À Ferguson, le cri de ralliement des manifestants est « Don’t Shoot », en référence aux derniers mots qu’aurait prononcé Michael Brown avant de se faire abattre. Mario Anzuoni/Reuters
Barack Obama a lancé hier, depuis l'île de Martha's Vineyard où il passe ses vacances, un appel au calme et appelé les forces de l'ordre à la retenue après les violences qui ont secoué la ville de Ferguson, dans le Missouri, où un policier blanc a abattu Michael Brown, un jeune Noir.
Jugeant que la police devait être « transparente » sur ce qui s'était exactement passé samedi soir, il a aussi mis en garde les forces de l'ordre contre « un usage excessif de la force lors de manifestations pacifiques ». Car les récits sur les circonstances du décès diffèrent. Selon un témoin, Michael Brown, qui allait rendre visite à sa grand-mère et n'était pas armé, marchait dans la rue quand un agent de police s'en est pris à lui et l'a abattu alors qu'il avait les mains en l'air. Selon la police, Michael Brown a été tué après avoir agressé un policier et tenté de lui dérober son arme. Depuis, la communauté noire s'est mobilisée et les manifestations se sont succédé dans cette ville où 14 000 des 20 000 habitants sont d'origine afro-américaine mais où les policiers sont très majoritairement blancs. Le cri de ralliement des manifestants est « Don't Shoot », en référence aux derniers mots qu'aurait prononcés Michael Brown avant de se faire abattre. Le maire de la ville James Knowles a demandé mercredi que « tous les groupes qui veulent se rassembler pour prier ou protester le fassent seulement en journée, de manière organisée et respectueuse ».
Mais les manifestations des derniers jours ont donné lieu à des scènes assez violentes, avec notamment des pillages dans la nuit de dimanche à lundi et plusieurs dizaines d'interpellations. Les forces de l'ordre sont déployées en nombre et les policiers, visiblement tendus, sont très lourdement équipés face aux manifestants. L'image d'un tireur d'élite en treillis militaire qui vise la foule avec son fusil à lunette, juché sur un véhicule blindé, a fait le tour des réseaux sociaux, très mobilisés en faveur des manifestants, pour dénoncer cette démonstration de force. De nombreux anciens combattants des guerres d'Irak et d'Afghanistan se déclarent aussi choqués de voir des policiers plus lourdement armés qu'ils ne l'étaient souvent dans leurs zones de guerre.


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