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Importante opération de l'armée : un des cadres de Daech au Liban-nord arrêté

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"Votre institution est aujourd'hui plus forte que jamais", affirme le commandement de l'armée à la troupe.

Rita SASSINE | OLJ
23/10/2014

Les services de renseignement de l'armée libanaise ont mené jeudi matin "une opération sécuritaire délicate" dans la région de Denniyé (Liban-nord) et sont parvenus à arrêter le terroriste Ahmad Salim Mikati, a annoncé l'institution militaire dans un communiqué. L'armée a perquisitionné l'appartement dans lequel vivait Ahmad Mikati, surnommé Abou el-Hoda et Abi-Bakr, avec un groupe de terroristes. Lors de cette descente, Abou el-Hoda a été arrêté, trois autres terroristes tués et un soldat légèrement blessé, selon le communiqué.  Des armes, des explosifs, des munitions ainsi que des uniformes militaires ont été saisis.

Ahmad Salim Mikati, né en 1968, avait récemment prêté allégeance à Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) et est considéré comme l'un des plus importants cadres de ce groupe au Liban-nord, précise l'armée. Il a également créé des cellules liées à Daech et communiquait avec des leaders de l'organisation jihadiste en territoire syrien. Le suspect a, dans ce contexte, incité des jeunes Libanais et des soldats à rejoindre les rangs de Daech dans le jurd du Qalamoun (localité syrienne frontalière du Liban, ndlr). Parmi ces recrues, le fils d'Ahmad Mikati, Omar, surnommé Abou Hourayra, et son neveu Bilal Mikati, surnommé Abou Omar Mikati. Ce dernier est suspecté d'être impliqué dans la décapitation de Ali el-Sayyed, l'un des soldats libanais retenus en otage par les jihadistes depuis début août.

Toujours selon le communiqué de la troupe, Ahmad Mikati planifiait de mener une grande opération terroriste en coopération avec son fils, Omar, qui combat aux côtés Daech dans le jurd de Ersal. Ahmad Mikati est sous mandat d'arrêt pour implication dans les combats entre les quartiers sunnite de Bab el-Tebbané et alaouite de Jabal Mohsen, à Tripoli, ainsi que dans les combats de Denniyé (entre la troupe et des terroristes en 1999). Il avait été arrêté en 2004 pour avoir planifié une attaque terroriste contre des intérêts occidentaux au Liban.

 

Photo tirée du site officiel de l'armée libanaise.



Depuis les violents combats entre la troupe et les jihadistes à Ersal, une trentaine de soldats et policiers sont retenus en otage par les islamistes ultra-radicaux. Trois d'entre eux ont été assassinés, dont deux par décapitation.

 

Une institution "plus forte que jamais"
Jeudi, les proches des militaires se sont dit rassurés après avoir rencontré le secrétaire général du Haut Comité de secours, le général Mohammad Kheir. "C'est la première fois que nous sommes autant rassurés", a dit un des parents. Les proches des otages ont tenu à remercier Mohammad Kheir, mais ont refusé de donner de plus amples informations expliquant que livrer des détails pourrait compromettre la sécurité de leurs fils. Ils ont demandé aux médias de respecter ce choix.

 

(Lire aussi : La route de Saïfi bloquée par les familles des otages militaires et des pneus brûlés devant le Sérail)

 

L'armée a, de son côté, souligné jeudi que sa priorité allait à la libération des militaires. Le commandement a précisé dans un communiqué qu'il employait pour cela "tous les moyens disponibles, refusant de céder à tout chantage qui pourrait par la suite tourner en faveur des terroristes".

L'armée a également appelé les soldats à ne pas accorder d'attention aux "rumeurs véhiculées par les terroristes sur les réseaux sociaux ou autres afin de miner le moral de la troupe". "Votre institution est aujourd'hui plus forte que jamais, a assuré le commandement. L'armée n'a pas besoin des services d'un soldat qui ne respecte pas son serment et trahit sa mission". 

Depuis quelques semaines, l'armée fait face à plusieurs désertions de soldats au profit des jihadistes. Ces désertions sont toujours exploitées sur les réseaux sociaux par les islamistes afin de discréditer l'institution militaire.

Sur ce dossier, la chaîne LBC a rapporté jeudi que des affaires appartenant au soldat déserteur Abdel-Kader Akoumi ont été trouvées dans l'appartement de Denniyé. Il aurait été tué lors de l'opération, ajoute la chaîne. L'agence de presse turque Anatolie a, elle, fait état de l'arrestation du soldat.

Le ministre libanais de la Justice Achraf Rifi a également évoqué jeudi l'affaire des militaires otages et a indiqué qu'il se conformera à la loi en ce qui concerne l'échange entre eux et les détenus islamistes de la prison de Roumieh (comme l'exigent les jihadistes, ndlr), rapporte le quotidien an-Nahar.  Une autre requête des jihadistes est le retrait des combattants du Hezbollah de Syrie.

 

 

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