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Culture - Exposition

Emilie Brzezinski sculpte l’âme des arbres

Chez les Brzezinski, l'époux, Zbignew, façonne la politique US et l'épouse, Emilie, resculpte les arbres abattus pour leur garder une vie.

L’arbre généalogique de la famille.

Emilie a répondu à «L'appel de la forêt», thème de sa nouvelle exposition qui se tient au musée Kreeger à Washington. Dans cet espace, qui est un hymne à l'architecture, signé Philip Johnson (l'un des figures majeures de la modernité), se dressent de majestueuses formes sculptées dans des troncs d'arbre. Souvent de deux à trois fois plus hauts qu'une grandeur humaine, mais jamais privés de leur contour initial. Ces œuvres dégagent de la beauté, de la grâce, de la force et de la sensualité.
L'artiste s'explique: «La nature est une grande designer et ses manifestations déploient imperfection et spécificité. Le respect de cette persistante individualité dans sa forme originale est le fondement de mon travail. Au fur et à mesure que je taille le bois, je retiens la morphologie essentielle de l'arbre et sa personnalité.»
C'est donc pour elle une célébration des nœuds, des trous, des blessures, des craquelures et autres anomalies organiques, car ils sont source de suggestion. Cela peut aller d'une installation monumentale, composée de 46 troncs d'arbre et tout simplement intitulée Forêt, à une petite grenouille en position bizarre, la patte levée, en signe de salut. Pour cette petite sculpture, l'inspiration lui est venue d'un morceau de bois troué qu'elle a voulu exploiter à fond comme il se présentait. Parmi ses œuvres maîtresses, Linteau, deux troncs taillés en colonnes carrées et réunies par un chapiteau. Et Emilie Brzezinski ne travaille pas uniquement les arbres en hauteur. On la retrouve dépliant le bois en largeur pour visualiser le déroulement d'une tornade (Vortex) ou le faisant marcher en file indienne le long d'une ligne d'horizon. Quand elle rencontre des parties noueuses, elles deviennent entre ses mains d'imposantes chaises, trônes et sièges primitifs néanmoins élaborés. Elle joue aussi avec la couleur brute du matériau dont elle a tiré une riche
palette.

Tronçonneuses et haches débitant la vie
Quand à ses outils de travail, ils sont à la mesure des matériaux géants qui lui servent de support et qu'elle manipule aisément dans sa 80e année: des tronçonneuses, des scies, des haches, des marteaux et des ciseaux, tous débitant de la sensibilité. Qu'elle découpe l'infiniment grand ou qu'elle cisèle l'infiniment petit, l'essentiel demeure la vision de la croissance de l'arbre et son épanouissement. Par respect pour sa vie, qu'il soit cerisier, chêne, noyer ou érable. Pour rester ainsi en harmonie avec ces éléments, elle en a fait le support de l'arbre généalogique de la famille: elle a creusé profondément un tronc et en a tapissé le fond avec les photos de toute sa descendance. À partir de cette idée, elle a récemment achevé un hommage à l'Ukraine. Elle a placé à l'intérieur d'un tronc géant une photo agrandie d'une foule massée sur une place de Kiev. Elle fait remarquer que là, « les visages anonymes sont graves et perplexes, au moment où la Russie s'apprête à annexer la Crimée».
À noter qu'Emilie a ses racines en Europe de l'Est. Elle est d'origine tchèque et son époux, Zbignew Brzezinski, lui, est d'origine polonaise. Et rappelons qu'il a été conseiller à la Sécurité nationale du président Jimmy Carter et qu'il continue à influencer la politique américaine. La couple Brzezinski, émigré jeune aux États-Unis, n'a donc pas tardé à faire partie de la vie publique du pays. Idem pour leurs enfants : l'aîné Ian est un expert en défense, Marc est ambassadeur en Suède et Mika, la plus jeune, est animatrice de la matinale de la chaîne de télévision MSNBC, « Morning Joe».
Des doubles racines et des ailes.

Emilie a répondu à «L'appel de la forêt», thème de sa nouvelle exposition qui se tient au musée Kreeger à Washington. Dans cet espace, qui est un hymne à l'architecture, signé Philip Johnson (l'un des figures majeures de la modernité), se dressent de majestueuses formes sculptées dans des troncs d'arbre. Souvent de deux à trois fois plus hauts qu'une grandeur humaine, mais jamais privés de leur contour initial. Ces œuvres dégagent de la beauté, de la grâce, de la force et de la sensualité.L'artiste s'explique: «La nature est une grande designer et ses manifestations déploient imperfection et spécificité. Le respect de cette persistante individualité dans sa forme originale est le fondement de mon travail. Au fur et à mesure que je taille le bois, je retiens la morphologie essentielle de l'arbre et sa...
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