Des témoins ont fait état de colonnes de fumée s’élevant au-dessus du périmètre de l’aéroport. Hani Amara/Reuters
Des groupes armés s'affrontaient hier dans la capitale libyenne pour le contrôle de l'aéroport de Tripoli, illustrant la lutte d'influence entre libéraux et islamistes dans ce pays livré à l'anarchie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
Six personnes ont été tuées et 25 autres ont été blessées, selon un porte-parole du ministère de la Santé. Les autorités aéroportuaires ont décidé de fermer l'aéroport durant au moins trois jours en raison de ces affrontements déclenchés quelques heures après une mise en garde des États-Unis contre le risque d'« un conflit généralisé en Libye ». L'attaque a été revendiquée par des milices islamistes, notamment par la Cellule des opérations des révolutionnaires de Libye, déterminées à chasser les brigades anti-islamistes de Zenten qui contrôlent plusieurs sites dans le sud de la capitale, dont l'aéroport, ainsi que des sites militaires sur la route reliant Tripoli à l'aéroport. Des tirs d'armes lourdes étaient entendus depuis le centre-ville, tandis que des témoins ont fait état de colonnes de fumée s'élevant au-dessus du périmètre de l'aéroport. Selon une source à l'aéroport, l'attaque a été repoussée par les Zentanis, mais des affrontements étaient toujours en cours autour d'autres sites occupés par ces derniers, en particulier sur la route de l'aéroport où des chars ont été aperçus, selon des témoins. De récents appels avaient été lancés sur les réseaux sociaux par des milices islamistes pour « libérer la capitale » des ex-rebelles de Zenten, une ville située à 170 km au sud-ouest de Tripoli.
En Tunisie
Dans ce contexte, les ministres des Affaires étrangères des voisins de la Libye devaient se réunir hier soir à Hammamet, dans le sud de la Tunisie, pour s'entretenir des moyens de soutenir ce pays en proie au chaos. Au lieu du ministre libyen des Affaires étrangères Mohammad Abdelaziz, qui ne pourra pas assister à la rencontre à cause du blocage de l'aéroport, la Libye sera représentée par son ambassadeur à Tunis, Mohammad al-Maaloul, a précisé un haut responsable du ministère libyen sous le couvert de l'anonymat.
L'Italie qui assure la présidence de l'Union européenne a appelé à une « action politique internationale immédiate pour encourager et soutenir la pacification et la reconstruction » du pays, a indiqué la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini. De son côté, le ministre britannique chargé du Proche-Orient, Hugh Robertson, a exhorté « toutes les parties à cesser immédiatement la violence et à s'engager dans un dialogue constructif ».
Le président tunisien Moncef Marzouki devait assurer l'ouverture de la réunion avant que les ministres des Affaires étrangères d'Égypte, du Soudan, de l'Algérie, du Tchad, du Niger, déjà présents en Tunisie, ainsi que des représentants de la Ligue arabe et de l'Union africaine, commencent leurs travaux, a indiqué le porte-parole de la diplomatie tunisienne, Mokhtar Chaouachi. Les travaux de cette réunion, qui seront présidés par le ministre tunisien des Affaires étrangères Mongi Hamdi, se poursuivront aujourd'hui, également à huis clos, selon la même source.
(Source : AFP)

