Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Élias Bou Saab, au cours de la séance. Le dossier de l’UL est entre ses mains.
Le clientélisme politique a eu raison hier du train de titularisation des contractuels de l'Université libanaise et de la recomposition du conseil des doyens qui l'accompagne, deux dossiers qui figuraient à l'ordre du jour du Conseil des ministres.
Le conflit sur la nomination du doyen de la faculté de médecine a en effet entraîné, au bout de six heures de débat, le report de l'examen du dossier à jeudi prochain.
Deux noms principaux sont proposés à ce poste, celui du Dr Pierre Yared , un chirurgien de Kfarnabrakh (Chouf) proche de Walid Joumblatt, doyen actuel de la faculté, et celui de Georges Rouhana, un radiologue appuyé par le Courant patriotique libre, candidat à sa succession. C'est le nom de ce dernier qui figure sur la liste des doyens appelés à être nommés.
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Les décisions du Conseil des ministres, en l'absence d'un chef de l'État dûment élu, étant prises à l'unanimité, il n'a pas été possible de faire approuver le nom du Dr Rouhana, pas plus que d'imposer le renouvellement du mandat du Dr Yared, qui est également appuyé par les Kataëb.
Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Élias Bou Saab, a confirmé devant les manifestants que « le conflit porte sur le dossier des doyens » et que le train de titularisation ne fait plus problème. Mais, a-t-il précisé, ils sont indissociables.
Dans la rue, face au Grand Sérail, le désarroi et la colère des professeurs de l'UL et des contractuels se sont fait entendre, en vain. L'Université libanaise est en danger, ont-ils crié – bientôt rejoints par le ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab –, se promettant de dormir sur place jusqu'à l'approbation du projet et réclamant dans le même temps, bien puérilement il faut dire, la chute du gouvernement.
Bien tardivement, estiment des sources universitaires indépendantes, qui dénoncent depuis des années la gangrène politique qui mine l'UL et qui l'a transformée en fief des partis représentant la communauté chiite.
Les contractuels de l'UL ont appelé à la chute du gouvernement Salam.
La vocation à l'indépendance
Pour sa part, le président de l'université, l'ancien ministre Adnane Sayyed Hussein, a également harangué les manifestants place Riad el-Solh, réclamant que l'université « retrouve son indépendance comme institution publique, conformément à sa vocation et loin du clientélisme ». « Nous ne sommes pas des bandits de grand chemin, a dit le président de l'UL, nous voulons tout juste que ce dossier, qui est ajourné d'année en année et qui a de graves conséquences sur l'UL, soit enfin approuvé. »
Et les sources précitées de confirmer que, selon les statuts de l'Université libanaise, si l'autorité politique, par le biais du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, a un droit de regard sur l'université, c'est au conseil des doyens que revient le droit d'élire le recteur, comme de se prononcer sur le cadre enseignant.
Les statuts de l'UL prévoient aussi que les nominations de professeurs se prennent d'abord à l'échelon des départements puis à celui des sections, à celui des facultés et enfin à celui de l'université tout entière.
Au lieu de quoi, les différents camps politiques ont arraisonné l'Université libanaise et s'y sont taillé des domaines réservés qui fonctionnent comme des agences de placement.
Certes, le train de titularisation actuel comblera un manque – 75 % des professeurs de l'UL, un pourcentage anormal, sont encore contractuels –, mais il n'est pas certain que toutes ces nominations soient méritées, ajoutent les sources susmentionnées.
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Décret approuvés
Rendant compte des travaux du Conseil des ministres, M. Ramzi Jreige, ministre de l'Information, a affirmé qu'en début de réunion, le Conseil des ministres a approuvé un certain nombre de décrets et que le Premier ministre a pris la parole pour affirmer que « le fonctionnement des institutions constitutionnelles ne saurait être ni sain ni droit avant qu'un nouveau chef de l'État ne soit élu ».
Par ailleurs, le Conseil des ministres a débattu de l'agression contre Gaza et réaffirmé sa solidarité avec « le combat légitime livré par le peuple palestinien », a souligné M. Jreige, qui a demandé à la Ligue arabe d'en appeler à la communauté internationale « pour que cesse le massacre perpétré par la machine à tuer israélienne ».
Au sujet des salaires des fonctionnaires, M. Jreige a affirmé que le ministre des Finances s'obstine à dire que le Parlement doit voter une loi l'autorisant à débloquer les fonds nécessaires à cette fin, ce que nient les composantes du 14 Mars, qui voient dans ce parti pris un prétexte pour l'ouverture d'une session parlementaire, histoire de démontrer que le 14 Mars n'est pas parvenu à paralyser le Parlement...
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