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Liban - Sécurité

Deux gendarmes otages libérés par les jihadistes à Ersal

Tous les militaires vont bien et nous allons œuvrer pour leur libération le plus tôt possible, affirme cheikh Moustapha Houjairy.

Deux agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) – Moudyen Hassan et Kamal Messlmani – qui étaient retenus en otages par le Front al-Nosra dans le jurd de Ersal ont été remis hier à la délégation des ulémas musulmans puis transférés au siège des services de renseignements de l'armée, pour être ensuite remis au siège des FSI de Ersal.
Sitôt la nouvelle annoncée, les habitants de Baalbeck et de la Békaa-Nord ont organisé des célébrations en plusieurs points dans ces localités, pour accueillir les personnes libérées.
Dans une déclaration à la chaîne al-Jadeed, cheikh Moustapha Houjairy, membre du Comité des ulémas musulmans, a affirmé que « les efforts se poursuivent en vue de la libération des militaires encore détenus dans le jurd de Ersal ». Selon des informations obtenues par le site nowlebanon, « les pourparlers entamés depuis quelques jours indiquent qu'il y a une possibilité de relâcher trois membres de l'armée libanaise ».
« Tous les militaires vont bien et nous allons œuvrer pour leur libération le plus tôt possible », a assuré de son côté cheikh Moustapha Houjairy, soulignant qu'« aucune condition n'a été posée par les ravisseurs pour la libération de deux agents des FSI », laissant entendre qu'il s'agit d'une initiative de bonne foi.
Pour relâcher les militaires qu'ils tiennent en otages, les jihadistes réclament la libération de prisonniers islamistes dont Imad Ahmad Jomaa, un jihadiste qui commandait la brigade Fajr el-Islam avant de rallier l'État islamique, et dont l'arrestation a déclenché les combats meurtriers à Ersal.
À cette première requête formulée par l'EI, la réponse à peine voilée de l'État libanais n'a pas tardé à venir. Jeudi, près de 50 jihadistes syriens ont été inculpés par la justice militaire pour avoir œuvré en vue de prendre le contrôle d'une partie du Liban pour y créer un émirat islamique. Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, leur a également reproché d'avoir « tué ou tenté de tuer des militaires et des civils, et d'avoir endommagé des équipements militaires, des propriétés publiques et privées ». Le dossier a été transmis au juge d'instruction et les jihadistes risquent la peine de mort.
Outre les détenus islamistes de Roumieh, les preneurs d'otages réclament en contrepartie de la libération des militaires que les réfugiés syriens soient traités de manière convenable et que les aides, provisions et soins médicaux leur soient assurés. Ils ont également exigé que les blessés dans les affrontements avec l'armée, dont plusieurs combattants des leurs, soient transférés dans « d'autres hôpitaux » – entendre les hôpitaux tenus par des islamistes à Ersal – « par peur qu'ils ne soient liquidés », dans une réaction de vengeance.
Cette requête a été réitérée hier par le Front al-Nosra, qui a affirmé avoir relâché deux éléments des FSI « après avoir reçu de la partie libanaise un message du côté libanais assurant que l'emprise sécuritaire devait être diminuée à l'égard des réfugiés et la protection des blessés assurée », a souligné une source du Comité des ulémas musulmans. Selon plusieurs sources, c'est Moustapha Houjairy, alias Abou Ta'iyyeh, qui a joué un rôle majeur pour la libération des deux membres des FSI.
Hier, l'armée libanaise a arrêté 12 miliciens syriens qui avaient participé aux affrontements meurtriers contre la troupe à Ersal du 2 au 6 août. Les miliciens sont tombés dans une embuscade tendue par l'armée.

Tension entre habitants et réfugiés syriens
Sur place, la tension est désormais tangible entre les réfugiés syriens et les habitants, comme le rapporte le site nowlebanon.
« La situation des réfugiés est difficile et l'humeur générale dans la ville varie entre ceux qui ont des reproches (à l'égard des réfugiés) et ceux qui sont carrément furieux », témoigne Khaled Houjairy, un ingénieur qui a fui vers Beyrouth durant la bataille.
Il explique ce ressentiment par le fait que les habitants de Ersal, qui ont accueilli les Syriens et ont soutenu leur révolution, se sont rendus à l'évidence que leur hospitalité s'est soldée par l'importation de la guerre chez eux.
Force est de constater que Ersal a porté un fardeau plus lourd qu'elle ne peut supporter, en accueillant 140 000 réfugiés dans un village dont la population ne dépasse pas les 40 000. La majorité des Syriens venus trouver refuge dans ce village viennent de Homs et ses environs, de Qousseir et du Qalamoun principalement.
Toujours selon nowlebanon, qui cite des responsables du village, le nombre des éléments armés a augmenté substantiellement dans le jurd de Ersal après la bataille du Qalamoun. Du fait que les frontières étaient perméables et ouvertes devant eux, ils parvenaient facilement à accéder au Liban « au vu et au su du régime syrien et du Hezbollah », précise le média.
Selon le vice-président du conseil municipal, Ahmad Flitti, les deux premiers habitants de Ersal ont été tués par les éléments armés alors qu'ils défendaient le siège de la gendarmerie. « Personne n'a relevé ce fait dans les médias », a-t-il déploré, reprochant le fait que les habitants de son village ont été pointés du doigt comme étant des terroristes, qui soutiennent les éléments armés et se dressent contre la légalité.
« Pourtant, très peu d'entre eux, une dizaine tout au plus, ont combattu aux côtés des Syriens », a-t-il dit, soulignant que plus de la moitié du village était aux côtés de l'armée. Selon lui, la participation des habitants du village aux combats contre l'armée a été amplifiée par les médias.
« Ce qui s'est produit à Ersal a été une leçon pour toutes les parties », a-t-il dit, insistant sur la nécessité pour le gouvernement de définir un plan pour mieux gérer le dossier des réfugiés syriens.
Le responsable municipal rappelle qu'une grande partie des réfugiés sont originaires de localités syriennes qui sont proches et veulent retourner chez eux, à part les habitants de Homs qui n'ont plus aucun espoir de réintégrer leur ville. « Ceux-là, nous devons les supporter », commente M. Flitti.
Ce dernier, évoque le handicap majeur auquel font face les réfugiés, à savoir le fait qu'ils ne détiennent pas de papiers d'identité qui puissent les habiliter à retourner chez eux.
« Il y a chaque jour 15 nouvelles naissances (au sein de la population des réfugiés). Les nouveau-nés ne peuvent obtenir aucun acte de naissance », précise-t-il.

Deux agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) – Moudyen Hassan et Kamal Messlmani – qui étaient retenus en otages par le Front al-Nosra dans le jurd de Ersal ont été remis hier à la délégation des ulémas musulmans puis transférés au siège des services de renseignements de l'armée, pour être ensuite remis au siège des FSI de Ersal.Sitôt la nouvelle annoncée, les habitants de Baalbeck et de la Békaa-Nord ont organisé des célébrations en plusieurs points dans ces localités, pour accueillir les personnes libérées.Dans une déclaration à la chaîne al-Jadeed, cheikh Moustapha Houjairy, membre du Comité des ulémas musulmans, a affirmé que « les efforts se poursuivent en vue de la libération des militaires encore détenus dans le jurd de Ersal ». Selon des informations obtenues par le site nowlebanon,...
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