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Liban - L’Éclairage

Les craintes occidentales pour le statu quo pourraient relancer la dynamique présidentielle

Avec l'accord entre les parties politiques sur un « scénario » pour empêcher un vide institutionnel quasi total à travers la prorogation du mandat de la Chambre, voilà qu'apparaissent des signaux, à la fois internationaux et locaux, faisant état d'une possible extension du climat « consensuel »... à l'échéance présidentielle. L'idée selon laquelle l'élection doit avoir lieu après la prorogation du mandat de la Chambre a fait son chemin chez tout le monde, selon un diplomate, même si certains refusent toujours de l'admettre officiellement. Certes, la crise régionale reste un obstacle majeur à toute solution sur ce dossier, et nul ne s'attend à un déblocage immédiat à l'ombre du conflit actuel entre l'Arabie saoudite et l'Iran.
Des sources ministérielles précisent, à la lumière d'informations dont elles disposent, que certaines capitales occidentales, dont Washington et Paris, ne sont pas sans craindre pour le statu quo au Liban, menacé d'effondrement et d'un retour de la discorde communautaire sunnito-chiite, notamment après l'apparition de Daech et les opérations des milices islamistes à Ersal et Brital. Selon ces sources, il existe une tentative marquée pour assurer l'élection présidentielle, surtout que le patriarche maronite est déterminé à mettre tous ses efforts dans la balance. À son retour, Mgr Raï inciterait ainsi les leaders maronites à apporter leur grain de sel à cette entreprise, en renonçant dans une première étape à leur propre candidature pour ouvrir la voie à un candidat consensuel acceptable de tous.
Selon des sources bien informées, Saad Hariri aurait informé le patriarche qu'il n'oppose de veto à aucun candidat, et que le 14 Mars avait déjà annoncé plusieurs fois que Samir Geagea retirerait sa candidature en faveur d'un candidat de compromis. Hariri a rappelé au prélat maronite le nombre d'initiatives effectuées par son camp sans que le 8 Mars ne fasse le moindre pas de son côté en faveur d'une solution. Il a ainsi réitéré son attachement à la feuille de route qu'il avait lui-même rendue publique durant le mois de ramadan, et sa volonté de parvenir à un consensus, tout en précisant qu'il ne nommerait personne lui-même, et qu'il revient en définitive aux autorités et aux leaders chrétiens de le faire. Conforté à l'issue de la rencontre par la position de Saad Hariri, Mgr Raï aurait décidé de déployer ses efforts pour assurer sans plus tarder la tenue de l'échéance, compte tenu de l'ampleur des dégâts occasionnés à l'État et aux institutions.
Toujours de sources bien informées, la rencontre du chef du Futur avec le président français François Hollande avait également porté sur la nécessité d'élire un président dans les plus brefs délais, compte tenu des défis actuels auxquels le Liban est confronté. Hollande aurait fait part à Hariri de la disposition de la France à prendre contact avec les responsables iraniens pour les inciter à faciliter le déroulement de l'élection et, partant, à lever l'obstacle du blocage mené de pair par le tandem Aoun-Hezbollah. La France devrait se concerter à ce sujet avec Washington, le Saint-Siège et Riyad, ajoutent ces sources. Selon un diplomate occidental qui a déjà fait une tentative auprès de Téhéran et Riyad pour débloquer la présidentielle, il faudrait tenter de trouver le bon argument pour convaincre les responsables iraniens de lâcher du lest à Beyrouth et de permettre, ainsi, à l'élection présidentielle d'avoir lieu, de manière à ce que cette question ne soit plus prisonnière des dossiers régionaux et du règlement de la crise syrienne. Le blocage actuel pourrait en effet mener à une implosion sur la scène locale, et avoir de graves retombées sur le Parlement et le gouvernement, tant les institutions sont actuellement rongées par l'immobilisme.
Cependant, certains s'inquiètent de voir Téhéran s'obstiner à lier le dossier libanais à la crise syrienne, ce qui voudrait dire que le vide s'éternisera, puisqu'il n'y a actuellement aucune solution en vue à la situation en Syrie. Maintenir le vide en attendant cette solution toujours improbable n'est pas sans dangers, et c'est ce qu'une partie de l'Occident a déjà compris à la lumière des rapports de ses diplomates accrédités au Liban. Les périls s'amoncellent, notamment le fardeau exténuant des réfugiés syriens et la précarité de la situation sécuritaire dans plusieurs zones. Or l'élection d'un président est une étape majeure pour relancer le processus politique, économique et sécuritaire au Liban, comme l'affirme un ministre, rappelant que seul un pouvoir revigoré pourrait relever les différents défis et inspirer confiance, notamment concernant l'aide de l'extérieur à l'armée libanaise.
En prorogeant le mandat de la Chambre, le 14 Mars espère aussi parvenir à un accord avec le 8 Mars sur un candidat consensuel acceptable de tous, et dont la mission serait de redynamiser les institutions, empêcher le vide, faire face aux défis et sanctuariser le pays. Partant, le nouveau président doit être un président de gestion de crise, en attendant la solution à la crise d'une région en pleine mutation, maintenant que les frontières établies par les accords Sykes-Picot sont devenues plus que jamais incertaines.

Avec l'accord entre les parties politiques sur un « scénario » pour empêcher un vide institutionnel quasi total à travers la prorogation du mandat de la Chambre, voilà qu'apparaissent des signaux, à la fois internationaux et locaux, faisant état d'une possible extension du climat « consensuel »... à l'échéance présidentielle. L'idée selon laquelle l'élection doit avoir lieu après la prorogation du mandat de la Chambre a fait son chemin chez tout le monde, selon un diplomate, même si certains refusent toujours de l'admettre officiellement. Certes, la crise régionale reste un obstacle majeur à toute solution sur ce dossier, et nul ne s'attend à un déblocage immédiat à l'ombre du conflit actuel entre l'Arabie saoudite et l'Iran.Des sources ministérielles précisent, à la lumière d'informations dont elles...
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