Le député des Forces libanaises, Élie Keyrouz, a appelé hier le général Michel Aoun « à retourner à la place de l'Étoile et à œuvrer à replacer l'échéance présidentielle dans son contexte libanais, selon les mécanismes constitutionnels qui fonctionnent depuis des décennies ».
C'est depuis le Parlement que M. Keyrouz a tenu ces propos. Il commentait l'initiative politique du député Michel Aoun, qualifiée par ce dernier de « salvatrice ».
« La conférence de presse du général Aoun est une tentative avortée de se décharger de toute responsabilité dans le blocage de l'échéance présidentielle, et dans la non-participation aux séances parlementaires de vote, a-t-il dit. Une démarche qui mènera le pays au vide présidentiel. »
S'adressant au général Aoun, M. Keyrouz a demandé : « Si Saad Hariri avait approuvé votre candidature, auriez-vous lancé cette initiative ? » « C'est comme si, a-t-il poursuivi, vous n'aviez plus aucun espoir de parvenir à la présidence de la République par le biais du Parlement ou des équilibres politiques actuels. »
« Le vide dont vous parlez et qu'ont vécu les chrétiens pendant 24 ans est celui auquel vous-mêmes avez mené. C'est aussi le vide du régime de la tutelle syrienne, dont vous avez été l'une des principales victimes et qui exprime aujourd'hui sa satisfaction à l'idée de votre élection à la tête de l'État », a-t-il ajouté.
M. Keyrouz a, de plus, estimé que « le dynamitage de la Constitution est un grave danger pour les Libanais, de manière générale, et les chrétiens, plus particulièrement, parce qu'il les met face à l'inconnu ». « La Constitution libanaise est la garantie de la parité et du partenariat, et ce partenariat ne peut se réaliser par des projets hâtifs et non mûris, d'autant que le Liban est un pays régi par l'entente entre ses différents partenaires », a-t-il indiqué. Et le député d'estimer que l'initiative de M. Aoun est un « paradoxe constitutionnel », dans la mesure où cette proposition ne se contente pas d'amender un article ou un paragraphe de la Constitution libanaise, mais envisage « un changement radical dans le système constitutionnel et politique, tel que convenu par les Libanais depuis 1926 ».


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