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Liban - Coopération

La Grande-Bretagne annonce un plan de financement majeur destiné à l’éducation au Liban

Par la voix de Justine Greening, secrétaire d'État britannique au Développement international, et Tom Fletcher, ambassadeur de Grande-Bretagne, le Royaume-Uni a annoncé un investissement de 164 millions de livres sterling, dont au moins 50 millions pour le Liban.

Les élèves du Lycée Abdel Kader, entourant l’ambassadeur Tom Fletcher.

Mercredi matin. Amphithéâtre du lycée Abdel Kader à Beyrouth. 330 élèves survoltés célèbrent l'obtention du certificat Esol Cambridge, examen oral et écrit attestant d'un excellent niveau d'anglais valorisé dans bon nombre d'universités anglophones. Très excités à l'idée d'accueillir l'ambassadeur britannique Tom Fletcher, venu expressément pour leur remettre ce diplôme, ils ont appris en avant-première que le Royaume-Uni souhaitait s'impliquer davantage dans l'éducation de leur pays.
Quelque peu évasif, celui qui a été le collaborateur du Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que « ce plan, dont les investissements seront les plus importants jamais entrepris pour ce pays, sera annoncé ultérieurement, durant le 69e Assemblée générale de l'Onu ».

164 millions de dollars destinés aux jeunes
Il n'a pas souhaité en dire davantage malgré nos questions. Et pour cause : l'annonce officielle devait être faite un peu plus tard, sous forme d'un communiqué publié par l'ambassade. Justine Greening, secrétaire d'État au Développement international, a affirmé depuis New York où elle participe à l'Assemblée générale des Nations unies que 164 millions de livres sterling à destination de la Syrie et de ses voisins seraient débloquées en vue d'un soutien massif à la jeune génération, selon le texte. Concernant le Liban, 30 millions de dollars seront utilisés pour le développement, dans le cadre du programme Race (Reaching All Children with Education), élaboré en partenariat avec le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur et la Banque mondiale, à destination de l'enseignement public au Liban.
Parallèlement, une aide financière sera proposée aux ONG, notamment via l'initiative No Lost Generation, créée par l'Onu il y a un an dans le but de fournir aux réfugiés un foyer et un accès à l'eau, ainsi qu'une forme d'enseignement informel pour ceux qui se trouvent dans l'incapacité d'aller à l'école. Il s'agit, selon Mme Greening, de « montrer aux enfants de la région qu'il existe une alternative aux scénarios sanglants agités par l'État islamique ».
Concerné par le développement du pays, Tom Fletcher, en poste depuis trois ans, avait annoncé en juillet 2013 une aide de 75 millions de livres sterling pour soutenir l'État face à la crise des réfugiés syriens. Mercredi, il a insisté sur l'objectif de ce nouveau plan de financement : « Il s'agira de permettre aux Libanais comme aux réfugiés syriens de bénéficier d'un enseignement de qualité, nécessaire au pays. Nous devons œuvrer en faveur d'une instruction de qualité accessible à tous. »
M. Fletcher croit ferme en l'importance de l'éducation. Au cours de cette remise des prix, il a salué l'énergie des élèves et de l'équipe enseignante : « Aujourd'hui, vous êtes en mesure de construire le Liban que vous voulez. Votre génération bénéficie des outils nécessaires pour faire grandir votre pays, alors foncez ! »

« Nous sommes conscients de la chance que nous avons »
Et foncer, les jeunes Libanais ne demandent que cela. Beaucoup d'entre eux souhaitent embrasser une carrière internationale et savent que l'apprentissage des langues étrangères est une nécessité : « Peu importe où nous nous rendons, nous voulons étudier et travailler dans d'autres pays, quitte à revenir au Liban ensuite pour lui apporter », expliquent Aya Farès, Marwan Chéhadé et leurs copains de classe, tantôt en français, tantôt en anglais.
Pour eux, les différences de niveau au Liban ne permettent pas à tous d'étudier dans les meilleures universités du monde. « Nous sommes conscients de la chance que nous avons par rapport à d'autres lycéens libanais moins à l'aise avec les langues, mais aussi par rapport aux lycéens étrangers, rarement trilingues. »
Membre du réseau Aefe (Agence pour l'enseignement français à l'étranger), qui regroupe 488 établissements francophones de qualité dans 130 pays, le lycée Abdel Kader est plurilingue. Isabelle Negrel, proviseure de l'établissement, s'en amuse : « Ici, quelques élèves parlent mieux l'anglais que leurs professeurs. »
Reste à savoir si l'aide promise par la Grande-Bretagne parviendra à répondre aux nombreux enjeux que constitue l'éducation au Liban, de l'écart entre systèmes éducatifs public et privé à la fuite des cerveaux, en passant par les problèmes des jeunes réfugiés.


Mercredi matin. Amphithéâtre du lycée Abdel Kader à Beyrouth. 330 élèves survoltés célèbrent l'obtention du certificat Esol Cambridge, examen oral et écrit attestant d'un excellent niveau d'anglais valorisé dans bon nombre d'universités anglophones. Très excités à l'idée d'accueillir l'ambassadeur britannique Tom Fletcher, venu expressément pour leur remettre ce diplôme, ils...

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