Rechercher
Rechercher

Le point

C’est par où la sortie ?

Ce sondage, Benjamin Netanyahu aurait voulu en mettre les résultats sous le boisseau. À la question : « Croyez-vous que l'opération "Cutting Edge" portera un coup fatal au Hamas ? » 88 pour cent des Américains interrogés par le National Journal ont répondu par la négative. Explication donnée : il s'agit au mieux d'une initiative qui devra être répétée à intervalles réguliers face à un mouvement qui va se reconstituer, se réarmer et repartir à l'assaut. Une des personnes sondées ose cette image : « Laver, rincer, répéter l'opération. » En somme, pas de quoi booster le moral de troupes montées au front la fleur au fusil et la joie au cœur, convaincues que la presque promenade de santé durerait quelques jours à peine.
On assiste aujourd'hui, passée la première semaine de cette troisième guerre contre Gaza, à la concrétisation des pires craintes de l'État hébreu, soit une réédition de l'expédition lancée en juillet-août 2006 contre le Liban. En (mauvais) souvenir de cette date, Benny Gantz et les autres galonnés de l'état-major parlent de la « Doctrine Dahiyé », en allusion à la banlieue sud de Beyrouth pratiquement détruite il y a huit ans et reconstruite en un temps record.
Seize jours pour « nettoyer » l'enclave de ces maudits tunnels, c'est beaucoup. Surtout qu'au départ, on n'avait pas rechigné à la dépense : intense pilonnage aérien, terrestre et maritime, campagne psychologique à l'adresse de la population, invasion, limitée il est vrai, et qui s'est soldée – le bilan demeure incomplet – par d'importantes pertes de soldats... Confronté à l'ampleur de la tâche, le cabinet israélien est forcé de poursuivre l'œuvre de « nettoyage » alors que montent de plus en plus nombreuses les voix appelant à un arrêt des hostilités et que commence à flancher le soutien d'une certaine opinion internationale.
Bill Clinton vient de mettre en garde l'État hébreu contre le risque de se retrouver isolé sur la scène internationale. « À court, à moyen terme, a confié l'ancien président américain à la chaîne de télévision indienne NDTV, le Hamas peut causer un tort immense à Israël en forçant celui-ci à s'en prendre aux civils palestiniens. » La Sud-Africaine d'origine indienne Navi Pillay, haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l'homme, a noté que des crimes de guerre pourraient fort bien avoir été commis. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a qualifié d'« acte atroce » le carnage survenu à Chajaïya et jugé que « trop de mères sont en train d'enterrer leurs enfants ». Selon les chiffres de l'organisation internationale, 70 pour cent des victimes palestiniennes sont des civils, ce qui s'explique autant par l'exiguïté du territoire et la densité démographique que par l'intensité et la barbarie de l'assaut. À Tel-Aviv, dit-on, les experts avaient soulevé ce dernier point, faisant valoir que la présence de près de deux millions de personnes dans ce mouchoir de poche qu'est Gaza rend impossible la neutralisation des quelque dix mille missiles détenus par le Hamas et le Jihad islamique sans énormes pertes en vies humaines. À quoi s'ajoute la destruction d'écoles, de mosquées et d'hôpitaux au prétexte que de l'armement lourd s'y trouve entreposé, une accusation partiellement confirmée d'ailleurs, il y a quelques jours, par l'Unrwa.
L'autre piège pour « Bibi » c'est que, ne disposant pas d'une stratégie de sortie (ainsi que le constatent la majorité des journalistes israéliens), il se sent obligé de recourir à la fuite en avant, suivant en cela la politique de Gribouille, ce personnage de l'imagerie populaire française qui, pour échapper à la pluie, se jette dans un étang. Ce faisant, le Premier ministre accroît un peu plus son isolement sur la scène mondiale – ce qui est en train de se produire depuis quelques jours. Sur le plan interne, il a cru, en lançant une nouvelle guerre contre le Hamas, court-circuiter Avigdor Lieberman et les faucons de son gouvernement. Il n'aura fait, au contraire, que renforcer leur position et les pousser à placer plus haut encore la barre de leurs exigences.
Dernière interrogation, et non des moins lancinantes, de l'Israélien moyen : nos services secrets se seraient-ils trompés, une fois de plus, dans leur évaluation des réactions palestiniennes ? Car, à y regarder de près, c'est bien le Hamas et non plus l'État hébreu qui mène l'actuelle danse macabre. En l'absence de toute initiative étrangère pour sortir du piège sans y laisser trop de plumes, il y a tout lieu de s'en inquiéter.


Ce sondage, Benjamin Netanyahu aurait voulu en mettre les résultats sous le boisseau. À la question : « Croyez-vous que l'opération "Cutting Edge" portera un coup fatal au Hamas ? » 88 pour cent des Américains interrogés par le National Journal ont répondu par la négative. Explication donnée : il s'agit au mieux d'une initiative qui devra être répétée à intervalles...

commentaires (4)

Antoine GED Le 18/01/2008 à 14:48 En l'état, la Palestine est-elle viable...? Origine du problème : Le problème nait, à mon avis, de la coexistence de deux territoires distincts, la Cisjordanie, contrôlée par le Fatah modéré, et la bande de Gaza, aux mains du Hamas. Or, si la Cisjordanie parait viable, il n'en est pas de même de Gaza, coupé du reste de la Palestine, sans aucune richesse naturelle, dépendant entièrement de l'extérieur pour sa subsistance et sa survie, en proie, sur un territoire aussi exigu à une surpopulation endémique, à une promiscuité et à une misère effroyables, cette situation intolérable ne peut qu'attiser désespoir et haine de la population vis-à-vis du responsable tout désigné, l'ennemi de toujours, Israël. Proposition : Tenter, peut-être, d'élargir géographiquement la Cisjordanie et y inclure ces pauvres habitants de Gaza qui sont sans espoir parce que sans avenir. Mais cela impliquerait, à nouveau, un déplacement énorme de population, une fois de plus, dans cet Orient décidément bien compliqué. Objection : Si ce diagnostic semble apparemment facile à faire, la résolution du problème préconisée s'avèrerait d'une toute autre ampleur. Réponse : Il n'empêche qu'à mon humble avis, elle mériterait d'être envisagée, tant il est maintenant devenu évident pour tous que la situation actuelle n'est qu'une impasse où, sans réagir, on se fourvoierait, à jamais. Question : Qu'en pensez-vous ? Cordialement, Antoine GED

Ged Antoine

01 h 27, le 25 juillet 2014

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Antoine GED Le 18/01/2008 à 14:48 En l'état, la Palestine est-elle viable...? Origine du problème : Le problème nait, à mon avis, de la coexistence de deux territoires distincts, la Cisjordanie, contrôlée par le Fatah modéré, et la bande de Gaza, aux mains du Hamas. Or, si la Cisjordanie parait viable, il n'en est pas de même de Gaza, coupé du reste de la Palestine, sans aucune richesse naturelle, dépendant entièrement de l'extérieur pour sa subsistance et sa survie, en proie, sur un territoire aussi exigu à une surpopulation endémique, à une promiscuité et à une misère effroyables, cette situation intolérable ne peut qu'attiser désespoir et haine de la population vis-à-vis du responsable tout désigné, l'ennemi de toujours, Israël. Proposition : Tenter, peut-être, d'élargir géographiquement la Cisjordanie et y inclure ces pauvres habitants de Gaza qui sont sans espoir parce que sans avenir. Mais cela impliquerait, à nouveau, un déplacement énorme de population, une fois de plus, dans cet Orient décidément bien compliqué. Objection : Si ce diagnostic semble apparemment facile à faire, la résolution du problème préconisée s'avèrerait d'une toute autre ampleur. Réponse : Il n'empêche qu'à mon humble avis, elle mériterait d'être envisagée, tant il est maintenant devenu évident pour tous que la situation actuelle n'est qu'une impasse où, sans réagir, on se fourvoierait, à jamais. Question : Qu'en pensez-vous ? Cordialement, Antoine GED

    Ged Antoine

    01 h 27, le 25 juillet 2014

  • DES CRIMES DE GUERRE ONT ÉTÉ COMMIS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 38, le 24 juillet 2014

  • Je ne suis pas d'accord dans cette analyse car l'histoire a prouvé qu'aussi isolée soit elle et autant de pression aura-t-elle subit, après chaque guerre, Israël a pu arracher quelque chose d'important a ses ennemis alors qu'elle les aura laissé avec seulement une chimérique impression de victoire "Divine". Elle ira même a faire croire qu'elle effectue des enquêtes, attribue des responsabilités en finalement le résultat démontre qu'elle est la principale bénéficiaire des résultats de la guerre et que son but principal et non déclaré a été atteint! Vous verrez que l'histoire se répétera. Israël aura se qu'elle voulait obtenir et le Hamas et le Hezbollah dormiront heureux et soit disant victorieux sur les cendres et le sangs des victimes de leur imbécillité criminelle. Après nous nous étonnons que ces peuples la n'avance pas!

    Pierre Hadjigeorgiou

    13 h 59, le 24 juillet 2014

  • "Nettoyage de Gaza" !! Allons, éclatons de rire, même devant la tragédie monstre de ce "mouchoir de poche" où les nazis d'Israel répètent de temps en temps leur génocide. Ce qu'il faut nettoyer c'est bien Israel de ces nazis, les plus criminels ennemis de la paix avec le peuple palestinien.

    Halim Abou Chacra

    04 h 13, le 24 juillet 2014