Édifiant, le sondage paru il y a quelques jours sur les colonnes de ce quotidien ! Titré « On s'en fout », il doit signifier, au fond, beaucoup plus qu'il n'en dit.
Pour un observateur impartial qui en lirait le compte rendu, le commentaire à ce sujet pourrait bien se résumer en ceci : « Le Libanais moyen ne mérite pas de patrie. Il est veule, inconscient et, pour tout dire, accuse un manque affligeant de véritable culture. »
« On s'en fout » signifie et justifie toutes les inepties quotidiennement subies sur le plan des services publics, de la circulation et des droits civiques. Il signifie aussi que le Libanais n'a que faire de son prochain et que le manque général d'éducation ne souffre d'autre loi que celle de la jungle.
Et l'on voudrait qu'avec tout ce palmarès, on se préoccupe d'une vacance présidentielle ou d'un énième renouvellement de mandat parlementaire ? Quid encore des fixations infantiles sur le plan socio-confessionnel ? Et des invectives par le moyen des médias ? Et des enlèvements réciproques en guise de réplique ?
Si l'on tolère ici le marasme, la corruption et le courtage à tous les niveaux, c'est parce qu'on y participe directement ou indirectement. Si l'on est toujours prêt à réélire les mêmes faciès aux mêmes mandats de députés, c'est parce qu'on doit y trouver son intérêt pour cause de parenté béate, d'affiliation stupide ou de bêtise tout court. Et si l'on s'imagine pouvoir continuer à vivre de la sorte au Liban, en tant que pays parmi d'autres, c'est que l'insouciance et les appétits instinctifs restent les seuls maîtres du jeu.
Dans ces conditions, il n'y aura bientôt plus ni république ni État.
Vous n'y croyez pas ? Déjà, la moitié de la population sur le terrain n'est pas libanaise. Tout à côté, les régimes dictatoriaux refont surface (et l'on se demande ici si la chose ne serait pas la meilleure formule pour de tels peuples). Sans parler de la médiocrité générale dans les mœurs, dans le travail, dans la vie privée des gens, qui sont là pour attester l'effritement de la chose publique à travers tout le Moyen-Orient. S'y inscrivent, pêle-mêle en trophées, les massacres de chrétiens, les bombardements de civils, les mainmises sur les biens, sur le pétrole, sur les rares œuvres d'art...
Le sauve-qui-peut auquel nous assistons ne résoudra rien. Le repliement craintif dans sa tour d'ivoire, non plus. Les transferts de sommes d'argent hors des frontières et les passeports étrangers concoctés à la pelle, encore moins.
En comparaison, l'animal est mieux nanti pour se protéger...
Où donc allez-vous ? nous dira encore notre observateur. Comment les gens ne songent-ils pas à se soulever ?
Vous vivez sans prévisions, sans électricité, sans eau, sans sécurité, sans espoir. Pourquoi ne décrétez-vous pas la grève civile ? En arrêtant le travail, en bloquant les rues, les entrées des banques, les officines gouvernementales ?
Vous me direz : jusqu'où ? Réponse : jusqu'à ce que délivrance s'ensuive.
N'avez-vous pas assez des crâneries, des mensonges et de la bêtise qui est la négation même de la raison ? Vous dites que la vox populi s'est exprimée. Et qu'elle s'en fout. À ce train-là, moi, je peux vous prédire que vos députés, vos ministres, vos militaires et vos dignitaires religieux seront sous peu les premiers candidats à sauter.
Sur le volcan qui gronde déjà.
Louis INGEA


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
MERCI Monsieur Louis Ingea, c'est E X A C T E M E N T ce que ressent une partie silencieuse de la population de ce pays ! PAUVRE LIBAN !!! Irène Saïd
14 h 38, le 12 septembre 2014