Jawad Cham dans le restaurant de son père.
Le job d'été est devenu un passage quasi obligé pour les jeunes qui cherchent à gagner un peu d'argent ou à enrichir leur CV. Depuis quelques années, différents emplois sont proposés aux intéressés durant la période estivale, principalement dans les secteurs de la restauration, de l'événementiel et du commerce. 38 % des 18-25 ans interrogés par Campus déclarent avoir exercé, au moins une fois durant leur scolarité, un job saisonnier. Si quelques-uns se sont lancés dans la vie active juste après le bac par choix ou par nécessité, d'autres ont attendu de trouver un job d'été compatible avec leurs études et leurs dispositions. Quelles que soient leurs motivations, ces jeunes sont satisfaits d'avoir joint l'utile à l'agréable pendant quelques semaines et s'accordent à dire qu'un emploi d'été leur permet d'acquérir une première expérience professionnelle, d'obtenir de l'argent et de gagner en autonomie et en maturité.
Une première expérience professionnelle
Les jeunes Libanais ne sont pas seulement attirés par l'argent ; nombreux sont ceux qui ont voulu décrocher des stages pendant l'été parce que, selon eux, il s'agit d'une étape incontournable pour approcher le milieu professionnel. Michel, 21 ans, vient d'effectuer son premier stage rémunéré dans une banque. Cet étudiant de la faculté d'économie de l'AUB sait, comme beaucoup d'autres, que cette expérience est un atout pour son CV, qu'elle peut l'aider à décrocher un job plus tard. La somme d'argent gagnée servira, dit-il, « à couvrir mes frais de transport. Difficile de consacrer ce revenu aux études ».
Stéphanie, 23 ans, garde d'excellents souvenirs de son job saisonnier dans une agence de presse spécialisée dans la mode et la joaillerie. Pendant trois mois, cette étudiante de l'Esmod a pu rencontrer des journalistes, observer de près le travail qui se fait au sein des magazines et assister à des défilés. Concernant son salaire, elle confie : « L'argent que j'ai pu gagner servira à couvrir mes dépenses personnelles pendant quelque temps. »
Jawad, 18 ans, souhaite intégrer la faculté de gestion hôtelière à l'Université La Sagesse (ULS). En attendant la rentrée, il aide son père dans la gestion de leur restaurant à Zhgorta. « Même si l'on travaille en famille, je suis rémunéré pour mon job. Cet emploi estival me permet d'apprendre les ficelles du métier que je souhaite exercer plus tard et d'acquérir de l'expérience sur le terrain. Je ne regrette pas mon choix, même s'il m'arrive d'envier mes amis qui profitent à fond des vacances d'été », avoue le jeune homme.
Gagner de l'argent
Si certains jeunes ont dû s'impliquer dans la vie active pendant leurs études, d'autres comptent sur les emplois d'été pour percevoir une rémunération ou mettre de l'argent de côté. Pascale, 19 ans, a travaillé durant deux mois dans une agence de marketing en ligne. Cette étudiante de gestion à l'Université Sainte-Famille (USF) a décidé de déposer l'argent qu'elle a gagné sur son compte bancaire : « Une partie sera consacrée à mes études et l'autre à mes dépenses personnelles. » Layla, 19 ans, a réussi à trouver un job saisonnier juste après le bac. La jeune femme, qui souhaite suivre des études de biologie à l'UL, compte sur son job de caissière dans une grande surface pour se faire un peu d'argent de poche : « Cet argent sera surtout destiné à payer la location de ma chambre d'étudiante. Pour pouvoir financer ses études, mon frère, qui a intégré une université privée, est obligé d'avoir tout au long de l'année un job de serveur à temps partiel. »
Michel, Stéphanie et Pascale sont du même avis que Layla : les jeunes en quête d'un job étudiant pour financer leurs études ne peuvent pas compter sur les emplois d'été. Les 600 000 LL en moyenne gagnées mensuellement par un jeune Libanais dans le cadre d'un job estival serviront surtout à couvrir ses dépenses d'ordre personnel.
Un avant-goût du monde du travail
Les emplois d'été permettent d'emblée aux étudiants de gagner de l'argent et d'avoir un aperçu de la vie professionnelle et du monde du travail. Les étudiants interrogés ajoutent, a posteriori, que l'expérience est à tenter car elle permet aux jeunes, comme le note Stéphanie, « de s'affirmer et d'avoir plus de confiance en eux ». « Avoir un job partiel permet à l'étudiant de gagner en indépendance », affirme Michel qui, durant ses études, a eu l'occasion de donner, à un lycéen, des cours particuliers de maths, d'histoire et d'économie. Pascale ajoute : « Il est important qu'un étudiant puisse exercer un travail saisonnier en rapport avec ses études afin de joindre la théorie à la pratique et pour toucher une somme d'argent propre à lui. » Jawad, qui travaille jusqu'à sept heures par jour dans le restaurant de son père, pense qu'un job d'été est un excellent moyen pour responsabiliser les jeunes. Il s'explique : « Ce job m'apprend à me plier à la discipline, à respecter les horaires, à travailler avec une équipe. J'apprends aussi à être sérieux et plus responsable. » Pour Layla, c'est également un moyen de devenir autonome, « de ne plus dépendre continuellement de ses parents. »
Si certains jeunes cherchent à utiliser le plus efficacement possible l'argent qu'ils ont gagné grâce aux emplois d'été, d'autres n'hésitent pas à se faire plaisir en se payant de gros achats et des voyages. Après cette première expérience, la plupart des étudiants interrogés ne se disent pas encore prêts à tenter l'expérience d'un job à temps partiel car ils ont peur de ne pas pouvoir concilier études et travail.


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