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Culture

Temporary Art Platform, ou l’art de la fugue

Initiative

L'art est dans le pré ! ... Ou dans l'usine ? Qu'importe, pourvu qu'il soit hors les murs. Un hors des sentiers battus, un art décentré, une mission que s'est assignée Amanda Abi Khalil, fondatrice de la Temporary Art Platform.

Viktor AYUB | OLJ
26/08/2014

C'est en 2007, alors qu'elle était encore sur les bancs de la Sorbonne en master d'art, que la curatrice Amanda Abi Khalil décide de créer une plateforme artistique de recherche, de production et de conseil pour l'art dans les espaces publics. Rapprocher, voire réconcilier la pratique artistique avec un public peu familier et/ou réfractaire à l'art contemporain, la TAP n'est pas sans rappeler une certaine idée de l'activisme artistique qui, dans les années 70, appelait en France, entre autres, à la décentralisation culturelle. Décidée à sortir des musées, galeries et espaces d'art aux murs souvent trop immaculés, la TAP est une invitation au voyage des cimaises, une incitation à la fugue artistique. Et c'est au Liban-Nord, dans le village de Miziara, que s'exauce pour une toute première édition le vœu artistique avec la Meziara Artist in Residence 2014.
Miziara, ses quelque 20 kilomètres la séparant de sa grande sœur tripolitaine, ses 1000 habitants – grossis l'été venu de 4000 âmes supplémentaires (immigration oblige), en provenance du Brésil et du Nigeria –, ses 800 mètres d'altitude, ses palais des 1 001 extravagances, sa maison en forme d'avion de ligne(!)... Le cadre semble parfait pour explorer les imaginaires, confronter des idées, créer, inventer, chambouler, émouvoir, réfléchir. À noter qu'en ces temps de disette culturelle locale et régionale, ce «pousse-au-crime» artistique fait tâche... et la réponse de la municipalité de Miziara plus encore! C'est guidée par l'artiste Souhail Sleiman, miziariote de naissance, londonien d'adoption, qu'Amanda Abi Khalil décide d'enfoncer les portes de la municipalité... Convaincue par ses arguments, celle-ci (un quasi-inédit au Liban) décide dès lors l'octroi de son soutien total au projet. Pari gagné et soutien en poche, cette incitatrice artistique lance au printemps dernier un appel à candidatures s'adressant aux «artistes plasticiens, architectes, écrivains et designers intéressés par les problématiques environnementales, le paysage rural et le potentiel esthétique et critique d'un site industriel situé au sein d'une forêt en voie d'être préservée». Sur plus d'une cinquantaine de candidatures en provenance des quatre coins du globe, six – dont celle d'un duo d'artistes – ont été retenues. Puis vint le mois d'août et ce rendez-vous à voix multiples. La résidence pouvait enfin avoir lieu.
C'est entre la poussière poudreuse et blanchâtre de vieilles usines désaffectées et des conifères au vert méditerranéen entêtés que Vikram Divecha (Inde), Axel Meunier (France), Patricia Barakat (Liban/Belgique), Laura Yuile (Grande-Bretagne), Metasitu (Lettonie/Espagne) et Andrea Garza (Mexique) ont donc élu résidence. Le village de Miziara étant cerné par deux forêts, l'une naturelle et l'autre métallique, c'est sur cette dichotomie entre environnement et industrie que les artistes conviés ont été invités à plancher un mois durant. De réflexions en discussions, en échanges et expérimentations, chacun des participants est allé à la rencontre de ces thématiques, mais aussi à la rencontre d'artistes libanais tels Gregory Buchakjian, Chaza Charafeddine, Yalda Younès, Omar Fakhoury et beaucoup d'autres qui, fuyant la fièvre beyrouthine, se sont joints occasionnellement à cette retraite artistique.
La résidence artistique entame son prologue mais, avant de clore ce chapitre, les artistes invitent les curieux le 28 août à partir de 18h (le transport est assuré! *) à découvrir leurs travaux. Au programme : vidéos, performances et interventions in situ, mais aussi soirée dansante pour célébrer l'art de la fugue!

*Réservations au 03/289715.
Renseignements sur www.temporaryartplatform.com

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