Le ministre Rifi recevant une délégation des étudiants du courant du Futur à Tripoli, samedi.
Un prêtre, dans son homélie, affirme que « les barbes de ceux qui suivent Daech et le Front al-Nosra ne sont même pas propres à servir de brosses pour nettoyer les bottes du plus petit soldat de l'armée libanaise ». Un cheikh, dans une mosquée à Tripoli, lui répond en des termes encore plus virulents dans un prêche largement repris dans les réseaux sociaux. Il y dit que « toutes les barbes des évêques et des curés ne valent pas les bottes d'un seul musulman ». Et la polémique s'enflamme.
Le prêtre en question est le père Salim Makhlouf, prêtre de la paroisse de Chiyah, et il s'exprimait à l'occasion d'une messe à la mémoire de deux officiers libanais tués lors de la bataille de Ersal, le colonel Dany Harb et le capitaine Dany Khairallah. Le père Abdo Abou Kassem, directeur du Centre catholique d'information, a publié un communiqué dans lequel il regrette « les propos qui font du tort au respect mutuel entre les religions chrétienne et musulmane ». Il précise que le prêtre a été « sévèrement réprimandé par son supérieur hiérarchique pour son comportement qui dépasse les limites acceptées de tous ». Il affirme que l'Église « dénonce de tels comportements », et qu'elle « souhaiterait qu'on ne réponde pas à de telles offenses par des offenses, en vue de préserver la coexistence entre les enfants du pays ».
Quant aux propos du cheikh Abdel Qader Abdo el-Makna dans la mosquée de l'émir Seifeddine Tinal, la plus grande de Tripoli, ils ont été suivis d'efforts d'apaisement. Selon une source bien informée, une médiation a été menée par le chef des Forces libanaises Samir Geagea et le ministre de la Justice Achraf Rifi pour calmer la situation.
Les ministres et députés de Tripoli se sont mis de la partie : un appel au calme a été publié et signé conjointement par l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, les ministres Rachid Derbas et Achraf Rifi, les députés Mohammad Safadi, Samir el-Jisr, Ahmad Karamé, Mohammad Kabbara, Badr Wannous, Robert Fadel et Samer Saadé. Ces hommes politiques se sont dit « surpris de ce discours confessionnel qui a dominé la scène durant ces derniers jours ». Ils ont appelé les différentes forces politiques « à contrôler le discours politique et le replacer dans son contexte national ». Ils ont également exhorté les autorités religieuses « à maîtriser davantage les propos émis lors de cérémonies religieuses, afin de garder les prêches et les homélies dans leur cadre spirituel naturel ». Les signataires du document ont par ailleurs souhaité que les médias et la presse ne se fassent plus l'écho de telles offenses, que les citoyens gardent leurs distances à l'encontre de tels propos et de telles rumeurs, et que les autorités judiciaires poursuivent ceux qui sèment la discorde.
Quoi qu'il en soit, Tripoli se retrouve une fois de plus au cœur de la polémique. Cette réponse cinglante du Cheikh el-Makna intervient quelques jours seulement après l'interdiction par la municipalité d'une publicité de bière, qui avait fait un tollé sur les réseaux sociaux, et après la circulation de folles rumeurs sur l'interdiction de la vente de crucifix en or chez les joailliers de la ville. C'est ce qui a poussé le ministre des Affaires sociales Rachid Derbas, originaire de la ville, à démentir catégoriquement cette dernière rumeur. « Cette information est totalement erronée, a-t-il déclaré. Tripoli est fière des croissants et des croix qui y sont voisins depuis mille cinq cents ans, elle ne va pas contester aujourd'hui la présence de croix dans ses vitrines. »
Le ministre a également appelé à ce que « les tribunes des mosquées soient utilisées pour répandre les principes de l'entente et pour expliquer les paroles de Dieu et de son Prophète ».
Dans la même veine, le ministre Achraf Rifi, qui recevait samedi de nombreux visiteurs en son domicile à Tripoli, notamment une délégation des étudiants du Futur, a dénoncé ce qu'il a appelé « une campagne suspecte menée contre la ville, en vue de porter atteinte à sa place dans la nation et à la coexistence qui y règne ». Mais il a estimé qu'« il ne faut pas avoir peur pour Tripoli, elle reste plus forte que les fauteurs de troubles, que les "chambres noires" qui lancent des rumeurs pour influencer quelques innocents, et que la presse à scandale ».
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Le prêtre en question est le père Salim Makhlouf, prêtre de la paroisse de Chiyah, et il s'exprimait à l'occasion d'une messe à la mémoire de deux officiers libanais tués lors de la bataille de Ersal, le colonel Dany Harb et le capitaine Dany Khairallah. Le père Abdo Abou Kassem, directeur du Centre catholique...


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Le plus comique dans le discours c'est la presence de la barbe de Saint Charbel. Au moins en pratiquant sa chrétienté il n'a jamais fait mal à aucun être vivant.... Une bonne leçon à apprendre
06 h 35, le 19 août 2014