Bruce Aylward, adjoint au Directeur général de l’OMS, s’exprimant le 14 octobre lors de la conférence de presse au quartier-général de l’OMS (Denis Balibouse / Reuters).
L'épidémie d'Ebola pourrait infecter 5 000 à 10 000 nouvelles personnes par semaine en Afrique de l'Ouest, a indiqué hier l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le taux de mortalité des malades contaminés par le virus peut atteindre 70 % dans les trois pays les plus touchés en Afrique de l'Ouest (Liberia, Sierra Leone, Guinée), a annoncé hier le Dr Bruce Aylward, adjoint au directeur général de l'OMS. « Pour ce groupe de personnes, dont nous savons qu'ils sont malades et dont nous connaissons le sort, nous trouvons 70 % de mortalité, c'est pratiquement le même nombre dans les trois pays », a déclaré M. Aylward. Il a mentionné un nouveau bilan global de l'épidémie à 4 447 morts pour 8 914 cas recensés.
Si le responsable note un « ralentissement du taux de nouveaux cas dans des zones qui ont été des épicentres historiques de l'épidémie », comme le comté de Lofa au Liberia, en raison d'un « réel changement dans le comportement et l'approche des communautés » concernées, le nombre d'infections continue d'augmenter de manière exponentielle dans les capitales, Monrovia, Conakry et Freetown. Par ailleurs, le nombre de cas réels serait 1,5 fois plus élevé que recensé officiellement en Guinée, deux fois plus en Sierra Leone et 2,5 fois au Liberia.
L'Onu s'est fixé comme objectif, pour arrêter l'expansion de l'épidémie, d'assurer d'ici au 1er décembre la sécurité de 70 % des enterrements et d'isoler 70 % des cas suspects. « C'est un objectif ambitieux. La propagation géographique de l'épidémie est un gros défi », a souligné M. Aylward.
La communauté internationale doit « faire preuve de plus de détermination et d'engagement pour répondre de manière résolue » à la crise, ont estimé le président américain Barack Obama et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon lors d'une conversation téléphonique hier, selon la Maison-Blanche.
Penser « à nos frères et sœurs malades »
En Allemagne, un employé soudanais de l'Onu arrivé la semaine passée à Leipzig en provenance du Liberia, « est mort dans le courant de la nuit », a annoncé la clinique où il était soigné.
Au Liberia, le syndicat des personnels de la santé au Liberia a annoncé hier soir la levée immédiate de son mot d'ordre de grève nationale, au second jour du mouvement, affirmant répondre aux appels à faire prévaloir l'intérêt des malades d'Ebola. « Nous avons reçu des appels de partout dans le monde nous demandant de mettre fin à la grève », a déclaré George Williams, le secrétaire général du syndicat, à l'issue d'une réunion avec des dirigeants religieux en compagnie du président du syndicat Joseph Tamba. « Les leaders religieux, politiques et sociaux, les Libériens de la diaspora, ainsi que la communauté internationale nous ont demandé de penser à nos frères et sœurs malades. Nous les avons écoutés », a-t-il expliqué. Débordés, sous-équipés et mal payés, les personnels de santé du Liberia, pays le plus touché, menacent de se désagréger sous le choc.
Enfin, un médecin militaire attaché à un centre d'entraînement de soldats de maintien de la paix à Freetown (Sierra Leone) a subi hier un test positif au virus, a déclaré un porte-parole des forces armées.
(Sources : agences)

