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Économie - Devise

La Banque centrale russe laisse le rouble en liberté surveillée

Cette annonce « ne signifie pas un renoncement total aux interventions sur le marché des changes, possibles en cas d’apparition de menace pour la stabilité financière », a souligné la Banque centrale Vasily Maximov/AFP

La Banque centrale russe a décidé hier de laisser le rouble évoluer librement sur le marché, réservant désormais ses coûteuses interventions aux situations qui menacent la « stabilité financière », après un plongeon de 10 % de la monnaie russe la semaine dernière.
Après plusieurs pas prudents dans cette direction ces derniers mois, la Banque de Russie a annoncé dans un communiqué la suppression immédiate de la fourchette où jusqu'à présent la monnaie russe flottait sans intervention de sa part.
Cela « ne signifie pas un renoncement total aux interventions sur le marché des changes, possibles en cas d'apparition de menace pour la stabilité financière », a souligné la Banque centrale.
Plombé par la crise ukrainienne et la baisse des cours du pétrole, le rouble a perdu depuis le début de l'année le quart de sa valeur face à l'euro, près du tiers face au dollar, poussant les prix vers le haut et inquiétant fortement la population qui voit son pouvoir d'achat diminuer. Le mouvement a pris une tournure dramatique la semaine dernière, poussant les autorités à multiplier les propos rassurants.
« Nous interviendrons sur le marché des changes à tout moment dans les volumes nécessaires pour casser tout emballement de la demande ou mouvement spéculatif », a assuré la présidente de la Banque centrale, Elvira Nabioullina, sur la chaîne de télévision Rossia 24.
À Pékin, le président Vladimir Poutine s'est dit confiant dans « les actions entreprises par la Banque centrale en réponse aux spéculateurs ». Il a jugé que le plongeon récent du rouble ne reflétait « absolument pas » la situation économique du pays.

Trop tard ?
La Banque centrale vise depuis longtemps à faire évoluer sa politique d'un objectif de change à un objectif d'inflation, comme les banques centrales occidentales. Elle avait progressivement élargi cette fourchette et réduit son spectre d'interventions possibles ces dernières années.
Mais elle a semblé hésiter face à la crise ukrainienne, qui l'a contrainte à intervenir à coups de dizaines de milliards de dollars pour soutenir le rouble, sans l'empêcher de perdre de sa valeur. Cela a entraîné une diminution de 20 % des réserves de devises de la Russie, un mouvement qui devenait intenable.
L'institution avait fait un pas important la semaine dernière en réduisant à seulement 350 millions de dollars ses interventions quotidiennes, qui ont donc été réduites hier à néant.
Mais cette demi-mesure n'avait fait qu'accélérer le plongeon et les ménages s'étaient alors empressés de convertir leurs économies en devises étrangères, faisant plonger brusquement la monnaie et faisant craindre une spirale échappant à tout contrôle.
« Ce qui est fait maintenant aurait dû être fait en août », quand le marché était moins fragile, a critiqué une source gouvernementale anonyme citée par l'agence publique Ria-Novosti.

La Banque centrale russe a décidé hier de laisser le rouble évoluer librement sur le marché, réservant désormais ses coûteuses interventions aux situations qui menacent la « stabilité financière », après un plongeon de 10 % de la monnaie russe la semaine dernière.Après plusieurs pas prudents dans cette direction ces derniers mois, la Banque de Russie a annoncé dans un communiqué la suppression immédiate de la fourchette où jusqu'à présent la monnaie russe flottait sans intervention de sa part.Cela « ne signifie pas un renoncement total aux interventions sur le marché des changes, possibles en cas d'apparition de menace pour la stabilité financière », a souligné la Banque centrale.Plombé par la crise ukrainienne et la baisse des cours du pétrole, le rouble a perdu depuis le début de l'année le quart de...
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