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Rana ANDRAOS | OLJ
25/09/2014

Qu'on se le dise, il n'y a de consensuel dans ce gouvernement, qui, soit dit en passant, ne gouverne pas grand-chose, que sa capacité à avoir atteint le summum de l'irresponsabilité et de la déchéance politique.
La détérioration de tous les services publics sans exception est en passe d'ériger l'État libanais en un déchet géant, gouffre putride de toutes les vicissitudes devenues culturellement admises, voire presque souhaitées. On s'est pavané trop longtemps devant l'aptitude des Libanais à rebondir, à faire prévaloir des systèmes D d'une absurdité exemplaire. On a loué une résilience passive, euphémisme par excellence, en s'accrochant bon an mal an à des aspects sociétaux pour le moins médiocres. C'était tantôt un secteur bancaire « solide », tantôt une activité nocturne censée essuyer l'attitude blasée d'une société civile qui s'est défaite depuis trop longtemps de ses devoirs et revendications civiques.
Plus ça va et moins ça va. Les Libanais prêts à s'écraser devant tel parti politique ou tel démagogue populeux plient l'échine devant des doubles factures indécentes et des services publics absents au pire, décatis au mieux. C'est que les salamalecs ont toujours fait partie du fonctionnement des peuples arabes, habitués à sourire devant des dictatures répressives, qu'elles soient explicites ou sournoises.
Le pain quotidien du citoyen lambda se limite à des conversations révoltantes autour du prix d'une citerne d'eau, des coupures de courant, de la défaillance des télécoms, des heures passées sur les routes, bref d'une nation qui a oublié depuis trop longtemps qu'elle se devait d'assurer à ses citoyens un minimum d'humanité. Les mots ont ça de vicieux : ils possèdent cette propension à voiler l'ineptie d'un peuple qui refuse d'agir. Et tant pis pour le dossier du gaz qui prend du retard, pour la vacance présidentielle, pour les droits humains bafoués, pour la crise des réfugiés syriens, pour la mort annoncée du partenariat privé-public tellement essentiel, pour une fonction publique moins fonctionnelle qu'un transistor poussiéreux, et surtout pour la non-volonté de la classe politique toute confondue de procéder à des réformes plus nécessaires que jamais.
Fut un temps où les Libanais auraient pu compter sur les instances économiques. Hélas... Mis à part organiser des conférences lassantes ponctuées de discours barbants, ils ont fini de confirmer une complicité fourbe avec une classe politique tellement délétère.
Messieurs et (les rares) mesdames les (ir)responsables, partez. Ne serait-ce que par décence, cédez la place. Il est temps de réinvestir le pays avec un semblant de dignité humaine.
Si le peuple est aujourd'hui blasé, c'est qu'il est également impuissant devant une faute qui lui incombe : celle de vous avoir élus. Mais le prix à payer est trop cher. Alors, de grâce, partez.

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IR7ALOU ! IR7ALOU ! WLIK IR7ALOU BAA ! ET... ILS SE PRÉPARENT À UN NOUVEAU ALLONGEMENT ET RALLONGEMENT QUE CE SOIT À LA CHAMBRE OU À L'ANTI-CHAMBRE ! QUAND ON SUIT COMME DES MOUTONS DE PANURGE... ON EST QUOI ? QUOI ? DES MOUTONS BIEN SÛR !

Tabet Karim

Faut pas rêver Mme Andraos. Les sangsues doivent être extirpées à la base puis jetées à la poubelle. Faire appel à leur conscience (?) est une chimère de plus. Mais dans ce bled, le suivisme est de rigueur et j'en voyais encore hier qui chantaient les louanges de tel ou tel "zaim" et étaient même prêts à se sacrifier pour eux.....Mentalité de laquais qui ne mène qu'à la situation merdique dans laquelle on se trouve. Et c'est pas demain que ca changera.

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