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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Les USA ne se laisseront pas « intimider » par l’EI

Les jihadistes menacent de détrôner Poutine et de libérer le Caucase.

Le président américain Barack Obama a affirmé hier que son pays ne se laisserait pas « intimider » et entend demander prochainement une résolution contre l’EI au Conseil de sécurité de l’ONU. Saul Loeb/AFP

Le président américain Barack Obama a battu le rappel de ses alliés hier pour lutter contre la menace des jihadistes de l'État islamique (EI) qui ont horrifié la communauté internationale en décapitant un deuxième journaliste américain.
M. Obama a ainsi ordonné l'envoi de 350 soldats supplémentaires à Bagdad pour protéger le personnel et les locaux diplomatiques américains. « Ces actes horribles ne font qu'unir notre pays et renforcer notre détermination à combattre ces terroristes », a déclaré M. Obama, affirmant que les États-Unis ne se laisseraient pas « intimider » par l'EI, tandis que le secrétaire d'État John Kerry a promis que les responsables de la mort de Steven Sotloff seraient « punis ».


Barack Obama présidera en outre le 25 septembre une réunion du Conseil de sécurité où les États-Unis comptent faire adopter une résolution sur la menace des jihadistes, selon un haut responsable américain hier. La Maison-Blanche a également indiqué que M. Obama consulterait les alliés de l'Otan, qui tient un sommet aujourd'hui au pays de Galles, pour mettre en place une coalition internationale et adopter une stratégie. « Si nous sommes rejoints par la communauté internationale, nous pouvons continuer à réduire la sphère d'influence de l'EI, ses financements et ses capacités militaires », a déclaré le président américain. Il faut pour cela « être sûrs que nous ayons la bonne stratégie » mais aussi « la volonté internationale pour le faire », a-t-il insisté. « Avec une large coalition composée de partenaires internationaux, nous avons les moyens de vaincre l'État islamique », a renchéri Matthew Olsen, le directeur du Centre national de l'antiterrorisme à Washington. Pour « redoutable » qu'il soit, l'État islamique « n'est pas invincible » et a été affaibli par les frappes aériennes dans le nord de l'Irak, a-t-il assuré.

 

(Pour mémoire : La prudence d'Obama face aux crises, atout ou handicap?)

 

Frappes britanniques en Irak ?
Pour sa part, la Grande-Bretagne, désormais en première ligne avec un otage britannique risquant d'être la prochaine victime, envisage désormais de s'associer aux frappes américaines contre l'EI, lancées le 8 août dans le nord de l'Irak. La Grande-Bretagne examinera « toutes les options disponibles » pour protéger l'otage britannique, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond. « Si nous estimons que des frappes aériennes peuvent être bénéfiques (...) alors nous les envisagerons certainement, mais nous n'avons pas encore pris de décision à ce stade », a-t-il ajouté. Le président français François Hollande, qui a dénoncé un « acte barbare », a, lui, souligné l'« importance d'une réponse politique, humanitaire et, si nécessaire, militaire dans le respect du droit international » à la menace de l'EI.


Les Émirats arabes unis se sont également dit prêts hier à soutenir les efforts internationaux pour contrer la menace jihadiste, selon le ministre des Affaires étrangères. Dénonçant un meurtre « scandaleux », l'Union européenne (UE) s'est également dit « engagée à soutenir les efforts internationaux pour combattre l'État islamique ». C'est dans ce contexte d'ailleurs que le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a déclaré hier que son pays souhaite développer ses relations avec l'UE. Les crises en Irak et en Syrie soulignent la nécessité pour l'Iran et l'UE de travailler ensemble pour affronter les défis communs, a indiqué M. Zarif.


Pendant ce temps, le parquet général russe a demandé hier de restreindre l'accès à une vidéo diffusée sur YouTube par l'EI qui menace de « détrôner » Vladimir Poutine. Les jihadistes de l'EI ont en effet diffusé mardi sur YouTube une vidéo dans laquelle l'on voit un avion de guerre fourni, affirment-ils, par la Russie au régime du président syrien Bachar el-Assad. « C'est un message pour toi, Vladimir Poutine, ces avions que tu as envoyés à Bachar, nous les enverrons chez toi, si Dieu le veut », dit l'un des jihadistes dans cette vidéo enregistrée en arabe et sous-titrée en russe. « Et nous libérerons la Tchétchénie et tout le Caucase, si Dieu le veut. Ton trône (...) est menacé et il tombera quand nous viendrons chez toi », a ajouté le militant de l'EI.

 

(Repère : Armes : Qui envoie quoi aux peshmergas)

 

500 prisonniers exécutés
En Irak, pays touché de plein fouet par les exactions de l'EI, le ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari a condamné « très fermement » la décapitation, un « acte de sauvagerie » qui « montre l'urgence de faire échec » aux jihadistes.
Par ailleurs, l'armée ainsi que les milices chiites et les combattants kurdes ont poursuivi leurs opérations contre l'EI au nord de Bagdad, qu'ils ont chassé ces derniers jours de plusieurs localités et de portions d'une autoroute stratégique.
Toujours au sujet de l'EI, le mouvement a exécuté plus de 500 prisonniers en Irak au début de l'offensive fulgurante qu'ils ont lancée dans ce pays en juin, selon Human Rights Watch (HRW).

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