« Si aucune assurance ne nous est donnée par le gouvernement d'ici à 24h, nous procéderons à l'escalade. » Tel est l'ultimatum donné hier par les familles des otages militaires qui ont affirmé vouloir profiter aujourd'hui de la réunion du Conseil des ministres pour faire réentendre leur voix, en menaçant de recourir de nouveau au blocage des axes routiers.
Des informations publiées par l'agence al-Markaziya ont toutefois fait état d'une réunion qui devait avoir lieu hier dans l'après-midi entre les parents, d'une part, et le directeur de la Sûreté, Abbas Ibrahim, et le directeur du Haut Comité de secours, le général Mohammad Kheir, d'autre part.
Parallèlement, et au lendemain des poursuites engagées contre cheikh Moustapha Hojeiri, accusé par la justice d'appartenir au front al-Nosra en vue de commettre des actes terroristes, ce dernier a affirmé que c'est « son soutien à l'opposition syrienne et sa contribution à assurer les facilités logistiques aux réfugiés » qui lui ont valu ces poursuites. Cheikh Hojeiri a catégoriquement démenti son appartenance au front al-Nosra, assurant qu' « il y a une différence entre son discours, son comportement et ceux d'al-Nosra ». Dans un message adressé à l'armée, il a invité cette dernière à se comporter de la même manière envers l'ensemble des Libanais, affirmant que le Hezbollah « a la mainmise sur la troupe et œuvre à l'enliser dans une bataille contre l'opposition syrienne ».
Par ailleurs, la commission des ulémas a stigmatisé hier, lors d'une conférence de presse à la mosquée de Harba à Bab el-Tebbaneh, les « attaques douteuses visant l'armée à Tripoli. Elles cherchent à entraîner la troupe dans un conflit avec les habitants de la ville », ont affirmé les ulémas. Ces derniers ont réclamé que soient arrêtés les auteurs de ces troubles, « qui sont désormais connus de tout le monde, y compris des services de sécurité ». Les dignitaires sunnites ont saisi l'occasion pour demander la réduction des mesures sécuritaires dans la ville, « afin d'y réduire la tension ». Ils ont dénoncé au passage « les campagnes de provocation » orchestrées contre la capitale du Nord, pointant un doigt accusateur contre « certains médias, et des parties politiques et sécuritaires ». Un appel a également été lancé aux responsables les exhortant « à tenir leurs promesses en matière de développement dans la ville, et à l'État, invité à appliquer une stratégie de sauvetage fondée sur la justice et l'équité ».
Ailleurs, les perquisitions quotidiennes de l'armée dans les agglomérations et camps regroupant des réfugiés syriens se sont poursuivies. Hier, cinq Syriens sans papiers ont été arrêtés à Halba, dans le Akkar.
Toujours au Akkar, près de la frontière, des obus en provenance du côté syrien sont tombés, notamment à Hekr Janin et Kachlak. Pour le troisième jour consécutif, l'autoroute reliant Abboudiyé à Menjez a été touchée par des tirs venant du côté syrien.
La frontière a témoigné par ailleurs de violents accrochages qui ont eu lieu dans la localité de Ejr el-Harf, entre des combattants du Hezbollah et des éléments armés syriens.
Liban - Sécurité
Les parents des otages militaires menacent de recourir à l’escalade s’ils n’obtiennent pas des assurances dans les 24h
La commission des ulémas stigmatise les « attaques douteuses » visant l'armée à Tripoli.
OLJ / le 16 octobre 2014 à 00h00


