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Moyen Orient et Monde - Conflit

En se ralliant à l’EI, les jihadistes égyptiens veulent recruter

Assad prêt à étudier un plan de l'Onu pour le « gel » des combats à Alep.

Staffan de Mistura et le président syrien Bachar el-Assad à Damas. HO/AFP

En faisant allégeance hier aux jihadistes de l'État islamique (EI), le principal groupe d'insurgés islamistes en Égypte cherche à recruter des combattants, estiment les experts. Ansar Beit al-Maqdess (« les partisans de Jérusalem» en arabe) a revendiqué la plupart des nombreuses attaques qui ciblent militaires et policiers depuis la destitution en 2013 du président islamiste Mohammad Morsi, le premier élu démocratiquement en Égypte. Mais il est confronté depuis quelques semaines à une offensive majeure des militaires dans son bastion du Sinaï, à la frontière avec Gaza et Israël. Et il ne se passe pas un jour sans que l'armée annonce avoir tué ou capturé des dizaines de jihadistes dans le Sinaï. Il n'est pas possible de vérifier ces annonces, mais les experts assurent qu'ils essuient des pertes significatives. Les chefs d'Ansar Beit al-Maqdess « semblent vouloir internationaliser leur position, peut-être face à l'offensive de l'armée, mais il reste à voir s'ils peuvent attirer en dehors de l'Égypte », estime Hisham Hellyer, spécialiste du Moyen-Orient au Royal United Services Institute de Londres. « Il est peu probable que l'EI ait beaucoup à donner à l'Égypte », sauf à susciter des vocations « chez certains individus », prévient-il toutefois. « C'est surtout la simplicité du message de l'EI dont pourrait tirer parti Ansar Beit al-Maqdess. Ce message est beaucoup plus frustre et accessible que celui d'el-Qaëda et permet d'attirer une base populaire aux connaissances limitées de la religion : " Tuez des infidèles, responsables de tous les maux du monde musulman, des Américains, des chiites, etc. " », commente au Caire un expert du terrorisme au Moyen-Orient, sous le couvert de l'anonymat. L'EI a désormais « une attractivité plus forte qu'el-Qaëda dans le monde », insiste ce connaisseur qui redoute que des « âmes perdues » en Égypte, en particulier avec l'implacable répression visant les islamistes même modérés, rejoignent l'EI.


En attendant, les efforts internationaux contre l'EI se poursuivent, notamment en Irak et en Syrie. Ainsi, cinquante soldats américains sont-ils arrivés dans la province d'al-Anbar, dans l'ouest de l'Irak, pour épauler l'armée irakienne dans sa lutte contre les jihadistes, a indiqué le Pentagone hier. Même l'Iran a joint ses efforts à ceux de la communauté internationale. L'Iran mettra « toutes ses capacités à la disposition de l'Irak » pour lutter contre les jihadistes, a déclaré hier le
vice-président iranien Es-Hagh Jahanguiri en recevant à Téhéran son homologue irakien Nouri al-Maliki. Rappelons que l'Iran a fourni des armes aux combattants kurdes et envoyé des conseillers militaires auprès des forces de Bagdad, tout en démentant la présence de troupes au sol.

 

(Lire aussi : Dans les villes irakiennes libérées, les jihadistes sont partis mais la colère reste)

 

Les troupes loyalistes au centre de Baïdji
Ailleurs dans le pays, les forces gouvernementales irakiennes ont réussi à atteindre le centre de la ville de Baïdji, pour la première fois depuis le début de l'opération visant à briser l'encerclement de la raffinerie pétrolière voisine par les jihadistes de l'État islamique, ont déclaré un responsable militaire et un témoin. Elles ont pris le contrôle du quartier d'al-Tamim et d'environ 40 % du centre-ville, a précisé un colonel de l'armée irakienne. Cette estimation n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante. Selon Sultan al-Djanabi, un habitant, de violents combats secouent la ville depuis la percée des forces gouvernementales.
De même, le Pentagone a indiqué hier ne pas pouvoir confirmer les informations selon lesquelles le chef de l'EI serait mort dans un raid aérien à Mossoul, mais a suggéré que d'autres dirigeants d'un rang inférieur dans l'organisation ont pu être touchés. Ces propos interviennent après un week-end de rumeurs et d'informations contradictoires selon lesquelles le chef autoproclamé de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, aurait été blessé, voire tué, dans des raids de la coalition ayant visé vendredi des dirigeants de l'organisation.


En Syrie, le président syrien Bachar el-Assad a affirmé hier qu'il était prêt à « étudier » un plan de l'Onu proposant le « gel » des combats à Alep, selon un communiqué de la présidence. « Le président Assad a été informé par (Staffan) de Mistura », l'émissaire de l'Onu pour la Syrie, « des principaux points de son initiative visant au gel des combats dans la ville d'Alep », a indiqué la présidence, après un entretien à Damas entre les deux hommes. « Il a estimé qu'elle méritait d'être étudiée et qu'il fallait tenter de travailler dessus pour (...) rétablir la sécurité à Alep », a-t-elle ajouté. Le chef de l'État a souligné « l'importance de la ville d'Alep », dont les secteurs rebelles sont visés quotidiennement par des largages de barils d'explosifs qui ont fait des milliers de morts depuis un an. M. De Mistura, à Damas depuis samedi, a de son côté exprimé sa détermination à poursuivre sa mission avec toutes les parties afin de parvenir à la stabilité et la sécurité en Syrie, a rapporté l'agence officielle syrienne Sana.


Le rédacteur en chef du quotidien proche du pouvoir al-Watan, Waddah Abd Rabbo, a affirmé que Damas était favorable à tout « plan qui peut sauver des vies humaines où que ce soit en Syrie, mais qu'un tel plan ne pouvait être accepté par une seule partie et rejeté par les autres ». « La balle est dans le camp de De Mistura qui doit convaincre les rebelles et surtout les pays qui les appuient, en premier plan la Turquie qui permet l'arrivée d'armes et de terroristes à Alep », a-t-il poursuivi. « Nous avons le sentiment qu'il y a une volonté internationale pour une solution en Syrie », a déclaré pour sa part Abou Amin, haut commandant de Jaych al-Mouhajirine, une des nombreuses factions rebelles à Alep. « Mais nous sommes complètement opposés à l'adoption par la communauté internationale de solutions partielles, comme les cessez-le-feu locaux, qui sont finalement des solutions émanant du régime », a-t-il dit. Une ONG syrienne, Madani, a estimé en revanche dans un rapport que les cessez-le-feu locaux, déjà conclus près de Damas, étaient « le meilleur espoir » pour diminuer le calvaire des civils et servir de base à un accord global mettant fin au conflit.

 

 

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