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Moyen Orient et Monde

L’EI massacre plus de 200 membres d’une tribu sunnite en Irak

Conflit

Tensions à la veille de la Achoura ; les peshmergas prennent position à Kobané ; le régime Assad continue de bombarder dans l'indifférence générale.

OLJ
03/11/2014

Les jihadistes du groupe État islamique (EI) ont exécuté plus de 200 membres d'une tribu sunnite dans l'ouest de l'Irak, à quelques jours des célébrations chiites de la Achoura qui font craindre un regain de violences.
Le groupe ultraradical sunnite a pris pour cible ces derniers jours la tribu sunnite d'Albou Nemer, qui lui est hostile dans la province d'al-Anbar. Des enfants et des femmes figurent parmi les plus de 200 de ses membres que les jihadistes ont exécutés au cours des dix derniers jours, selon plusieurs sources. « Le nombre de personnes tuées par l'État islamique à Albou Nemer est de 322. Les corps de 50 femmes et enfants ont aussi été découverts au fond d'un puits », rapporte de son côté le ministère irakien des Droits de l'homme. Des images censées avoir été prises immédiatement après l'une de ces exécutions montrent les corps d'une trentaine d'hommes le long d'une rue dont le sol est couvert de sang, sous les yeux d'enfants et de jeunes hommes. Les jihadistes se sont emparés dès janvier de secteurs de la province d'al-Anbar qui s'étend de Bagdad à la Syrie, avant de lancer début juin une vaste offensive face à des forces de sécurité totalement dépassées. Plus à l'est, dans la province de Salaheddine, des jihadistes ont enlevé des dizaines de membres de la tribu Joubour, qui a récemment pris les armes contre l'EI, ont rapporté des responsables et un chef tribal.
À l'approche de la Achoura, l'une des plus importantes fêtes chiites, les autorités craignent une multiplication des attaques des jihadistes, qui considèrent les chiites comme des hérétiques. Plusieurs attentats contre des pèlerins en route vers la ville sainte de Kerbala ont déjà été perpétrés ces derniers jours. Vingt-quatre personnes ont été tuées samedi dans la région de Bagdad, et 19 personnes sont mortes hier dans deux attentats à la voiture piégée ciblant des tentes où s'étaient rassemblés des pèlerins dans la capitale.
Toujours en Irak, la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a condamné hier la destruction « barbare » du patrimoine culturel, où les jihadistes ont détruit des sites anciens sur les territoires qu'ils contrôlent, les considérant comme idolâtres ou hérétiques. L'EI a notamment détruit des tombeaux, des églises et de précieux manuscrits dans la ville de Mossoul, deuxième cité d'Irak qu'il a prise début juin, et a vendu des antiquités pour se financer.

2 000 détenus morts en Syrie
En Syrie, de violents combats ont de nouveau fait rage hier dans le centre et le nord de la ville kurde de Kobané, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Ces dernières 48 heures, les avions de la coalition ont frappé à cinq reprises des positions de l'EI autour de la ville.
Les quelque 150 peshmergas irakiens arrivés en renfort vendredi ont continué hier à se mettre en ordre de bataille pour participer à la défense de la ville. Leur déploiement pourrait faciliter la tâche des 1 500 à 2 000 membres des milices kurdes des YPG qui livrent combat, selon l'OSDH, à 3 000 à 4 000 jihadistes. Ces peshmergas sont équipés de lance-roquettes, de fusils automatiques et de mortiers. « Nos forces, qui n'avaient que des mortiers, ont maintenant de l'artillerie », et ces renforts « devraient faire une différence dans les prochains jours », a déclaré Idriss Nassen, un responsable de Kobané réfugié en Turquie.
Ailleurs en Syrie, les rebelles modérés ont enregistré une série de défaites face aux jihadistes d'el-Qaëda, qui les ont délogés hier de l'une de leurs places fortes dans le Nord-Ouest, selon l'OSDH. Les combattants du Front al-Nosra, la branche syrienne du réseau terroriste, se sont emparés de la localité de Khan al-Sobol durant la nuit après le retrait des insurgés du groupe Hazem. Les jours précédents, les jihadistes avaient chassé d'autres rebelles modérés du Front révolutionnaire syrien (FRS) de leur fief dans la région de Jabal Jawiya, située aussi dans la province d'Idleb.
Pendant ce temps, le régime syrien multiplie les attaques aux barils d'explosifs qui sèment la mort parmi les civils et provoquent d'importantes destructions, profitant que l'attention de la communauté internationale se concentre sur l'EI à Kobané et en Irak. Durant les douze derniers jours d'octobre, l'armée a largué 401 de ces barils sur les régions rebelles dans huit provinces du pays, a évalué l'OSDH. L'aviation a effectué depuis le 20 octobre 873 raids avec des missiles et des barils d'explosifs qui ont tué 232 civils, dont 74 enfants et 48 femmes, le bilan le plus sanglant depuis huit mois, selon cette ONG.
Dans ce contexte, l'OSDH a affirmé hier que près de 2 000 personnes étaient mortes depuis début 2014 dans les prisons et centres de détention des renseignements syriens, où croupissent plus de 200 000 détenus.
Par ailleurs, un quotidien proche du régime syrien a critiqué pour la première fois hier l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan De Mistura, qui a proposé d'instaurer des zones de cessez-le-feu. « De Mistura est investi d'une mission claire fondée sur une solution de la crise par des négociations entre Syriens. Mais il s'est un peu égaré dans des déclarations faites peut-être sous pression internationale », écrit al-Watan. L'émissaire de l'Onu « devrait s'informer davantage sur les réconciliations » qui ont été effectuées entre le gouvernement syrien et les rebelles, estime le quotidien, en soulignant que de telles réconciliations « signifient que les combattants (rebelles) remettent leurs armes et retournent dans le giron de l'État ».

(Sources : agences)

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