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Liban - Liban

Les dix commandements pour faire face à la pénurie d’eau de l’été...

Avec une pluviométrie exceptionnellement maigre cet hiver, une partie des sources et des puits pourrait s'assécher bientôt. Voici une liste de conseils à appliquer dans les foyers et les institutions.

Le fleuve de Beyrouth, encore assséché, attend désespérément la pluie. Photo Hassan Assal

Le ballet des camions-citernes de distribution d'eau atteignait généralement son apogée vers septembre-octobre. En cette année particulièrement sèche, le début d'été a des airs de fin d'été, les coupures d'eau sont plus précoces, elles n'ont même jamais vraiment cessé, même durant certaines périodes en hiver. L'achat d'eau devient monnaie courante pour nombre d'habitants de la capitale et de ses environs.

Mais le plus grave, c'est l'état des ressources hydrauliques dans le pays qui risquent de s'amenuiser très rapidement, voire de s'assécher pour beaucoup d'entre elles. Et ce n'est pas vraiment une surprise : selon le service météorologique de l'aéroport de Beyrouth, il n'est tombé jusqu'à ce jour, en 2014, pas plus de 470 mm, pour une moyenne annuelle de 824 mm.

Pour mieux comprendre l'ampleur de la pénurie d'eau au niveau des sources, nous interrogeons Ziad Khayat, directeur du Centre national de gestion et de conservation de l'eau (LCWMC), mis en place par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et opérant au sein du ministère de l'Énergie et de l'Eau. Ce centre a deux missions, celle d'effectuer une étude sur les eaux souterraines (qui a commencé en 2011 et dont les résultats ont été analysés début 2014) et celle de mener une campagne de sensibilisation pour promouvoir la rationalisation de l'utilisation de l'eau, qui comprend entre autres des projets pilotes dans différentes institutions.

L'étude effectuée permet à l'équipe du centre de comparer le niveau d'eau dans les sources et les puits l'année dernière (exceptionnelle en matière de pluies) et cette année (exceptionnelle en matière de sécheresse). « Nous constatons une nette baisse du niveau de l'eau dans les sources, notamment dans la Békaa, dit-il. Dans les puits sur le littoral, la baisse du niveau de l'eau cause une augmentation du taux de sa salinité (en raison de l'intrusion de l'eau de mer). Dans l'absolu, cette baisse affecte la qualité de l'eau, puisque la moindre pollution prend une ampleur plus importante. »
Il ajoute : « Le problème, c'est que nous ne disposons pas, au Liban, de données permettant une observation à long terme. Mais la comparaison avec l'année dernière donne une idée de l'étendue de la sécheresse actuelle : à cette époque de l'année, on est au même niveau qu'en plein milieu d'été durant une année normale ou même en fin d'été dans certaines régions. Certaines sources sont près de s'assécher, d'autres sont à 30 ou 40 % de leur débit habituel. »
Selon M. Khayat, les puits qui ne sont pas très profonds risquent de s'assécher rapidement, ceux qui le sont continueront de pourvoir de l'eau, mais le processus deviendra plus coûteux.

« L'année la plus sèche depuis 1932 ! »

À ce rythme, les Libanais n'auront d'autre choix que de se familiariser avec les mesures d'économie d'eau. « Les conseils que nous pouvons leur donner doivent se transformer en mode de vie, quelle que soit la pluviométrie, et non se limiter à cette seule saison exceptionnelle, martèle le directeur du LCWMC. Mais il est malheureusement toujours difficile de convaincre les Libanais d'adopter des réflexes d'économie des ressources hydrauliques, tant ils sont convaincus que leur pays est un château d'eau. Or il faut savoir que dans une bonne année, l'eau à notre disposition peut à peine suffire à notre consommation. Ce qui est loin d'être le cas cette saison. Il convient de souligner que nous n'avons pas connu une telle sécheresse depuis 1932! »

Voici les conseils pratiques que donne Ziad Khayat :
1 - Fermer les robinets entre deux utilisations (en brossant ses dents par exemple) ;
2 - Écourter le temps consacré aux douches pour les adultes, éviter que les plus jeunes ne s'éternisent et ne jouent longtemps dans l'eau à l'heure du bain ;
3 - Remplacer les robinets qui causent des fuites ;
4 - Prévoir un flotteur dans son réservoir : ce petit engin évite en effet les pertes intuiles d'eau puisqu'il interrompt automatiquement le débit quand le réservoir est plein. Mais en cas de panne ou de manque d'entretien, il ne remplit plus son rôle et l'eau continue de se déverser dans le réservoir, jusqu'à déborder et provoquer un gaspillage qui aurait pu être évité.
5 - Ne pas laver les rues à grande eau ;
6 - Réutiliser l'eau autant que possible. À titre d'exemple, à l'heure de la douche, l'eau qu'on laisse couler en attendant qu'elle devienne chaude peut être récupérée dans un seau pour arroser les plantes par exemple ;
7 - Utiliser des produits économes en eau, comme les chasses d'eau à double flux (qui donnent le choix entre deux volumes d'eau à déverser pour la même efficacité), ou encore les lave-vaisselle et lave-linge économiques (à condition de ne les faire fonctionner que quand ils sont pleins) ;
8 - Laver les voitures moins souvent ou alors opter pour les stations de lavage sans eau ;
9 - Pour les jardins, ne pas irriguer inutilement (le surplus d'eau cause plus de dégâts que le manque, dans tous les cas), irriguer tôt le matin ou tard le soir (pour réduire au maximum l'évaporation), planter de préférence des espèces locales, plus adaptées au climat et moins gourmandes en eau (éviter, à titre d'exemple, le gazon) ;
10 - À l'intention des complexes balnéaires : dans les piscines, préférer l'entretien et le nettoyage de l'eau à son remplacement pur et simple chaque semaine, ne pas remplir la piscine à ras bord pour éviter le gaspillage de l'eau qui déborde, etc. ; dans les douches et les toilettes, installer des équipements économes en eau comme les robinets et les douches avec limiteurs de débit, encourager les baigneurs à utiliser moins d'eau...

Ziad Khayat précise que toutes ces directives et d'autres feront l'objet dès le mois prochain d'une vaste campagne qui sera menée avec toutes les institutions concernées. Un guide sera bientôt publié. Le centre mène déjà une sensibilisation sur le sujet dans les écoles, avec distribution d'un livret pour atteindre le maximum de foyers.


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Le ballet des camions-citernes de distribution d'eau atteignait généralement son apogée vers septembre-octobre. En cette année particulièrement sèche, le début d'été a des airs de fin d'été, les coupures d'eau sont plus précoces, elles n'ont même jamais vraiment cessé, même durant certaines périodes en hiver. L'achat d'eau devient monnaie courante pour nombre d'habitants de la...
commentaires (4)

A bon entendeur salut . Sauf que la grande surprise est dans nos montagnes libanaises ou depuis mi juin l'eau est quasi absente.

Sabbagha Antoine

15 h 08, le 28 juin 2014

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Commentaires (4)

  • A bon entendeur salut . Sauf que la grande surprise est dans nos montagnes libanaises ou depuis mi juin l'eau est quasi absente.

    Sabbagha Antoine

    15 h 08, le 28 juin 2014

  • PÉNURIE D'EAU DANS UN PAYS... AUX MULTIPLES FLEUVES ET AFFLUENTS... Où L'EAU DES FLEUVES SE DÉVERSE DANS LA MER. 3AYB ! LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST CONNU DEPUIS LONGTEMPS. MAIS, QU'ATTENDAIT-ON DES NULLITÉS QUI NOUS GOUVERNENT ET LEURS ACCESSOIRES ? NULS... TOUS... PARTOUT... ET EN TOUT !!!

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 14, le 28 juin 2014

  • Cet article tombe très bien après votre article du mardi 24 juin sur le barrage de Janné! Pourriez-vous expliquer à nos écolos que la meilleure façon d'éviter les pénuries, c'est justement la construction des barrages préconisés par le Ministère de l"Energie et de l'Eau, et en particulier le plus grand d'entre eux, celui de Janné? Pour faire des omelettes, il faut quand-même casser quelques oeufs!

    Georges MELKI

    08 h 19, le 28 juin 2014

  • "Nous n'avons pas connu une telle sécheresse depuis 1932", dit l'expert ! Rééllement une grande catastrophe ! Tout le monde s'en doutait.

    Halim Abou Chacra

    05 h 41, le 28 juin 2014

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