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Économie

Lancement d’un programme pour soutenir l’employabilité des femmes

Liban - Développement

Une centaine de Libanaises défavorisées suivront une formation entre novembre 2014 et février 2015 afin de favoriser leur autonomie financière et faciliter leur accès au marché du travail.

11/10/2014

L'Union pour la Méditerranée (UPM) a lancé hier la première phase de son projet « Les compétences au service de la réussite » à l'Institut français de Beyrouth. L'objectif du programme est d'aider 450 femmes du Liban, de Jordanie, du Maroc, d'Égypte et de Tunisie à accéder au marché du travail.

« Le rôle des femmes dans une société est révélateur de son niveau de développement, a déclaré Delphine Borione, secrétaire générale adjointe pour les Affaires sociales et civiles de l'UPM, dans son discours d'inauguration. Elles sont un investissement pour l'avenir, d'où l'importance de ce projet. Or dans la région et dans le monde, il y a encore beaucoup à faire pour l'amélioration de leurs conditions. »
Pour aider les jeunes femmes à accéder au marché de l'emploi, le programme de l'UPM en partenariat avec l'ONG Amideast (America – Mideast educational and training services) prévoit pour celles sélectionnées des formations en langue anglaise, en informatique, en communication d'entreprise et en recherche d'emploi.

Dans un entretien accordé à L'Orient-Le Jour, Randa Bou Hamdan, directrice générale du ministère des Affaires sociales au Liban, a souligné l'écart entre le niveau d'éducation des Libanaises et leur accès au monde du travail. « Les femmes au Liban sont très éduquées, elles sont même plus nombreuses que les hommes à sortir diplômées de l'université. Le problème se pose lorsqu'il faut trouver un emploi, poursuit-elle. Le taux de chômage continue de grimper au Liban (27 %) et touche également les femmes. Même si une opportunité de travail se présente, l'employeur est plus enclin à embaucher l'homme que la femme en raison de la société patriarcale persistante. »

 

(Lire aussi : Une pléthore de projets sociaux et des partenariats « bénéfiques pour la région »...)


Le programme de formation « Les compétences au service de la réussite » est financé grâce à un partenariat public/privé entre le département flamand des Affaires étrangères, le ministère royal des Affaires étrangères norvégien, Amideast et PepsiCo à hauteur de 700 000 euros.
« Ce programme touche un des trois piliers de notre stratégie de Responsabilité sociale des entreprises (RSE) que sont l'eau, l'emploi et les femmes, explique Georges Hoayek, représentant de PepsiCo. PepsiCo croit au leadership des femmes dans le monde du travail. 60 % de notre personnel à Beyrouth est d'ailleurs de la gent féminine. Il est donc naturel pour nous de participer au financement d'un projet visant à améliorer la formation des femmes dans le monde arabe. »

De son côté, Helena Simas, directrice régionale de la langue anglaise pour Amideast, a souligné l'urgence de créer des emplois dans la région. « Je n'ai jamais connu une période aussi incertaine qu'aujourd'hui, a-t-elle déclaré. Nous avons besoin plus que jamais de former les jeunes femmes afin de les rendre autonomes financièrement. La responsable a ajouté avoir reçu quelque 7 000 demandes de participation au programme « Les compétences au service de la réussite » en Jordanie et au Maroc. Un projet qui a toutes les chances de connaître le même succès au Liban, pris dans l'étau des événements régionaux depuis plus de trois ans.
La mise en œuvre du projet au Liban commence ce mois-ci avec la sélection des participantes puis des heures de formation entre novembre 2014 et février 2015.

Au Liban, plus d'un million de femmes seraient en âge de travailler alors que la grande majorité d'entre elles seraient inactives (rapport de la Banque mondiale de 2011). Le taux d'activité des Libanaises ne culminait en effet qu'à 22 % en 2011. Ce n'est pourtant pas par manque de diplôme, mais davantage pour des raisons culturelles que les femmes ne travaillent pas. S'occuper des tâches ménagères et des enfants reste majoritairement dévolu aux femmes. Elles sont nombreuses à arrêter de travailler quand elles fondent une famille. En effet, 68 % des Libanaises qui travaillent sont célibataires, un pourcentage qui tombe à 51 % pour les hommes, selon la même source.

 

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Olivier Georges

Il existe de nombreux paramètres qui expliquent l'inactivité professionnelle des femmes et ce n'est pas une formation (aussi complexe et approfondie soit elle) qui résoudra la problématique. Il faut encourager dès le départ les femmes à s'investir dans le monde professionnel. Je tiens à signaler que le milieu professionnel ne constitue pas la seule référence pour l'ambition. Une femme pourrait également trouver un certain intérêt dans une association par exemple. Ce qui manque à de nombreuses femmes de la région c'est cette ouverture au delà de la famille et de la religion, considérées toutes deux comme suffisantes dans l'accomplissement d'une "vie pleine". Heureusement, certain(e)s ont de l'espoir...

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