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Moyen Orient et Monde

Felipe VI redonne un petit sourire à l’Espagne

OLJ
20/06/2014

Le nouveau roi Felipe VI a proclamé hier sa « foi dans l'unité de l'Espagne » et plaidé pour une monarchie « rénovée » en prêtant serment.
Acclamé le long des avenues de Madrid, pavoisées du drapeau national rouge et or, le roi en uniforme militaire a gagné le Congrès des députés accompagné de la reine Letizia, fine et élégante en robe et manteau blanc, et de leurs deux filles, Leonor, huit ans, nouvelle princesse héritière, et Sofia, sept ans. Ancienne journaliste de télévision, née dans une famille de classe moyenne, la nouvelle reine d'Espagne, Letizia, a su imprimer son style, moderne et glamour, à la famille royale.
Après avoir juré fidélité à la Constitution de 1978, le socle fondateur de la démocratie espagnole, Felipe, 46 ans, a promis, dans son premier discours de roi, de défendre « une Espagne en laquelle tous les citoyens retrouvent la confiance dans les institutions ». « Je veux réaffirmer, en tant que roi, ma foi dans l'unité de l'Espagne », a-t-il lancé, en réponse aux poussées nationalistes catalane et basque, parmi les défis les plus lourds qu'il devra affronter. Avant de conclure d'un « merci », en castillan, en catalan, en basque et en galicien, les quatre langues officielles du pays.
Coup d'envoi des cérémonies et symbole de ce passage de témoin, le jeune roi a reçu hier matin la ceinture de soie rouge de capitaine général des Armées des mains de son père, qui a signé la veille son abdication, avant que les deux hommes ne se donnent une accolade émue. Felipe hérite d'une monarchie contestée, selon les sondages, par un Espagnol sur deux, dans un pays miné par la crise économique et le chômage.
Il a promis de travailler pour « rénover » la monarchie et de suivre « une conduite intègre, honnête et transparente ». « Nous devons remporter la bataille de l'emploi, qui est la première préoccupation des Espagnols », a-t-il déclaré. Une réponse aussi au scandale judiciaire dont il devra affronter les retombées, dans lequel sa propre sœur, Cristina, est inculpée de fraude fiscale.
Madrid, pour accueillir son nouveau roi, s'était paré de milliers de fleurs et de drapeaux, un décor faisant oublier les manifestations républicaines qui avaient suivi l'annonce, le 2 juin, de l'abdication de Juan Carlos. Pendant que certains se préparaient à la fête, d'autres encaissaient l'élimination du Mondial, la veille, de l'équipe nationale de football au Brésil. « C'est la fin d'un cycle. Il faut recommencer avec des gens plus jeunes, c'est comme tout, dans la vie et dans le football », commentait Carlos Mendoza, un vendeur de « churros », les beignets espagnols, de 48 ans, sur le seuil de sa boutique.
Il n'en reste pas moins que les Espagnols ont retrouvé un petit sourire : ils ont un nouveau roi...

Salut au balcon
Resté populaire face au discrédit qui frappe son père, le nouveau roi devra répondre à de nombreux espoirs qu'il aura sans doute du mal à réaliser, la monarchie parlementaire espagnole ne lui donnant que peu de pouvoirs. Après la cérémonie au Congrès des députés, en l'absence d'invités étrangers, Felipe a présidé un défilé militaire avant que la famille ne traverse Madrid, à bord d'une Rolls Royce noire décapotable, accompagnés des cavaliers de la garde royale, jusqu'au palais royal. Sous les cris de « Vive le roi », Felipe VI et son père Juan Carlos ont salué une foule agitant de nombreux drapeaux, au balcon du palais royal de Madrid.
Mais tout au long de cette journée, la haute silhouette de Felipe a éclipsé celle de Juan Carlos, le grand absent de la cérémonie du Congrès et de la réception qui devait suivre au palais royal, en présence de 2 000 invités. Mercredi soir, Juan Carlos, retenant ses larmes, avait signé la loi d'abdication, massivement approuvée par le Parlement. Son dernier acte officiel. Les premiers mots de Felipe ont d'ailleurs été pour son père, dont il a loué le rôle dans « la réconciliation des Espagnols » après la dictature. « Un règne exceptionnel devient aujourd'hui partie de notre histoire, avec un héritage extraordinaire », a-t-il dit.
En décidant d'abdiquer, Juan Carlos a transmis à son fils la lourde tâche de rénover la couronne. Mais Felipe dispose d'une marge de manœuvre étroite, dans un pays où la crise a engendré une perte de confiance dans les institutions.
(Source : AFP)

 

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