Dans un article publié dans notre édition du mercredi 6 août, notre collègue Michel Hajji Georgiou faisait état d'une information de première main, en l'occurrence l'arrestation, il y a quelques jours, au Liban, d'une « pasionaria » de Daech, de nationalité irakienne, qui a entretenu,
semble-t-il, des rapports conjugaux avec trois hauts dirigeants de la mouvance takfiriste dans la région. L'identité de cette pasionaria a été dévoilée hier. Il s'agit de Aya Batrich Zoureikat. Celle-ci se serait mariée à un des grands leaders du courant takfiriste, répondant au nom de Zoureikat, qui lui aurait confié qu'il était le commanditaire et le cerveau de l'attentat à la voiture piégée contre l'ambassade d'Iran à Beyrouth, il y a quelques mois. Zoureikat aurait en outre chargé Aya Batrich de plusieurs missions sensibles au Qalamoun et dans la région de Raqqa, en Syrie.
Aya Batrich Zoureikat se serait en outre mariée au chef des « Brigades Abdallah Azzam », organisation radicale sunnite affiliée à el-Qaëda, ainsi qu'à Maged Maged, un des leaders de cette organisation qui avait été arrêté il y a quelques mois par l'armée. Il avait été blessé au cours de son arrestation et avait succombé à ses blessures à l'hôpital militaire de Badaro après avoir été interrogé par le parquet militaire.
Derrière ces relations conjugales nébuleuses se cachent, en toute vraisemblance, d'obscures missions à caractère terroriste. Il reste qu'au terme de son interrogatoire par les autoritaires judiciaires concernées au cours des derniers jours, le juge Sami Sader a décidé de remettre la pasionaria en liberté faute de preuves quant à son éventuelle implication dans des activités terroristes. Cette remise en liberté dans le contexte présent a soulevé plusieurs interrogations. De là à émettre l'hypothèse d'un « marché » quelconque dans le cadre du règlement du problème de Ersal, il n'y a qu'un pas que certains observateurs n'ont pas hésité à franchir.
M.T.

