À Gaza, la guerre n’épargne personne, la guerre n’a pas d’âge. Sur une table d’opération, un bébé de deux mois lutte contre la mort après avoir été touché par des raids israéliens. Said Khatib/AFP
Israéliens et Palestiniens se sont mis d'accord hier soir sur une trêve de 72 heures dans la bande de Gaza qui entrera en vigueur aujourd'hui à 05H00 GMT, a annoncé un responsable égyptien.
« Les contacts de l'Égypte avec les différentes parties ont également réussi à obtenir que le reste des délégations se rendent au Caire pour de plus amples négociations », a-t-il ajouté. Le Caire, habituel médiateur des conflits entre Israël et le mouvement palestinien Hamas qui contrôle la bande de Gaza, avait invité la semaine dernière Israéliens et Palestiniens à envoyer des délégations pour des négociations en vue d'une trêve. Seule la délégation palestinienne, composée notamment de responsables du Hamas et de l'Autorité palestinienne que dirige Mahmoud Abbas, était au Caire depuis dimanche soir. Les Israéliens avaient eux refusé de se rendre dans la capitale égyptienne, accusant notamment le Hamas d'avoir fait éclater vendredi dernier une précédente trêve acceptée par les deux parties. « Les Palestiniens sont d'accord avec le cessez-le-feu proposé par l'Égypte », a confirmé Azzam al-Ahmed, qui dirige la délégation palestinienne. Israël a confirmé un peu plus tard, mais après avoir annoncé qu'il ne comptait pas encore se retirer de la bande de Gaza. « Nous ne partons pas, nous restons dans la bande de Gaza, il y a encore beaucoup d'autres missions à terminer », a déclaré à la télévision Moti Almoz, le porte-parole de l'armée après avoir annoncé que « tous les tunnels repérés avaient été détruits ».
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La campagne se poursuit...
L'armée israélienne avait repris peu avant ses opérations, après une trêve unilatérale de sept heures et malgré une réprobation internationale de plus en plus ferme. « La campagne à Gaza se poursuit (... elle) ne prendra fin que quand les citoyens d'Israël auront recouvré le calme et la sécurité de manière prolongée », a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, faisant fi des critiques et des appels pressants au cessez-le-feu.
Les explosions ont effectivement repris dans les alentours de la ville de Gaza. Plus au sud, à Rafah, deux enfants et une infirmière sur le chemin de l'hôpital ont été tués, selon les secours. Plus de 1 850 Palestiniens sont morts dans l'enclave depuis le début le 8 juillet. Côté israélien, la guerre a tué 64 soldats. Avec la pause observée par l'armée israélienne dans son pilonnage, la journée d'hier a été moins meurtrière que les autres dans la bande de Gaza. En début de soirée, 23 Palestiniens avaient été tués selon les secours locaux, alors que plusieurs dizaines de personnes meurent chaque jour depuis le début de l'offensive.
En parallèle, les tensions créées par la guerre ont rejailli à Jérusalem même, théâtre de son premier attentat mortel depuis plus de trois ans et de violences dans plusieurs quartiers. Un jeune Palestinien à bord d'une pelleteuse a percuté et retourné un bus à la mi-journée. Un juif orthodoxe a été tué par cet acte qualifié de « terroriste » par la police. L'auteur des faits a été abattu.
(Dans la presse : La procédure Hannibal a été instaurée en 1986 après l'enlèvement de soldats israéliens par le Hezbollah)
L'émoi tardif
Après le bombardement d'une école de l'ONU à Rafah, la guerre à Gaza commence à susciter un grand émoi au sein de la communauté internationale. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a reconnu le droit « total » d'Israël à se défendre. « Mais ce droit ne justifie pas qu'on tue des enfants et qu'on massacre des civils », a-t-il dit. « Combien de morts faudra-t-il encore pour que s'arrête ce qu'il faut bien appeler le carnage de Gaza ? », a-t-il encore demandé. M. Fabius est allé jusqu'à « exiger » l'instauration d'un cessez-le-feu tel que proposé par l'Égypte, et préconiser que la communauté internationale « impose » la solution politique de deux États israélien et palestinien vivant côte à côte.
(Voir aussi : Les larmes de Chris Gunness)
Devant l'ampleur des souffrances endurées par les 1,8 millions de Gazaouis prisonniers de la guerre sur un tout petit territoire, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a joint sa voix à toutes celles ayant réclamé un cessez-le-feu, notamment celle de l'Espagne qui a écrit à ses partenaires européens pour dire que l'Union européenne « peut et doit faire un effort plus grand » afin d'obtenir un accord de cessez-le-feu « durable » entre Palestiniens et Israéliens. De son côté, le président iranien Hassan Rohani a dénoncé hier l'inaction du Conseil de sécurité des Nations unies face « au massacre » des Palestiniens par Israël qui « commet un génocide en massacrant des civils ».
Human Rights Watch a accusé pour sa part l'armée israélienne de « crime de guerre » en tuant des civils alors qu'ils fuyaient les bombardements dans la localité de Khouzaa, près de la ville de Khan Younès.
Dans ce chaos, l'Assemblée générale des Nations unies tiendra demain une « réunion informelle » de ses 193 membres pour examiner la situation dans la bande de Gaza, a indiqué hier une porte-parole de l'Assemblée.
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Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Mes chers Ami(e)s, En cette soirée où commence de se faire plus lointain le vacarme assourdissant des combats sur la terre d'Orient, il me souvient de ce qu'avait écrit notre très regretté Raymond Aron à propos d'Israël. Je précise que c'était en 1976 : " Israël, depuis 1948 jusqu’à ce jour, agit en fonction d’une doctrine de sécurité dont l’efficacité militaire, va en sens contraire de la finalité politique ". " Si les Israéliens renforcent leur sécurité militaire, ils réduisent leur chance de la reconnaissance politique ". Je conseillerais peut-être à nos ami(e)s Israéliens de méditer cette très juste pensée...! Très fidèlement, Antoine Hakim-Ged
23 h 39, le 05 août 2014