France : solde budgétaire en % du PIB
Officiellement, les réunions de l'Eurogroupe/Ecofin cette semaine ne sont pas dédiées aux budgets 2015. L'ordre du jour porte sur les projets pour relancer l'investissement et la croissance potentielle, les contributions des banques au fond de résolution unique et le débriefing du sommet du G20. La discussion sur l'investissement n'est pas anodine : près de 300 Mds€ sur 5 ans sont en jeu et un rôle plus actif de la BEI pourrait en démultiplier les effets. Le FMI pousse activement pour que l'investissement public soit stimulé. La question des budgets 2015 devrait toutefois s'inviter dans la discussion. Les pays ont jusqu'au 15 octobre pour envoyer leurs projets qui seront examinés avant la fin du mois. L'avis de la CE sera rendu en novembre. Deux pays sont dans le radar : l'Italie et la France. Paris prétend respecter ses engagements d'économies sur la dépense publique (50Mds€ sur trois ans, dont 21Mds en 2015) et met le dérapage de son déficit sur la mauvaise situation économique de la zone euro. La CE a, dit-on, un avis différent. La future discussion sera technique (comment estimer l'ajustement structurel ?), mais le sujet est surtout politique. Ne pas réagir au dérapage français viendrait ruiner le dispositif de surveillance européen. Être très sévère peut se révéler contreproductif, si cela ravive la division entre pays au sein de la zone euro (Allemagne vs France). Reste à trouver un compromis mais sur des sujets qui relèvent de la souveraineté nationale, ce n'est jamais chose facile.

