Les membres du Parlement irakien ont approuvé le nouveau gouvernement après plusieurs mois de crise politique. Ahmad al-Rubaye/AFP
Le Parlement irakien a approuvé hier soir lors d'un vote crucial un nouveau gouvernement dirigé par Haïdar al-Abadi, mais les portefeuilles de l'Intérieur et de la Défense n'ont pas été pourvus.
En effet, à Bagdad, le Parlement s'est réuni tard dans la soirée (18h00 GMT) pour examiner la composition du gouvernement du Premier ministre désigné Haïdar al-Abadi, chargé de faire front uni devant l'offensive de l'État islamique (EI). Plaçant son discours sous le signe de l'unité, Haïdar al-Abadi s'est engagé devant le Parlement à régler les différends entre le gouvernement central et la région autonome du Kurdistan. Ce vote sous haute tension devait marquer une importante étape politique et un changement de cap pour l'Irak après que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, qui était au pouvoir depuis 2006, eut été accusé par ses détracteurs d'avoir contribué à la montée en force de l'EI dans ce pays majoritairement chiite en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite.
En amont de la présentation demain par le président Barack Obama de son « plan d'action » contre l'EI, qui devrait être fondé sur le principe d'une coalition internationale sans l'envoi de troupes américaines au sol, le secrétaire d'État américain John Kerry commence aujourd'hui une tournée au Moyen-Orient. Il doit se rendre notamment en Jordanie et en Arabie saoudite afin de discuter « de la situation en cours en Irak ».
De leur côté, les pays de la Ligue arabe viennent d'affirmer leur volonté commune de « prendre les mesures nécessaires pour affronter les groupes terroristes », dont l'EI, « aux plans politique, idéologique et sécuritaire ».
(Lire aussi : Contre l'État islamique, l'arme de la dérision)
« Affaiblir » et « vaincre »
Selon une porte-parole de la diplomatie américaine, plus de 40 pays participeront d'une manière ou d'une autre à cette coalition, dont le but est de se « coordonner face à la menace posée par l'EI ». En effet, empruntant le vocabulaire utilisé dimanche par le président Obama, la porte-parole a répété l'objectif des États-Unis : « affaiblir » et « vaincre » l'État islamique. M. Kerry s'entretiendra également de « la manière de soutenir davantage la sécurité et la stabilité du gouvernement Irakien ».
Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel était de son côté hier à Ankara, où il a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays partage une frontière avec l'Irak. Sur le terrain, au moins 18 personnes ont été tuées et plus de 50 blessées hier dans un double attentat-suicide et des affrontements lorsque des hommes armés ont lancé un assaut contre Dhoulouiya, à 90 km au nord de Bagdad.
Certaines sources ont affirmé que l'assaut, repoussé selon un officier de police, était mené par l'EI qui tente depuis des semaines de prendre le contrôle de cette localité.
Enfin, les avions de combat américains ont étendu ce week-end leur zone de frappes pour la première fois dans la province à majorité sunnite d'al-Anbar (Ouest), contrôlée partiellement par l'EI. Mettant à profit ces raids, les forces irakiennes appuyées par des tribus sunnites ont lancé une vaste offensive dans la région de Haditha contre l'EI qui menace un barrage vital.
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QUELLE MASCARADE ! ÄÂL PARLEMENT WOÛ ÄÂL GOUVERNEMENT !
11 h 18, le 10 septembre 2014