Près d'un mois après le lancement de l'offensive, l'armée ne parvient pas à reprendre de terrain, malgré la livraison d'avions de combat par Moscou, la présence de conseillers militaires américains et l'aide de milices chiites et de volontaires. Ahmad Saad/Reuters
Le Parlement irakien va finalement se réunir dimanche pour tenter d'ouvrir la voie à la formation d'un gouvernement dans un pays en proie à une vaste offensive d'insurgés sunnites et paralysé sur le plan politique par ses divisions communautaires.
L'annonce initiale du report d'un mois, au 12 août, de la session parlementaire prévue hier avait suscité les critiques de nombreux Irakiens et de responsables internationaux, alors que le pays est au bord du gouffre. Mais la décision a été revue et « la nouvelle date sera le dimanche 13 juillet », a annoncé un employé du bureau du président du Parlement par intérim Mahdi Hafez.
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Reporter d'un mois « la session du Parlement a été un choc pour les Irakiens qui vivent dans un bain de sang et se retrouvent sans travail et sans service », a expliqué Essam al-Bayati, un professeur de l'université de Kirkouk. D'autant que la première session du nouveau Parlement n'a eu lieu que le 1er juillet, deux mois après les législatives du 30 avril. Et elle avait été levée dans le chaos, des députés s'invectivant ou quittant la séance. L'Assemblée doit élire son président, puis le président de la République, qui sera chargé de désigner le Premier ministre. La Constitution prévoit que ce processus ne prenne pas plus de 45 jours après la première réunion du Parlement. Selon une règle non écrite, le poste de Premier ministre revient à un chiite (communauté majoritaire), la présidence de la République à un kurde et celle du Parlement à un sunnite.
L'Irak, miné par les divisions, subit une paralysie politique depuis des années. Le pays est de plus frappé depuis plus d'un an par une montée des violences, qui ont culminé avec l'offensive lancée début juin par des insurgés menés par les jihadistes ultraradicaux de l'État islamique (EI, ou Daech).
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« Calculs politiques »
« Il y a une crise, et ce report pour des questions de calculs et d'accords entre politiques est la plus grande des trahisons pour les Irakiens qui se sont déplacés pour voter pour eux », a dénoncé Abou Moussa, un commerçant.
Pendant ce temps, l'EI, déjà très présent en Syrie, s'est emparé de Mossoul, la deuxième ville du pays, et d'une grande partie de sa province Ninive, ainsi que de régions dans les provinces de Diyala, Salaheddine et Kirkouk. Il contrôlait déjà depuis janvier des secteurs d'al-Anbar. Près d'un mois après le lancement de l'offensive, l'armée ne parvient pas à reprendre de terrain, malgré la livraison d'avions de combat par Moscou, la présence de conseillers militaires américains et l'aide de milices chiites et de volontaires. Les forces gouvernementales semblent piétiner à Tikrit, ancien bastion de Saddam Hussein. Elles souffrent d'un manque d'entraînement mais aussi d'un déficit de renseignements dans les zones sunnites, résultat d'un sentiment de défiance à l'égard du pouvoir Maliki.
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Selon les observateurs, Bagdad ne risque pas de tomber dans l'immédiat, mais les attentats dans la capitale continuent de tuer. Hier, au nord de Bagdad, cinq personnes ont ainsi péri dans un attentat-suicide à un poste de contrôle et trois policiers ont été tués dans une attaque à la bombe. Quatre autres civils ont été tués par des membres de l'EI à Oudaïm, dans la province de Diyala, et six ont été exécutés à Zaouiya, près de Baïdji, dans le Nord, rapporte la police. Enfin, une bombe a fait quatre morts dans la soirée à Nahraouane, juste au sud de Bagdad.
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