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Nos lecteurs ont la parole - Chloé Kattar

Mieux vaut tard que jamais

Depuis toujours l'idée d'une armée combative et victorieuse a figuré dans les grandes pages de l'histoire de France. Depuis la résistance des Gaulois menés par Vercingétorix à Alesia contre les légions romaines, en passant par sainte Geneviève et Clovis puis Charlemagne, Hugues Capet, Saint-Louis, Jeanne d'Arc, François Ier, Henri IV, Louis XIV et Louis XV, les deux Napoléon, Thiers, Gambetta, Foch et Hoche jusqu'à de Gaulle, Leclerc, de Lattre de Tassigny ou Massu, il y eut des victoires d'affilée, émaillées de rares défaites d'une nation dont l'épopée, voire l'existence même s'est toujours forgée depuis l'aube du christianisme dans le refus de la tyrannie, de l'arbitraire, de l'injustice et pour la défense des justes et nobles causes.
Après la fin des empires francais et britannique, il était logique de craindre que cet esprit ne vienne à
disparaître. Or, justement, il n'en a rien été.
Les pays du tiers-monde, malgré l'indépendance, ont eu à faire face à l'incompétence et la corruption de leurs régimes, s'exposant du coup aux crises économiques et à l'explosion démographique. Devenus indépendants il y a 60 ans,les peuples de ces pays se retrouvent aujourd'hui complètement démunis et désarmés face à la menace terroristo-jihadiste. Sans l'intervention des troupes françaises, que seraient devenus les habitants de Benghazi menacés par Kadhafi d'une extermination certaine, ceux de Tombouctou, de Bamako, de Bangui ? Force est de se rendre à l'évidence. Des milliers, voire des centaines de milliers de civils innocents n'ont eu la vie sauve que grâce à l'action rapide et décisive des armées françaises. On reproche encore aujourd'hui à la France d'avoir, en son temps, laissé s'accomplir le génocide rwandais entre hutus et tutsies, d'avoir laissé les chrétiens et les yazidis d'Irak seuls face à leurs bourreaux et de ne pas empêcher le drame de se produire comme elle l'a fait en Bosnie grâce aux troupes du général Morillon.
Souvent un sursis de dernière minute vient provoquer le sursaut ou inverser le cours de l'histoire in extremis et contre toute attente ou pronostic.
On se rappellera longtemps de la réaction étonnée de Joe Biden face à Jean-Yves Le Drian lors de la victoire éclair à Kidal, dans le nord du Mali, où ses fameux experts ont vu se profiler à l'horizon un nouvel Afghanistan. Le vice-président découvrait alors de vieux continents ayant une histoire ancienne commune de plusieurs siècles. Car quand Charlemagne avait des échanges avec Haroun el-Rachid, l'Oncle Sam n'était qu'un désert habité par quelques tribus peaux-rouges.
Peut-on pour autant
prédire, s'agissant du Liban, le retour d'un nouveau colonialisme ou toute autre forme de mandat, vu le délabrement et la décomposition très avancée de l'État pris dans le piège de la lutte archaïque que se livrent sunnites et chiites, au mépris total de la composante chrétienne ou musulmane neutre, obligée de subir de plein fouet un conflit auquel elle est étrangère puisque sa responsabilité n'y a jamais été engagée ni de près ni de loin ?
À la lumière du succès des récentes interventions en Afrique de l'armée française, la tentation serait grande d'y voir un modèle à importer dans le cas libanais avant que la dérive ne devienne incontrôlable et irréversibles ses conséquences.
Comme le dit l'adage, ne vaut-il pas mieux tard que jamais ?

Chloé KATTAR
Paris

Depuis toujours l'idée d'une armée combative et victorieuse a figuré dans les grandes pages de l'histoire de France. Depuis la résistance des Gaulois menés par Vercingétorix à Alesia contre les légions romaines, en passant par sainte Geneviève et Clovis puis Charlemagne, Hugues Capet, Saint-Louis, Jeanne d'Arc, François Ier, Henri IV, Louis XIV et Louis XV, les deux Napoléon, Thiers, Gambetta, Foch et Hoche jusqu'à de Gaulle, Leclerc, de Lattre de Tassigny ou Massu, il y eut des victoires d'affilée, émaillées de rares défaites d'une nation dont l'épopée, voire l'existence même s'est toujours forgée depuis l'aube du christianisme dans le refus de la tyrannie, de l'arbitraire, de l'injustice et pour la défense des justes et nobles causes.Après la fin des empires francais et britannique, il était logique de craindre...
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