L’ailier français Nicolas Batum claque un dunk spectaculaire contre la Croatie en 8es de finale de la Coupe du monde de basket, au Palais des Sports à Madrid. Olivier Morin/AFP
La France a répondu aux attentes en accédant aux quarts de finale de la Coupe du monde messieurs de basket, après avoir maîtrisé par sa science de la défense la Croatie (69-64), samedi à Madrid.
On attendait des Bleus, diminués par les absences de Tony Parker, Joakim Noah, Alexis Ajinça et Nando de Colo, qu'ils atteignent au moins les quarts. Ils ont rempli leur contrat, même si eux continuent à espérer une médaille.
Pour goûter au podium, ils devront réussir un incommensurable exploit contre l'Espagne, l'immense favori du Mondial avec les États-Unis, mercredi à Madrid.
Sans surprise, les Espagnols, qui les avaient sévèrement battus (88-64) en phase de poules, ont pris le meilleur sur le Sénégal (89-56) en fin de soirée.
Les Sénégalais, qui jouaient le premier huitième de finale d'un Mondial de leur histoire, ont résisté un temps grâce à leur potentiel physique, mais le collectif espagnol a eu raison de leur envie.
Un début de match calamiteux
Avec ce succès, conquis malgré un gros relâchement en fin de match qui aurait pu s'avérer dramatique, les champions d'Europe en titre ont effacé leur échec d'il y a quatre ans en huitièmes face à la Turquie, le pays hôte.
Ils confirment aussi leur régularité au plus haut niveau. Il s'agit en effet de la quatrième compétition internationale de suite où ils atteignent au moins les quarts.
Ils ont été médaillés d'argent à l'Euro 2011, puis ont été éliminés par l'Espagne en quarts des JO 2012, et enfin ont connu la consécration européenne l'an passé en Slovénie.
« C'est important d'être dans les huit meilleures équipes de ce tournoi. C'est une façon de pérenniser ce qu'on a fait ces dernières années », a apprécié le sélectionneur Vincent Collet.
« Ce sera une Coupe du monde réussie, à condition de faire un bon match mercredi », a-t-il estimé. La France devra pour cela afficher un visage plus convaincant que face à la Croatie, contre laquelle elle a tenu essentiellement par sa défense.
Très tendus pour cette première rencontre à gros enjeu du Mondial, les Bleus ont vécu un début de match calamiteux. Après dix minutes (7-15), leur pourcentage au tir était famélique (19 %, à 3 sur 16).
L'entrée décisive de Fournier
Heureusement, leur défense, capitale dans tous leurs succès passés, les a maintenus en vie. Dans le deuxième quart-temps, ce sont les Croates, 4es de l'Euro 2013, qui ont connu à leur tour une invraisemblable sécheresse offensive.
À la pause, atteinte sur le score de 23-22 en leur faveur, les Bleus pouvaient s'estimer bénis des dieux. Ils devaient pour beaucoup ce retour à l'entrée décisive d'Evan Fournier, auteur de 7 points consécutifs.
L'arrière d'Orlando (NBA), 21 ans, est un attaquant racé (13 points), mais qui peut parfois s'enflammer et oublier ses devoirs défensifs. Collet a pourtant choisi de lui faire confiance en le plaçant dans le cinq en début de seconde période.
Le pari s'est avéré gagnant. C'est lui qui, sur deux contre-attaques, a donné un premier matelas d'avance à la France (37-27, 26e). Nicolas Batum (14 pts) a ensuite donné l'impression d'avoir enfoncé pour de bon la Croatie, avec trois interceptions successives (46-30, 29e).
Mais les Bleus se sont relâchés un peu tôt. Ils ont laissé Bojan Bogdanovic gonfler encore ses statistiques (27 pts). Grâce à l'arrière de Brooklyn (NBA) et au réveil du pivot barcelonais Ante Tomic (17 pts), les Croates sont lentement revenus.
Un panier primé de Bogdanovic leur a même permis de réellement y croire (66-64, à 52 secondes de la fin). Thomas Heurtel, auteur de quelques paniers importants mais aussi d'une perte de balle très malvenue, n'a cependant pas craqué aux lancers francs.
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