Les commissions des Finances et du Budget, de l’Administration et de la Justice, de l’Éducation et de la Culture ont tenu hier leur première réunion conjointe pour un énième examen de la nouvelle grille ses salaires. Photo Sami Ayad
Les tensions accrues entre l'Iran et l'Arabie saoudite, et les relations suspendues entre Moscou et Washington referment une nouvelle fois les horizons d'un déblocage de la crise institutionnelle au Liban. Après l'optimisme qu'avait suscité la promesse de l'Élysée au leader du Futur, Saad Hariri, de déployer les efforts nécessaires auprès de Téhéran pour un déblocage de la présidentielle, on observe un retour progressif aux discours résignés sur le désintérêt des décideurs internationaux par rapport au Liban.
Aux propos des diplomates sur la nécessité du maintien d'un fonctionnement a minima du modèle libanais, et de la seule présidence chrétienne dans la région, s'est substitué le souci de mettre en œuvre une équation prioritaire pour l'Occident, celle de mettre fin à l'État islamique en contrepartie de l'abandon du régime de Bachar el-Assad. La priorité n'est pas pour le Liban, certes, mais le pays subit l'attente des développements qui lui sont extérieurs, avec leurs lots de spéculations. Mais dans cette attente, le seul moyen de maintenir une viabilité du pays sur le schéma régional, ou une place dans les préoccupations des décideurs, serait d'en garantir la sécurité intérieure. Les efforts des principales autorités sunnites pour empêcher tout dérapage vers l'extrémisme consacrent cette volonté. Le déracinement du groupe Mawlaoui-Mansour à Tripoli prouve la tendance à réprimer les cellules terroristes dormantes, alors que fusent les discours des autorités spirituelles sur « la modération incontestable de la base sunnite ». Mais en dehors des enjeux sécuritaires, l'exercice politique est stérile, animé par des actions ponctuelles, servant souvent de fuite en avant.
Hier, à la place de l'Étoile, le débat sur la grille des salaires a repris en commissions conjointes. Le principe d'un traitement égal pour les enseignants du public et du privé a été en principe décidé, mettant fin à la polémique qu'avait suscitée l'exclusion de l'avancement salarial des enseignants du privé. « Cette question a été réglée », affirme à L'Orient-Le Jour le rapporteur des commissions conjointes, le député Ibrahim Kanaan. « Il reste le projet que doit remettre le commandement de l'armée sur la nouvelle échelle qu'il préconise pour les militaires », ajoute-t-il, révélant que ce projet doit être soumis aujourd'hui. Évoquant comme ses confrères un « débat sérieux », il situe dans le cadre de ce débat les réserves exprimées sur l'efficacité de la réunion par le ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab. Il répond en outre par la négative à la question de savoir si des divergences se sont exprimées sur la question des six échelons. « Ce débat aura lieu la semaine prochaine. En tout cas, l'octroi de six échelons aux fonctionnaires doit s'accompagner d'une mesure similaire aux enseignants du privé, ceci est le cas depuis 32 ans », affirme-t-il, soulignant que des « concertations sont menées intensivement avec les administrations des écoles privées pour un échelonnement du paiement des salaires, de manière à éviter le recours à une augmentation des tarifs scolaires ».
Toutefois, c'est avec prudence que d'autres sources parlementaires s'expriment sur la mise en œuvre du principe de l'unité de la législation décidé hier pour la grille salariale. Si les députés du Futur en ont avalisé le principe, ils attendent les recettes et dépenses que cette décision sur la grille salariale. Un député du Futur laisse entendre à L'OLJ que l'octroi de six échelons respectivement au privé et au public aura des conséquences désastreuses pour l'économie. Il affirme que l'option de l'octroi de trois échelons aux fonctionnaires contre l'octroi de trois échelons aux enseignants du privé est une option envisagée. C'est dire que « le rafistolage » a repris à l'hémicycle, en dépit des bonnes intentions et de la légitimité de l'augmentation salariale.
Au sein du Conseil des ministres, qui doit se tenir aujourd'hui, les polémiques, c'est-à-dire les sujets le plus à même de produire un changement qualitatif sur la scène libanaise, sont sciemment occultés. Il y va ainsi de la question de l'établissement de camps de réfugiés syriens aux frontières, ou de la mise en œuvre de la 1701 aux frontières est et nord du pays. Le même mutisme a d'ailleurs été observé pour ce qui est de l'aide proposée par l'Iran à l'armée. « Cette aide n'a jamais été évoquée en Conseil des ministres », affirme à L'OLJ le ministre d'État pour la Réforme administrative, Nabil de Freige. Une source du Grand Sérail explique sur ce point l'enjeu d'écarter tout dossier litigieux de la table du Conseil. Le ministre de Freige, député du bloc du Futur, précise que son camp n'a jamais refusé cette aide. « Recevable par principe, cette aide pourrait toutefois être viciée sur le terrain du droit international public, au regard des sanctions imposées à l'Iran par la communauté internationale », affirme-t-il, en insistant sur cette nuance.
Inutile de rappeler que le dossier des militaires retenus en otage par les groupes jihadistes occupe la plus grande partie des réunions ministérielles. En plus des 70 clauses, de nature surtout financière, prévues à l'ordre du jour du Conseil aujourd'hui, les ministres doivent trouver de nouveaux moyens d'apaiser les familles des otages, qui réclament avec de plus en plus de vigueur des démarches concrètes.
Au niveau de la présidentielle, le surplace est ébranlé par des initiatives qui ne font que confirmer l'état des lieux. La rencontre à Rome entre l'ancien Premier ministre Saad Hariri et le patriarche maronite « n'a rien apporté de nouveau », affirme une source autorisée à L'OLJ. Si elle a fait suite à l'initiative du leader du Futur pour un président consensuel, aucun nom n'a été évoqué lors de la réunion, ajoute la source, qui retient « une attitude compréhensive, de la part du patriarche, sur la prorogation du mandat parlementaire, sur la base de la primauté de la présidentielle mais aussi de l'impossibilité de tenir des législatives au regard des circonstances actuelles ».
Le camp aouniste, quant à lui, continue de rejeter l'argument sécuritaire pour la non-tenue des législatives, celles-ci étant à ses yeux « la priorité qui s'impose actuellement ». Cette logique inverse à celle du Futur confirme le refus d'un candidat consensuel par le leader du CPL, le général Michel Aoun.
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ah ! excuses ...j'ai oublié .....j'ai un remède contre l'impuissance végétative de notre panthéon politiques ...la racine du férula Hermonis...!
14 h 34, le 16 octobre 2014