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Nos lecteurs ont la parole - Antoine Naggear

Cessez de violer la Constitution

Le citoyen libanais a le droit de savoir par qui il est gouverné : par l'État, lui dira-t-on. Mais qui c'est, l'État ? Comment le définir et le reconnaître dans un petit pays comme le Liban ?
L'État est constitué d'un territoire, d'un peuple et de lois édictées par un gouvernement pour être respectées.
Il aurait été si agréable y vivre si ce n'étaient ces dérapages subis et dus au comportement des prétendus responsables... Ceux-là ont-ils conscience que la base de toute coexistence réside dans le respect de la Constitution par tous les citoyens, à commencer par ceux-là mêmes qui tiennent les rênes du pouvoir ?
Le patriarche Raï ne cesse de le leur rappeler, les invitant à refaire leur examen de conscience et réaliser que le comportement de certains parmi eux devrait changer, mettant de côté les intérêts personnels et agissant pour le bien de la population tout entière.
Oui, l'élection d'un président est indispensable, urgente mais aussi inéluctable. Prétendre que seuls quatre candidats sont éligibles est inacceptable ; les candidats maronites, jouissant de qualités irréprochables (patriotisme, éducation, bonne réputation, altruistes, expérimentés), manquent-ils ?
Je ferai référence à certains tels MM. Demianos Kattar, Henri Hélou (pourquoi pas?), Jean Kahwagi et Robert Ghanem, pour ne pas citer d'autres candidats potentiels. Ce qui est évident en ce moment, c'est que très nombreux sont les chrétiens qui se tiennent aux côtés du patriarche dans ses prises de position nationales ; ils voient en lui leur vrai et unique porte-parole.
Que ceux qui pensent que les Libanais, et en particulier les chrétiens, ne reconnaissent que les quatre candidats comme leurs seuls représentants se trompent. Les chrétiens libanais sont dans leur majorité à égale distance de ceux-là, mais ils sont favorables à l'accession à la tête de la République d'une personne dotée d'un esprit réaliste, qui leur insufflerait un tant soit peu d'espoir de changement dans le sens du vrai patriotisme et loin de tout clientélisme.
Les Libanais en ont ras le bol ; tous les problèmes que nous vivons en ce moment découlent de la mauvaise gestion de ceux qui ont gouverné à ce jour. Mais qu'est-ce qu'ils s'en fichent !
Aux dires d'un actuel ministre, plus de 40 % des jeunes diplômés sont au chômage, l'économie est à bout de souffle, la dette publique s'alourdit, le déficit budgétaire est incontrôlable, la sécurité chancelante, un flux chaotique de réfugiés qui ne fait que perturber la situation...
Quant à revenir à la vision des gouvernants qui a prévalu depuis des années, niente.
Les milliards de dollars investis et dilapidés dans l'électricité nous auraient permis de construire des centrales, des barrages pour satisfaire les besoins de chaque région en eau, de créer une administration saine et libre de toute corruption, des lois applicables et logiques, d'encourager les investissements pour créer de l'emploi à nos jeunes (aujourd'hui, aucun capitaliste avisé ne songera à investir dans un pays ou le droit à la propriété et à l'initiative individuelle n'est pas respectée).
Messieurs les gouvernants, considérez sérieusement les actions et réactions de la population (les manifestations qu'on vit tous les jours, initiés par des catégories sociales et professionnelles), nul n'est content et tout cela est dû aux pratiques des années passées. Rappelez-vous que nous vivons à l'ère du changement. Faites en sorte que le citoyen cesse de croire qu'il est l'ennemi de l'État, tellement ses droits sont bafoués.
Mais quoi qu'on en dise, le Liban est un pays merveilleux, son peuple est unique en son genre. À l'étranger, loin de l'ambiance malsaine dans laquelle nous baignons, nos enfants récoltent les succès et reflètent la vraie image de notre pays.
À bon entendeur salut.

Antoine NAGGEAR
Enseignant universitaire

Le citoyen libanais a le droit de savoir par qui il est gouverné : par l'État, lui dira-t-on. Mais qui c'est, l'État ? Comment le définir et le reconnaître dans un petit pays comme le Liban ?L'État est constitué d'un territoire, d'un peuple et de lois édictées par un gouvernement pour être respectées.Il aurait été si agréable y vivre si ce n'étaient ces dérapages subis et dus au comportement des prétendus responsables... Ceux-là ont-ils conscience que la base de toute coexistence réside dans le respect de la Constitution par tous les citoyens, à commencer par ceux-là mêmes qui tiennent les rênes du pouvoir ?Le patriarche Raï ne cesse de le leur rappeler, les invitant à refaire leur examen de conscience et réaliser que le comportement de certains parmi eux devrait changer, mettant de côté les intérêts...
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