Le Liban attend toujours la conclusion du contrat franco-saoudien pour la livraison de matériel militaire à l'armée. Photo AFP
Le Quai d'Orsay a condamné hier l'exécution de soldats libanais par Daech en des termes forts. « Il s'agit d'un crime abominable (...) qui illustre à nouveau le caractère barbare de cette organisation et renforce notre détermination à mobiliser la communauté internationale contre le terrorisme », a déclaré hier Romain Nadal, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères et du Développement international, dans le cadre de son point de presse bihebdomadaire.
M. Nadal a ajouté que ce crime renforce la détermination de la France à mobiliser la communauté internationale contre le terrorisme.
Exprimant les condoléances de son pays aux familles des victimes, le porte-parole du Quai d'Orsay a réaffirmé le soutien de la France au Liban, à ses institutions et à ses forces armées.
Interrogé justement sur la « problématique » livraison d'armes françaises au Liban, M. Nadal a réfuté le terme « problématique » et expliqué que l'accord franco-saoudo-libanais nécessite un certain nombre de procédures. Il a ajouté : « Dans la déclaration franco-saoudienne de la semaine dernière (lors de la visite officielle à Paris du prince héritier, l'émir Salman ben Abdel-Aziz), nous avons réaffirmé notre soutien à l'unité, à la sécurité et à la stabilité du Liban, et nous sommes en train de finaliser ce partenariat au profit des forces armées libanaises. »
C'est une coopération, a encore dit le porte-parole, tout à fait originale qui a nécessité un certain temps depuis la décision de principe qui avait été prise au mois de décembre de l'année dernière lors de la visite du président de la République à Riyad.
En réponse à un journaliste qui parlait de blocage du fait du retard de certaines signatures, M. Nadal a dit : « Je ne vais pas entrer dans les détails. Il n'y a pas de blocage. Il y a simplement la nécessité, compte tenu de l'objet de ces fournitures, de l'accomplissement d'un certain nombre de formalités et de s'assurer que les moyens proposés sont bien ceux demandés par l'armée libanaise. »
À une dernière question sur le sujet et en réponse à un autre journaliste qui laissait entendre qu'Israël avait des objections sur la fourniture de certains armements, le porte-parole a affirmé : « Je n'ai pas cette information. C'est une transaction importante qui met en œuvre une procédure complexe au vu des montants et des équipements concernés. Vous ne devez pas être étonnés qu'un partenariat de cette originalité et de cette importance ait pris un certain nombre de mois pour être mis en œuvre. Je crois que celle-ci est imminente et que la finalisation est vraiment en cours. On est vraiment au bout de la procédure. »
Malgré ces dénégations et autres propos rassurants quant à l'imminence de la concrétisation de ce contrat de trois milliards de dollars, des sources militaires laissent entendre que certains matériels dits « sensibles » figurant sur la liste des commandes libanaises ont soulevé des protestations en Israël et même aux États-Unis. Par ailleurs, un dirigeant de l'ULCM qui s'adressait aux instances de cet organisme samedi dernier à Juan-les-Pins a énuméré un certain nombre d'interdits, dans le cadre de son exposé sur les besoins de l'armée, notamment des missiles et des munitions hautement sophistiqués, affirmant qu'il tenait ces informations d'officiers supérieurs libanais bien informés du fait qu'ils avaient participé à l'élaboration de la « shopping list » libanaise.
Signalons par ailleurs que le ministère des Affaires étrangères et du Développement international a salué hier la mémoire de Roger Auque, journaliste et ancien ambassadeur de France en Érythrée, disparu le 8 septembre. « Nous rendons hommage au courage exceptionnel qu'il a manifesté pendant ses onze mois de captivité éprouvante en 1987 au Liban, et assurons sa famille et ses proches de nos condoléances », a indiqué M. Nadal.
Pour mémoire
L'ULCM récolte deux millions de dollars pour l'armée en une matinée
Signera ? Signera pas ? Le contrat franco-saoudien en cours de déblocage...
Interrogé justement sur la...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine