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A Damas, les habitants savourent un semblant de normalité

Reportage

"Depuis quelques semaines, le bruit des roquettes semble plus lointain"...

OLJ/AFP
20/07/2014

Chaque soir, Zakaria Orchi retrouve ses amis au café. Pour la première fois depuis le début du conflit en Syrie il y a trois ans, les habitants de Damas peuvent profiter du ramadan, même si les violences font rage tout près de la capitale.

"Nous nous réunissons pour discuter, fumer un narguilé, jusque tard dans la nuit", dit ce quadragénaire, grand et mince. "Cela nous change du ramadan dernier où nous courions nous terrer chez nous" dès le coucher du soleil.

Pendant le mois de jeûne musulman, les Damascènes ont repris l'habitude d'envahir les cafés pour de longues soirées malgré les violences qui continuent de ravager le pays au-delà du centre de Damas.
Signe de détente dans la capitale, les autorités ont rouvert récemment des rues fermées à la circulation depuis l'été 2012, en raison de leur proximité de bâtiments gouvernementaux.
"Depuis quelques semaines, le bruit des roquettes semble plus lointain, les obus tombent moins sur Damas", souligne Zakaria.

Dans le quartier de Qassaa, dans l'est de Damas, le célèbre café Steed ne désemplit pas. "Pendant le mondial du foot, il n'y avait aucune table de libre", affirme Houssam al-Halabi, directeur du café où trônent trois écrans de télévision à côté de photos du président Assad, récemment réélu pour nouveau septennat.

(Reportage : À Damas, la vraie guerre se passe en bas)

Restaurants et piscine bondés

Évidemment après de récentes chutes d'obus tirés par les rebelles sur plusieurs quartiers de Damas, "il y avait beaucoup moins de monde", soupire M. Halabi. "Mais restons optimistes, l'année dernière, c'était pire", a-t-il poursuivi.

A l'hôtel Dama Rose, situé dans un quartier huppé de Damas, "les restaurants affichent complets tous les soirs, la piscine ne désemplit pas les week-ends", a indiqué une responsable de l'établissement Dima Mouammar.
Les cérémonies de mariage, nombreuses l'été, "ont lieu maintenant en soirée et durent jusqu'à deux heures du matin", dit-elle, alors qu'avant, la fête se déroulait de quatre à sept.

Waël Charabi, chauffeur de taxi, se dit lui plus "apaisé" en ce moment. "Je n'ai plus peur. Depuis un mois, il n'y a plus d'obus sur Damas". Les choses, selon lui, "s'améliorent". L'année dernière, je travaillais les après-midi et puis je rentrais chez moi, alors qu'hier j'ai ramené des gens à deux heures du matin", raconte-t-il en souriant.

La capitale syrienne, place gardée du régime, a été relativement épargnée par les violences qui ont fait plus de 170.000 morts depuis le début du conflit en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Des obus tirés par les rebelles tombent régulièrement sur Damas alors que le régime bombarde les localités rebelles autour de la capitale, situées parfois à quelques mètres de quartiers périphériques.

(Lire aussi : La ville d'Istanbul veut sévir contre les mendiants syriens)

'Calme précaire'

Mardi soir, une grêle d'obus est tombée sur la place des Abbassides, proche du quartier de Jobar, fief rebelle, bombardé à son tour par des roquettes sol-sol, ont indiqué des habitants et des militants.
Et mercredi, juste après le discours d'investiture de Bachar el-Assad devant 1.300 invités réunis au palais présidentiel, plusieurs obus sont tombés au coeur de la capitale tuant quatre personnes, selon les médias officiels.

"C'est un calme précaire. C'est vrai que les obus se font plus rares mais ouvrir des rues à la circulation et supprimer des points de contrôle ne signifie rien", a estimé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane pour qui "la réalité est toute autre". Selon lui, "le régime tente de trouver des compromis en signant des réconciliations (avec les combattants rebelles) afin de remonter le moral (au peuple) et de (..) montrer qu'il tient les rênes".

Beaucoup à Damas ne se font pas d'illusion non plus. Concédant que le bruit des canons a diminué, Nabil, 50 ans, se montre peu optimiste, seul dans son magasin de meubles déserté. "On ne sait pas de quoi demain sera fait, la crise ne finira même pas dans dix ans", ajoute-t-il, évoquant "les destructions, les chômeurs et les mendiants qui remplissent les rues".


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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

On dirait Beyrouth durant la sale guerre qu'ils avaient mené contre elle ! C'est leur tour à présent, khâïïï !

Halim Abou Chacra

Qu'est-ce qu'il y a à Damas ? Le petit Hitler va bien.

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