La réunion de la commission parlementaire des Finances prévue hier n'a pas eu lieu... faute de quorum. Le président de la commission Ibrahim Kanaan a aussitôt annoncé qu'il compte déposer une plainte devant la présidence du Parlement car, selon lui, il est inadmissible de paralyser l'action des commissions sous n'importe quel prétexte. M. Kanaan a aussi précisé que la réunion d'hier était destinée à l'examen de trois projets de lois, dont deux portent sur l'Université libanaise et la réhabilitation de certains de ses bâtiments, notamment à Tripoli, alors que le troisième concerne un crédit fourni par l'Allemagne pour des installations hydrauliques, nul n'ignorant l'importance de l'eau durant cet été sec et après un hivers peu pluvieux...
Il s'agissait donc de projets vitaux sur les plans social et financier, dont le Liban a grand besoin. Selon M. Kanaan, le premier projet sur l'Université libanaise concerne celle-ci dans son ensemble et n'est pas en faveur d'une partie aux dépens de l'autre. Il n'a rien à voir avec le conflit actuel sur le partage des parts, et malgré cela, les députés n'ont pas assuré le quorum et même les présents étaient très peu nombreux, qu'il s'agisse des députés ou des ministres concernés.
M. Kanaan a aussi évoqué le projet hydraulique qui a, selon lui, nécessité cinq ans de préparation et qui est de la plus haute importance pour le pays et pour les citoyens. « Dans ce cas, comment les députés peuvent-ils ne pas assister à une réunion destinée à l'examiner ? » s'est-il demandé, avant d'ajouter que certains dossiers ne souffrent pas le moindre report. Il a aussi évoqué la séance prévue pour l'examen de la nouvelle grille des salaires, précisant que ce dossier aussi ne peut plus attendre, la situation sociale étant désormais revêtue du caractère de la triple urgence.
M. Kanaan a refusé de dire si le défaut de quorum était voulu ou non et si l'absence des députés était préméditée ou non, mais il a quand même estimé qu'il s'agit au moins d'un manque de sens des responsabilités, surtout durant une telle période. Selon lui, le débat est toujours un enrichissement pour le pays et les députés doivent discuter des projets qui leur sont soumis. Cela fait partie de leurs droits et de leurs devoirs, et « la cuisine législative du Parlement ne doit pas s'arrêter de fonctionner, au moins au niveau des commissions parlementaires spécialisées. « Je ne vois donc aucune justification au défaut de quorum de la commission des Finances et je demande à l'opinion publique de juger », a-t-il affirmé.
Ibrahim Kanaan s'est ensuite rendu chez le président de la Chambre Nabih Berry pour l'informer de ce qui s'est passé. À l'issue de cet entretien, il a déclaré que le président Berry était d'accord avec lui pour refuser toute paralysie du Parlement et pour considérer que le boycott des réunions des commissions est inconcevable. Il a précisé que « le sens des responsabilités devrait nous pousser à dissocier les dossiers politiques des questions sociales et régler celles-ci au plus tôt, dans l'intérêt du Liban et des Libanais ». Il a ainsi appelé les députés à adopter la nouvelle grille des salaires et les ministres à régler le problème de l'Université libanaise. Il a déclaré qu'il a transmis au président Berry l'appui du général Michel Aoun à sa position de refus de la paralysie du Parlement et du gouvernement.
Même son de cloche chez le député Simon Abi Ramia, membre du bloc du Changement et de la Réforme. Dans un entretien à la Voix du Liban, Abi Ramia a estimé que les Libanais sont de plus en plus inquiets d'une paralysie totale des institutions. Il a toutefois précisé que les questions sociales ne peuvent pas attendre l'élection d'un nouveau président. Il faut donc agir le plus rapidement possible, dans l'intérêt des Libanais. Au sujet de la présidentielle, Abi Ramia a déclaré qu'une petite minorité est en train d'empêcher les Libanais d'avoir un président fort et représentatif de sa communauté et des Libanais, ajoutant qu'on ne peut pas mettre les candidatures du général Michel Aoun et du chef des FL Samir Geagea sur le même plan que celle de Henry Hélou. Il a ainsi répondu à la proposition de Walid Joumblatt de retirer la canidature de Hélou si Aoun et Geagea en font de même. Enfin, il a précisé que le dialogue entre le courant du Futur et le CPL se poursuit.
Enfin, le député Michel Moussa, membre du bloc Berry, a affirmé que ce dernier mène des contacts avec le courant du Futur pour décider du sort de la séance parlementaire destinée à la nouvelle échelle des salaires. Moussa a aussi estimé qu'il est impératif de ne pas paralyser l'action du Parlement, au moins sur le plan de la législation.
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15 h 45, le 16 juillet 2014