Le cadavre d’un membre de l’État islamique. Ahmad Jadallah/Reuters
Barack Obama a proposé de bâtir une coalition internationale visant à « détruire » l'État islamique (EI), mais les éventuels partenaires, échaudés par les expériences malheureuses des États-Unis en Irak et empêtrés dans leurs propres conflits régionaux, pourraient être difficiles à convaincre.
Le président américain a promis d'agir : « On doit tout faire pour organiser le monde arabe, le Moyen-Orient, le monde musulman, les rallier au reste de la communauté internationale pour isoler ce cancer », a-t-il expliqué mercredi en Estonie. Mais qui participera à cette nouvelle coalition ?
M. Obama tente de la faire avancer durant le sommet de l'Otan au pays de Galles hier et aujourd'hui, et il s'apprête à envoyer au Moyen-Orient son secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, son secrétaire d'État, John Kerry, et la coordinatrice antiterroriste de la Maison-Blanche, Lisa Monaco. « Le défi est effectivement très grand, étant donné les multiples intérêts contradictoires existant dans la région », explique Nora Bensahel, du Center for a New American Security. Mais « c'est absolument essentiel pour les pays qui veulent que l'EI soit vaincu ».
À cet égard, l'éventualité d'un accord entre l'Iran et l'Arabie saoudite, qui mènent par procuration le conflit régional entre chiites et sunnites, pour qu'ils n'interfèrent pas dans leurs initiatives respectives contre l'État islamique, est intrigante. De même que le soutien apporté par Washington au gouvernement chiite de Bagdad, qui est soutenu par Téhéran. Mais Washington exècre le régime du président syrien Bachar el-Assad, aidé par l'Iran et la Russie, deux adversaires des États-Unis. En effet, l'administration Obama rejette l'idée d'une cause commune avec Assad, qu'elle considère comme un criminel de guerre. Mais Bachar el-Assad profiterait de toute frappe américaine contre l'État islamique sur le territoire syrien, dont les jihadistes contrôlent de grandes portions et où ils ont établi leur fief.
À noter que le terme de coalition ravive le souvenir de la solide alliance montée par le président George Bush en 1990 et 1991 contre Saddam Hussein, mais aussi celle, plus fragile, de son fils George W. Bush en 2003 pour envahir l'Irak. Toute coalition anti-EI requerrait un rôle conséquent des Européens. Mais des questions demeurent sur l'engagement britannique, près d'un an après la révolte du Parlement contre le Premier ministre David Cameron, qui souhaitait participer à la campagne de bombardements en Syrie en raison de l'utilisation d'armes chimiques par le régime. François Hollande, en revanche, a dit mercredi qu'une réponse « si nécessaire militaire » était envisageable.
En fait, la réalité d'une coalition signifie que nombre d'opérations pourraient rester clandestines, car initiées par la CIA et les services secrets de pays comme la Turquie, la Jordanie et l'Arabie saoudite. Une coopération entre Washington et Téhéran resterait tacite. D'autres activités, comme l'exclusion du système financier international de l'EI, seraient davantage publiques.
Une ultime incertitude concerne, enfin, Barack Obama. Depuis son élection, il a tenté avant tout de mettre fin aux engagements militaires américains en Irak et en Afghanistan, et a essayé de rééquilibrer la politique étrangère américaine vers l'Asie. Or l'établissement d'une coalition aussi complexe nécessite un niveau d'engagement, et de dextérité diplomatique, dont les États-Unis de Barack Obama n'ont pas vraiment fait preuve au Moyen-Orient.
Dans Haouidja...
Sur le terrain, des jihadistes de l'État islamique ont enlevé hier des dizaines de personnes (40 selon Reuters) dans Haouidja, un village du nord de l'Irak dont les habitants avaient brûlé un drapeau du groupe et incendié une de ses positions militaires, ont annoncé la police et des témoins. Les témoins joints par téléphone disent ignorer les raisons de cet acte et soulignent que le mouvement islamiste, qui s'est rendu maître de la ville, n'y a rencontré aucune résistance.
De plus, le ministère de la Défense a fait savoir hier que trois « dirigeants » de l'État islamique avaient été tués par les forces gouvernementales au cours de trois opérations distinctes menées à Mossoul et à Tal Afar, dans le Nord.
Enfin, l'explosion d'une voiture piégée a fait 12 morts et une trentaine de blessés hier soir dans le quartier à prédominance chiite de Kadhamiya à Bagdad, a rapporté la police irakienne.


PAR CONTRE, "L'ANIMAL" A SANG FROID NE CRAINT POINT L'EAU FROIDE....
15 h 46, le 05 septembre 2014