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Moyen Orient et Monde - Référendum - Ecosse

Le Canada craint un « oui », les indépendantistes au Québec en rêvent

ANDY BUCHANAN/AFP

Redoutée par les fédéralistes canadiens, croyant l'idée indépendantiste morte à jamais au Québec, la perspective d'une victoire du « oui » en Écosse donne en revanche du baume au cœur aux partisans d'une province francophone souveraine. « La victoire du ''oui'' pourrait redonner un élan au Parti québécois » (PQ), chassé du pouvoir au Québec ce printemps après une cuisante défaite, juge André Lamoureux, politologue et professeur à l'Université du Québec à Montréal.

De fait, les chefs de ce parti osent reparler d'indépendance, un mot encore tabou il y a peu. « Ah si seulement le référendum écossais s'était tenu avant celui que nous avons eu au Québec en 1995 », se prend à rêver Jean-François Lisée dans une récente tribune au Guardian. Stratège à l'époque de la campagne du « oui », et aujourd'hui candidat potentiel à la direction du PQ, il insiste sur l'objectif de « redonner le goût de l'indépendance aux Québécois ». Au terme d'un voyage en Écosse en juillet, son concurrent au sein du parti indépendantiste, Bernard Drainville, a proposé un plan stratégique pour reprendre le pouvoir dès 2018 et tenir un référendum en 2023.

Une chose est sûre, le pragmatisme écossais inspire les Québécois, bien décidés la prochaine fois à poser la question clairement aux électeurs. Lors d'une première expérience en 1980, la question référendaire était si alambiquée, le texte comportait pas moins de 114 mots, que certains y avaient vu la raison de l'échec. Lors d'un second référendum en 1995, plus courte mais guère plus claire, la question a été rejetée à une très faible majorité (50,58 %), laissant la province francophone dans la confédération canadienne.

Onde de choc au Canada

L'onde de choc des sondages donnant du crédit à une victoire des indépendantistes écossais se répercute jusqu'au Canada, membre du Commonwealth et où la reine Elizabeth II est aussi la souveraine de ses 35 millions d'habitants. Le Premier ministre et fédéraliste conservateur Stephen Harper a d'ailleurs manifesté il y a quelques jours à Londres son inquiétude à propos des velléités séparatistes de l'Écosse. Là-bas comme au Québec, chacun devrait intimement se demander quelles sont « les choses qui comptent vraiment dans (sa) vie » avant de savoir si les réponses seraient apportées par « la partition d'un pays comme le Canada ou le Royaume-Uni », a indiqué M. Harper. La partition du Royaume-Uni ou du Canada n'apporterait absolument rien au monde et « ne servirait pas les intérêts des individus de ces pays », a encore estimé le chef du gouvernement.

Il y a bientôt 20 ans, les Canadiens se perdaient en conjectures sur les conséquences d'un Québec indépendant, « maintenant, grâce aux Écossais, nous sommes sur le point de le savoir », écrit l'éditorialiste Andrew Coyne dans le quotidien National Post. « Quoiqu'il arrive le 18 septembre, au moins une chose est sûre : le référendum en Écosse servira de modèle pour le Québec et le Canada » dans la perspective d'une nouvelle consultation populaire des huit millions de Québécois, note Lysiane Gagnon, éditorialiste du premier quotidien canadien Globe and Mail.


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