, nous allons nous retrouver au même point que lors des jours sombres de la seconde intifada », le soulèvement qui fit des milliers de morts israéliens et palestiniens de 2000 à 2005, écrit le quotidien Yediot Aharonot. Les éditorialistes manient la comparaison avec précaution, comme ceux du Maariv pour lesquels « on ne peut savoir encore clairement s'il s'agit d'une troisième intifada ». Mais, conviennent-ils comme le Yediot Aharonot, tout le monde commence à se demander : « (...) Est-ce que je dois prendre le bus ou pas ? Est-ce que je dois attendre à la gare ou pas ? »
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sacré Arafat, même 10 ans après sa mort il continue de diviser son peuple ! ça vaut bien une citation au Guiness non ?
14 h 42, le 12 novembre 2014