Rechercher
Rechercher

Culture - Beiteddine

« Les femmes, les hommes, l’héroïsme et la mort sont notre chemin à tous »

Trois questions à Wajdi Mouawad sur « Antigone » 

Photo Jean-Louis Fernandez

Au programme du festival, ces jeudi 7, vendredi 8 et samedi 9 août*, trois représentations d' « Antigone » de Sophocle, mise en scène par Wajdi Mouawad. Lequel, en pleine répétition au palais des émirs, a répondu rapidement à trois questions sur son spectacle.

 

Q. Pourquoi avez-vous choisi de revenir sur les tragédies de Sophocle, en commençant notamment par la trilogie féminine ?
R. Cette aventure théâtrale a eu, dès le départ, le dessein d'arriver à la présentation en 2015 des sept tragédies écrites par Sophocle qui nous sont parvenues. Au début, j'ai eu donc à penser comment créer les pièces, et l'idée de les rassembler de manière thématique m'a parue être plus intéressante que de les créer une à une. À la lecture des textes, j'ai alors eu envie de les regrouper selon un ordre tout à fait arbitraire : « Des femmes » (Trachiniennes ; Antigone ; Électre), « Des héros » (Ajax ; Œdipe roi) et « Des mourants » (Philoctète ; Œdipe à Colone).
À ce jour, les deux premiers ont été créés. L'an prochain, je créerais « Les mourants » et à l'été 2015 nous présentons cette intégrale qui durera près de vingt heures en une journée, dans la ville de Mons, en Belgique.
Pour comprendre la thématique féminine de la trilogie « Des femmes », il faut alors absolument l'inclure dans l'ensemble du projet avec « Les héros » et « Les mourants », qui complètent cette vision d'un monde où les femmes, les hommes, l'héroïsme et la mort sont notre chemin à tous.

 

Que symbolise pour vous la figure d'Antigone ?
Antigone, évidemment, est une figure puissante qui s'élève non pas contre l'ordre établi mais, au contraire, la destruction d'une loi innée à l'humain, celle du respect des morts, quel que soit celui qui meurt. En ce sens, Antigone amène à s'interroger sur la manière avec laquelle nous devons rester prudents face au pouvoir qui nous régit et, plus spécialement, quand ce pouvoir est tyrannique. Je trouve aussi intéressant de voir comment le public libanais qui a encore évidemment en mémoire les stigmates de la guerre civile sera amené à entendre cette pièce où la cité, après une guerre fratricide, pose la question de la justice.

 

Vous aimez, semble-t-il, travailler avec des vedettes de la scène musicale (on pense notamment à Jane Birkin, qui avait donné lecture d'un de vos textes à Beyrouth l'hiver dernier). Qu'apportent-elles de particulier à votre théâtre ? Et concernant Bertrand Cantat, avez-vous fait appel à lui dans un désir de participer à sa réhabilitation, parce qu'il est lui-même devenu un personnage de tragédie, ou simplement pour sa voix et sa musique ?
Je n'ai pas de vocation à sauver qui que ce soit, et quand on monte une pièce de théâtre, on essaie de faire les bons choix artistiques. La question du chœur est très complexe ; c'est une forme qui ne nous dit plus grand-chose aujourd'hui, et je voulais lui donner un sens qui saurait apporter cette énergie foudroyante, cette puissance que le chant et la danse des chœurs grecs apportaient à la représentation. Le rock m'est apparu comme une forme formidable à tenter et une matière tout à fait excitante. C'est cette réflexion qui a présidé donc à ce choix de demander à Bertrand Cantat de participer au spectacle.
Quelques éléments d'information supplémentaires : outre la mise en scène, Wajdi Mouawad signe également la scénographie ainsi que l'adaptation lumière et interprète le rôle d'Hémon. La traduction du texte de Sophocle est de Robert Davreu (publiée aux éditions Actes Sud-Papiers). La composition de la musique originale, aux percussions et sonorités très rock, est signée Bertrand Cantat, avec Bernard Falaise, Pascal Humbert et Alexander Macsween. L'ex-chanteur du groupe Noir Désir est également la voix du chœur.

 

*À 20h, dans la petite cour du palais de Beiteddine. Billets en vente au Virgin Ticketing Box Office.

 

Pour mémoire
Cantat fait son retour avec une chanson coécrite au Liban avec Wajdi Mouawad
Une entrée en « Matières » avec Wajdi Mouawad au In d'Avignon

Des apprentis comédiens à la rencontre de Wajdi Mouawad

Wajdi Mouawad, l’écho d’un Liban polyphonique

 

Dans L'Orient Littéraire : La généalogie de la violence selon Wajdi Mouawad

 

Au programme du festival, ces jeudi 7, vendredi 8 et samedi 9 août*, trois représentations d' « Antigone » de Sophocle, mise en scène par Wajdi Mouawad. Lequel, en pleine répétition au palais des émirs, a répondu rapidement à trois questions sur son spectacle.
 
Q. Pourquoi avez-vous choisi de revenir sur les tragédies de Sophocle, en commençant notamment par la trilogie féminine ?R. Cette aventure théâtrale a eu, dès le départ, le dessein d'arriver à la présentation en 2015 des sept tragédies écrites par Sophocle qui nous sont parvenues. Au début, j'ai eu donc à penser comment créer les pièces, et l'idée de les rassembler de manière thématique m'a parue être plus intéressante que de les créer une à une. À la lecture des textes, j'ai alors eu envie de les regrouper selon un ordre tout à fait...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut