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Campus - Libre Cours

Rencontre avec un cinéaste en devenir

Nadim Hobeika.

Son film de diplôme Feu de camp sera projeté lors du festival Mishkal prévu du 17 au 21 septembre au théâtre al-Madina à Beyrouth. Un court-métrage de dix-sept minutes qui peint avec subtilité et délicatesse la relation entre un fils, Nicolas, adolescent de 18 ans, précocement mature, et sa mère alcoolique. « Mon film n'est pas autobiographique. Il est personnel », explique Nadim Hobeika d'emblée. Et d'ajouter : « Les relations mères-fils m'intriguent. Une famille, c'est très complexe. » Une complexité que le jeune homme de 21 ans a réussi à traiter avec simplicité et candeur à travers une histoire campée avec brio par de bons acteurs, amateurs et professionnels, dont la très douée Marwa Khalil dans le rôle de la mère. « Mon court-métrage raconte l'histoire de deux caractères en quête d'amour. Un amour mutuel et inconditionnel. Les deux s'aiment mais ne savent pas le montrer. Ils essayent de se dire des choses mais il n'y a pas de communication entre eux », explique le jeune diplômé de l'Institut des études audiovisuelles de l'USJ (Iesav).

Le cinéma, vecteur de changement
« Enfant, lorsque je regardais un film, je me demandais comment on l'avait fait. Plus tard, j'ai voulu voir comment, moi, je pouvais faire. » C'est ainsi que Nadim Hobeika explique son choix d'études. Une formation en audiovisuel complétée à l'Iesav qui lui a permis de participer à de nombreuses manifestations cinématographiques en Europe et au Liban. « Je suis reconnaissant à l'Iesav pour différentes raisons dont celle de m'avoir donné l'occasion de prendre part à plusieurs festivals internationaux tels que la quatrième édition du Festival international du court-métrage Outbox au Liban, le Festival du film Cabriolet qui s'est déroulé à Byblos cet été, le Medfilm Festival 2014 en Italie, Azores Fringe Festival 2014 au Portugal et la sixième édition du Festival Cabriolet qui s'est tenue à Beyrouth au printemps passé », confie le jeune diplômé.
« Au Festival Cabriolet, le public était jeune. C'était intéressant. J'ai pu recueillir directement leurs avis sur mon court-métrage. » En Europe, devant un public non arabophone, le réalisateur de Feu de camp avait peur que « des subtilités ne se perdent dans le sous-titrage ». Ce ne fut pas le cas. « Les réactions des spectateurs lors des festivals européens étaient très proches de celles du public libanais », affirme-t-il.
L'une des expériences les plus enrichissantes et les plus intéressantes pour le jeune diplômé fut sa participation, en tant que membre du jury international du concours de courts-métrages, au projet Methexis réalisé dans le cadre du MedFim Festival à Rome. Un projet axé sur des thèmes tels que l'absence de communication entre les différentes générations, la perte de la mémoire collective et de l'identité, les problématiques liées à l'immigration. Un événement conçu dans une optique pluraliste et interculturelle qui vise à mettre en relation, professionnelle et humaine, des étudiants de cinéma en provenance de différents pays euro-méditerranéens.
 « Notre jury était composé d'étudiants issus de diverses écoles de cinéma. Nous nous sommes concertés avec un autre jury constitué de prisonniers dans des centres de détention italiens », raconte Nadim. Détenus et étudiants se sont réunis dans une prison italienne, ont confronté leurs choix de films et ont désigné ensemble le lauréat du prix Méthexis. « C'était une expérience extrêmement enrichissante tant au niveau de la diversité des participants que des échanges et des rencontres. Les détenus ont un côté émotionnel très fort. Leur regard sur les films projetés est intéressant. Ils ne se sont pas arrêtés sur les films violents ou qui traitent de terrorisme mais sur les courts-métrages délicats », poursuit Nadim, avant de préciser : « Il y avait dans le jury des prisonniers, une transsexuelle qui, en commentant un des films en lice pour le prix Méthexis qui parle de l'homosexualité, a prononcé de très belles paroles sur l'acceptation de soi. »
Le jeune diplômé est retourné de Rome encore plus « ouvert », encore plus « convaincu du rôle que joue le cinéma pour transmettre des idées, influencer l'opinion du public et amorcer des changements ».

Motivation, détermination et assiduité
Conscient du chemin à parcourir, du temps qu'il faut consacrer et des efforts qu'il faut investir pour réaliser son objectif , qui est de « devenir un film maker », Nadim Hobeika est convaincu que le diplôme ne suffit pas à lui seul pour faire de son détenteur un cinéaste. « Il faut du temps, du travail, de l'expérience pour peut-être y arriver », poursuit-il, réaliste.
Décidé à ne pas s'arrêter à la licence, il ambitionne de poursuivre des études de deuxième cycle, « au Liban ou ailleurs ». « Je suis conscient de l'importance de l'apport que peut m'offrir un nouveau milieu », dit-il, avant de conclure : « Je souhaite que les jeunes diplômés n'abandonnent pas le rêve qui les animait durant les années d'études. Sinon, on n'aura pas de cinéma. »

Son film de diplôme Feu de camp sera projeté lors du festival Mishkal prévu du 17 au 21 septembre au théâtre al-Madina à Beyrouth. Un court-métrage de dix-sept minutes qui peint avec subtilité et délicatesse la relation entre un fils, Nicolas, adolescent de 18 ans, précocement mature, et sa mère alcoolique. « Mon film n'est pas autobiographique. Il est personnel », explique Nadim Hobeika d'emblée. Et d'ajouter : « Les relations mères-fils m'intriguent. Une famille, c'est très complexe. » Une complexité que le jeune homme de 21 ans a réussi à traiter avec simplicité et candeur à travers une histoire campée avec brio par de bons acteurs, amateurs et professionnels, dont la très douée Marwa Khalil dans le rôle de la mère. « Mon court-métrage raconte l'histoire de deux caractères en quête d'amour. Un...
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