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Économie

La BRI tire la sonnette d’alarme

Le rapport annuel de la Banque des règlements Internationaux (BRI) n'est pas le type de lecture qu'on recommande pour la plage, mais le cru 2014 qui vient de paraître mérite le détour. Il invite à s'interroger sur la déconnexion apparente entre les marchés (exubérants) et l'économie globale (poussive) sur la trappe de dette où conduit l'environnement de taux zéro, sur la recherche effrénée du rendement sans égard pour le risque encouru.
L'analyse de la BRI s'inscrit dans une longue tradition examinant l'influence du crédit sur l'économie réelle. En un sens, il n'y a rien de neuf, mais l'intérêt de ce rapport est qu'il a des implications directes et immédiates pour la conduite des politiques monétaires. Doivent-elles privilégier – comme c'est le cas depuis tant d'années – le soutien de l'activité à court terme au risque d'encourager des déséquilibres propres à ruiner plus tard tous les efforts accomplis ? Doivent-elles être menées dans chaque pays indépendamment des effets collatéraux sur le reste du monde ?
La BRI est loin d'être infaillible. Par le passé, elle a surestimé le risque de dérapage des prix après les injections massives de liquidité. Il n'y a pas eu de poussée inflationniste ces dernières années, bien au contraire. La BRI considère aujourd'hui que le coût économique de la déflation pourrait être modeste, ce qui n'est pas totalement convaincant. À l'inverse, la BRI a été la première des grandes institutions à sonner l'alarme au sujet des excès des années 2000, bien avant que la crise financière ne survienne. Sa mise en garde actuelle doit donc être écoutée. La BRI note que les marchés financiers sont « sous le charme » des politiques monétaires. C'est doublement inquiétant. D'une part, cela suggère que les marchés sont déconnectés des fondamentaux économiques macro (croissance, inflation) ou micro (profitabilité, valorisation) et ne réagissent plus qu'à la composante « liquidité ».
D'autre part, dans cette situation, les banques centrales peuvent hésiter à briser le « charme ». Si tel est le cas, elles pourraient maintenir une politique inadaptée aux conditions économiques par crainte de provoquer une correction des marchés.

Le rapport annuel de la Banque des règlements Internationaux (BRI) n'est pas le type de lecture qu'on recommande pour la plage, mais le cru 2014 qui vient de paraître mérite le détour. Il invite à s'interroger sur la déconnexion apparente entre les marchés (exubérants) et l'économie globale (poussive) sur la trappe de dette où conduit l'environnement de taux zéro, sur la recherche effrénée du rendement sans égard pour le risque encouru.L'analyse de la BRI s'inscrit dans une longue tradition examinant l'influence du crédit sur l'économie réelle. En un sens, il n'y a rien de neuf, mais l'intérêt de ce rapport est qu'il a des implications directes et immédiates pour la conduite des politiques monétaires. Doivent-elles privilégier – comme c'est le cas depuis tant d'années – le soutien de l'activité à court terme...
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