À Abadiyé, M. Gemayel a été reçu au domicile de cheikh Kamal Faraj, en présence des forces actives druzes et chrétiennes du village. Photo Ani
Le leader des Kataëb, Amine Gemayel, a réaffirmé hier que les députés de son parti ne voteront pas pour une rallonge du mandat du Parlement, soulignant que la priorité reste à l'élection d'un chef de l'État. Dans une interview à Radio Monte Carlo, M. Gemayel a insisté sur le fait que « toutes les procédures engagées en dehors de l'élection d'un président sont de nature à paralyser les institutions et porter un coup au principe du partenariat national, dans la mesure où l'absence d'un chef de l'État provoque un déséquilibre immense à ce niveau et porte un coup à l'unité nationale et la coexistence ».
Selon lui, le vote, dit de nécessité, « porte un coup à la présidentielle, en la marginalisant pour de bon ». M. Gemayel a invité « ceux qui bloquent la présidentielle à assumer la responsabilité de cette marginalisation », en citant notamment le Hezbollah, le CPL ainsi que des indépendants chrétiens et musulmans. Estimant que « le partenariat national est en jeu », il a assuré que les députés de son parti ne voteront pas pour une rallonge du mandat parlementaire ». « Voter en faveur d'une prolongation du mandat de la Chambre donnerait un quitus à tous ceux qui ont contribué au blocage de la présidentielle et nous ont orientés vers cette hérésie, a-t-il déploré. Certains posent comme condition à leur participation aux réunions parlementaires électorales une entente préalable sur un candidat à la tête de l'État. Mais c'est la plus grosse hérésie constitutionnelle et démocratique jamais vue », s'est-il indigné.
Prié de dire s'il est candidat à la présidence de la République, le chef des Kataëb a indiqué que sa candidature « n'a pas été avancée par son parti, mais par les assises de Bkerké et une opinion publique qui pense qu'elle sert l'intérêt du pays ».
Interrogé au sujet du dossier des otages libanais aux mains de l'État islamique et d'al-Nosra, M. Gemayel a dénoncé le chantage pratiqué, estimant que si les autorités s'y plient, elles encourageront d'autres rapts.
Tournée de Samy Gemayel à Baabda
Sur un autre plan, le député Samy Gemayel a effectué une tournée dans le caza de Baabda où il s'est notamment arrêté dans les localités de Araya et de Abadiyé. À Araya, il a eu une rencontre avec les habitants du village au salon de l'église Notre-Dame, puis une autre au régional Kataëb. À Abadiyé, il a été reçu au domicile de cheikh Kamal Faraj, qui a donné un déjeuner en son honneur, en présence des cheikhs du village, avant qu'il n'ait une deuxième rencontre politique avec les forces actives druzes et chrétiennes au régional de la localité.
Dans ses déclarations, M. Gemayel a insisté sur la nécessité de maintenir la neutralité du Liban par rapport aux événements qui secouent la région, jugeant tout aussi nécessaire que « les chrétiens jouent un rôle autonome et assurent celui d'un vecteur de rapprochement entre les Libanais ». « Lorsque les Kataëb plaident en faveur de la neutralité du Liban, ils sont en fait en train de dire : laissez les Libanais respirer. Ils en ont assez des guerres et du sang dans lesquels ils ont été plongés pendant quinze ans. Il est de notre droit aujourd'hui de vivre en paix », a-t-il dit, avant d'ajouter : « Face aux conflits qui nous entourent, nous devons prendre conscience de nos responsabilités et de l'importance du dialogue. » C'est dans ce cadre qu'il a d'ailleurs situé sa tournée auprès des dirigeants chrétiens la semaine dernière.
M. Gemayel a en outre insisté sur l'importance de la convivialité et de la coexistence à la Montagne, qu'il a considérée comme étant l'épine dorsale du Liban.



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