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Moyen Orient et Monde - Conflit

Ukraine : le dialogue avec les rebelles au cœur d’un plan de paix crucial

Poutine appelle à la négociation ; les séparatistes rejettent l'initiative de Porochenko.

À Siversk, les rebelles poursuivaient leurs combats contre les forces des autorités proeuropéennes de Kiev, qu’ils considèrent comme des « fascistes ». Shamil Zhumatov/Reuters

Le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine ont plaidé hier pour un dialogue avec les rebelles, plus de deux mois après le début d'une insurrection séparatiste prorusse dans l'est de l'Ukraine, où les combats entre l'armée et les insurgés ont fait au moins 375 morts.
M. Porochenko s'est adressé hier à la nation ukrainienne lors d'un discours télévisé pour exposer son plan de paix, après avoir décrété un cessez-le-feu unilatéral d'une semaine des troupes ukrainiennes. Dans son discours de 12 minutes, le président Porochenko affirme que « le scénario pacifique est notre scénario principal. C'est notre plan A ». « Mais ceux qui ont l'intention d'utiliser ces négociations de paix à seule fin de jouer la montre et de regrouper leurs forces doivent savoir que nous avons un plan B détaillé. Je ne vais pas en parler maintenant parce que je crois que notre plan pacifique va réussir », a ajouté M. Porochenko. « Des vues diamétralement opposées ne seront pas une barrière à la participation aux négociations. Je suis prêt à discuter avec ceux qui se sont fourvoyés, qui ont par erreur adopté des positions séparatistes. À l'exception, bien sûr, de ceux qui ont été impliqués dans des actes de terrorisme, de meurtre ou de torture, a déclaré M. Porochenko. Je garantis de plus la sécurité pour tous les participants aux négociations, pour tous ceux qui veulent adopter le langage de la discussion au lieu du langage des armes. »
M. Poutine a pour sa part exprimé hier son soutien au plan de paix de M. Porochenko, tout en appelant à un « dialogue substantiel » entre Kiev et les rebelles prorusses. « Il importe que ce dialogue entre les parties qui s'affrontent en Ukraine s'appuie sur le plan de paix », a-t-il estimé. Le président russe a en même temps appelé Kiev à mettre fin aux opérations de ses forces armées dans l'Est. « Les opérations militaires n'ont pas cessé », a déploré le président russe. « Je ne peux pas dire qui en est responsable – si c'est le fait de l'armée régulière ou si ce sont les unités armées des forces de droite – mais c'est arrivé », a-t-il ajouté. M. Poutine a également insisté hier pour que les russophones soient sûrs que « leurs droits sont garantis par la Constitution ».
Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont également appelé M. Poutine à favoriser « des négociations » et ont appelé toutes les parties à cesser les hostilités, selon un communiqué de la présidence française publié après un entretien téléphonique à trois. De même, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a « félicité » le président Porochenko pour son plan de paix et a « exprimé l'espoir que ce plan fera baisser la violence et les tensions dans l'est de l'Ukraine », a indiqué hier l'ONU.
Le plan de paix de M. Porochenko avait été dévoilé voici quelques jours sur le site Internet d'une télévision locale. Il ne faisait toutefois pas mention d'un dialogue avec les séparatistes, évoquant simplement l'amnistie pour « ceux qui ont déposé les armes et n'ont pas commis de crime grave ». Le plan de paix inclut la création d'une zone tampon de 10 km à la frontière entre l'Ukraine et la Russie, et un couloir pour les mercenaires russes présents en Ukraine selon Kiev leur permettant de rentrer en Russie une fois leurs armes déposées. Le plan stipule également la fin de « l'occupation illégale » des bâtiments de l'administration régionale de Donetsk et Lougansk contrôlés par les rebelles, l'organisation rapide d'élections locales et un programme pour la création d'emplois dans la région. Il évoque aussi la décentralisation du pouvoir et la protection de la langue russe par le biais d'amendements à la Constitution.

Rejet séparatiste
Mais parallèlement aux efforts pour une désescalade, Kiev et ses alliés occidentaux s'inquiètent de la présence de nouvelles forces russes le long de la frontière. Les États-Unis ont accusé Moscou d'armer la rébellion – une accusation rejetée par la Russie – et l'ont mis en garde contre tout envoi de troupes en Ukraine.
En attendant, les échanges de tirs se poursuivaient hier, les troupes ukrainiennes disant faire usage de tirs d'artillerie pour repousser des attaques de rebelles, qui ont rejeté le cessez-le-feu provisoire visant à leur désarmement. À Siversk, une localité de 3 000 habitants à l'ouest de Slaviansk, l'un des bastions des séparatistes prorusses, les rebelles poursuivaient leurs combats contre les forces des autorités proeuropéennes de Kiev, qu'ils considèrent comme des « fascistes ». « Nous tiendrons. Mes deux grands-pères ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils luttaient contre le nazisme. Je continue leur combat », affirme Andreï, 31 ans, en train de préparer les munitions pour la mitrailleuse lourde.
Un porte-parole de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk a rejeté hier le cessez-le-feu unilatéral visant au désarmement rebelle. « Le cessez-le-feu déclaré unilatéralement par l'armée ukrainienne sans aucune coordination avec nous n'est pas reconnu » par la république autoproclamée, a-t-il déclaré. Un chef des rebelles avait auparavant jugé que les efforts de M. Porochenko étaient « insignifiants » tant qu'ils n'incluaient pas le retrait total des troupes ukrainiennes de l'Est et une reconnaissance de leur indépendance.
(Source : AFP)

Le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine ont plaidé hier pour un dialogue avec les rebelles, plus de deux mois après le début d'une insurrection séparatiste prorusse dans l'est de l'Ukraine, où les combats entre l'armée et les insurgés ont fait au moins 375 morts.M. Porochenko s'est adressé hier à la nation ukrainienne lors d'un discours télévisé pour exposer son plan de paix, après avoir décrété un cessez-le-feu unilatéral d'une semaine des troupes ukrainiennes. Dans son discours de 12 minutes, le président Porochenko affirme que « le scénario pacifique est notre scénario principal. C'est notre plan A ». « Mais ceux qui ont l'intention d'utiliser ces négociations de paix à seule fin de jouer la montre et de regrouper leurs forces doivent savoir que nous avons un plan B...
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