Daniel Roland/AFP
La Banque centrale européenne (BCE) a observé comme prévu hier le statu quo après avoir multiplié les interventions ces derniers mois, mais s'achemine déjà vers de nouvelles mesures pour soutenir l'économie chancelante de la zone euro.
L'institution monétaire de Francfort a maintenu son principal taux directeur à 0,05 %, son plus bas niveau historique auquel il avait été porté en septembre, et s'est gardée de faire de nouvelles annonces, après avoir déployé lors des mois précédents un vaste arsenal d'outils dont elle attend désormais les premiers résultats.
Ces nouvelles mesures pourraient prendre la forme d'un rachat d'obligations – d'entreprises ou publiques sur le modèle américain –, ce qui a immédiatement été salué par un bond des Bourses européennes et un plongeon de l'euro, passé sous 1,24 dollar pour la première fois depuis août 2012.
Sur fond d'économie à la peine et devant la menace de déflation, la communauté financière et un certain nombre de gouvernements européens appellent avec ferveur de leurs vœux un « quantitative easing » ou « QE », selon l'acronyme américain utilisé pour les rachats d'actifs. L'OCDE est venue gonfler les rangs du chœur hier.
Pour le gros des analystes, les commentaires d'hier rendent inéluctable à terme un programme d'achat de dettes publiques, qui présentent l'avantage d'être abondantes et très liquides en Europe. L'institution pourrait sauter le pas dès le début 2015, prédisent les experts de Commerzbank et ceux de Postbank.
M. Draghi a précisé que deux critères seront déterminants pour décider de lancer de nouvelles initiatives : l'inefficacité des mesures déjà mises sur les rails, et une nouvelle dégradation des perspectives d'évolution des prix.
« Nous savons que les risques s'accroissent et nous savons que nous devons être préparés » à y faire face, a martelé M. Draghi, ajoutant que « l'important, c'est de rester dans les limites de notre mandat ».


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