Exposition

Une prière sculpturale pour le monde

« Je crois dans la religion de l'amour, où que se dirigent ses caravanes, car l'amour est ma religion et ma foi. » Arrêt à Washington d'une caravane messagère de ce credo d'Iben Arabi.

La reine Hatchepsout : pouvoir, rayonnement et contrôle du mal (la chèvre).

Une caravane transmettant un célèbre credo d'Iben Arabi fait escale à Washington pour y dresser des cimaises apaisantes par ces temps si haineux. Intitulée «Caravane 2014: Amen, une prière pour le monde», elle réunit des artistes d'Égypte et d'Europe qui ont fait de leur talent un passage obligé interculturel et interreligieux, dans un appel pour l'espoir et la bonne volonté lancé à partir du Caire vers le reste du monde. Y ont participé 48 artistes (30 Égyptiens, chrétiens et musulmans, et 18 Occidentaux, chrétiens et juifs). On a donné à chacun une même statue en fibre de verre, grandeur nature humaine, moulée dans quatre différentes positions de prière. Ils devaient lui donner l'image qu'elle leur inspirait. Le modèle original en fibre de verre est une réminiscence du personnage d'Amon, l'une des principales divinités du panthéon égyptien. La responsable de l'exposition explique à ce sujet: «Symbole de la réunification de trois déités, il est en quelque sorte le précurseur des religions monothéistes. Les quatre attitudes de prière choisies dans les représentations d'Amon projettent l'essence de sa modernité. De plus, nous avons associé son nom, Amon, avec le mot "amen", une affirmation utilisée pour clore les prières chrétiennes, musulmanes et juives.»

De la cathédrale de Washington à St John the Divine
À noter que cette exposition (organisée en collaboration avec la galerie Syra) se tient sous les majestueuses voûtes de la cathédrale nationale de Washington, l'un des plus importants édifices religieux des États-Unis et également la sixième plus vaste cathédrale du monde. Un espace qui sied à ces sculptures venues de différentes latitudes faire à l'unisson «une prière pour le monde». Placées donc à l'intérieur de la cathédrale, elles sont toutes dans un état de recueillement traduisant leur appartenance culturelle, et telles qu'incarnées par les artistes qui les ont réalisées. À partir du modèle initiale en fibre de verre, créé par l'artiste égyptien Reda Abdel Rahaman, les adresses divines vont de l'agenouillement (disant la spiritualité des bords du Nil avec le cœur d'une statue dorée accueillant ses oiseaux et ses plantes, ou celle des îles britanniques comportant un verset de la Bible transcrit en formes géométriques), aux main jointes, tête baissée (pour sonder son âme s'épanouissant comme un feuillage propre à l'Orient et à l'Occident, ou bien devenir la nature elle-même) en passant par les mains ouvertes (tout simplement, le regard vers le ciel, et aussi portant une offrande).
Toute une gestuelle sacrée à mille variantes, finement élaborées et hautes en couleur et en métaphores.
La peintre libanaise Helen Zoghaib, vivant à Washington et faisant partie de « Caravane », prie pour que la sagesse et la paix poussent dans le monde, comme la vigne dont elle pare sa statue.
Au-delà de leur diversité, ces artistes se sont ralliés comme un seul homme et ont dit «amen» pour la quête d'un monde bien meilleur que l'actuel, en séisme permanent. Après Washington, l'exposition se transportera à la cathédrale St. John the Divine à New York, considérée comme la plus grande cathédrale de style gothique au monde. Quant à l'initiative interreligieuse de «Caravane», elle en est à sa sixième édition qui a été inaugurée en juin dernier à l'Opéra du Caire. Convaincue, comme Tolstoï que, « la tâche de l'art est immense, lui seul peut écarter la violence. »
Cette « Caravane » passe et laisse sa marque.


Une caravane transmettant un célèbre credo d'Iben Arabi fait escale à Washington pour y dresser des cimaises apaisantes par ces temps si haineux. Intitulée «Caravane 2014: Amen, une prière pour le monde», elle réunit des artistes d'Égypte et d'Europe qui ont fait de leur talent un passage obligé interculturel et interreligieux, dans un appel pour l'espoir et la bonne volonté lancé...

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