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Lifestyle - Loisirs

Un tournoi de bridge, l’occasion de remettre le Liban sur le circuit international

À l'invitation d'Adèle Hanna, de grosses pointures du bridge international et local se sont mesurées à Faqra, le temps d'un minifestival.

Les joueurs en pleine concentration lors du tournoi de Faqra.

Le Faqra Resort s'est mis à l'heure du bridge, le week-end dernier. L'espace de deux jours, près d'une centaine de grosses pointures du bridge international et local, triées sur le volet, se sont retrouvées sur invitation, à l'auberge de la station de ski de standing, pour un minifestival, « International invitational teams ».

À l'origine de l'initiative, Adèle Samir Hanna, mécène passionnée soutenue par son époux, soucieuse de remettre le Liban sur le circuit international et de donner aux bridgeurs libanais l'occasion de se mesurer aux grands noms. Par grands noms, on entend le Pakistano-Britannique Mahmoud Zia, vedette de l'événement, qui figure parmi les meilleurs joueurs mondiaux, l'Italien Giorgio Duboin, champion actuel d'Italie, vainqueur des championnats du monde en 2013, plusieurs fois champion du monde et d'Europe, le Français Paul Chemla, surnommé l'enfant terrible du bridge, doyen de la rencontre à l'impressionnant palmarès, avec à son actif tous les titres mondiaux, mais aussi l'Égyptien Walid al-Ahmadi ou le Polonais Krzysztof Martens, pour ne citer que ces quelques bridgeurs mondiaux des plus primés. Sans oublier Marc Bompis et Jean-Christophe Quantin, qui forment la meilleure paire française, ou les équipes grecque, tunisienne ou turque, redoutables par leur force, ainsi que nombre d'équipes mixtes ou transnationales.

Le tournoi est immanquablement un événement majeur dans l'histoire du bridge libanais. Non seulement il a réuni au pays du Cèdre et pour la première fois depuis des années 33 grands joueurs étrangers, et notamment des champions de France, d'Italie, de Pologne, du Pakistan, de Turquie, d'Égypte, de Tunisie et de Grèce. Mais il a replacé le Liban au cœur de la communauté internationale de bridge. « À l'étranger, personne ne parlait plus du Liban, vu la situation sécuritaire du pays », raconte à ce propos Mme Hanna. « Inviter de grands joueurs étrangers était la meilleure façon de permettre aux bridgeurs libanais et étrangers de se côtoyer », note-t-elle. D'autant que peu de bridgeurs Libanais ont la possibilité d'aller jouer à l'étranger. Dirigé par l'arbitre français Claude Dadoun, l'événement de Faqra a été retransmis en direct par le forum de bridge en ligne, Bridge base online (BBO), et plus précisément les parties des deux premières tables du tournoi.

Bridge, retrouvailles et convivialité
Côté joueurs, la satisfaction est palpable. On salue l'organisation impeccable, l'hospitalité et la générosité de l'hôtesse, le programme de festivités unique en son genre. On évoque les belles rencontres. On est heureux de jouer avec des champions ou de retrouver des adversaires appréciés. L'ambiance feutrée de l'auberge du Faqra Resort contribue à ce bien-être général. « C'est un bonheur de jouer avec les meilleurs bridgeurs du Liban », observe le charismatique Mahmoud Zia, qui vient au Liban pour la première fois. « C'est un événement important pour moi, vu le plaisir de la compagnie », précise le bridgeur professionnel qui assure apprécier « les tournois sociaux autant que les grandes compétitions ». Paul Chemla, qui connaît bien le Liban d'avant-guerre pour avoir séjourné à l'hôtel Saint-Georges du temps de sa splendeur, salue « cette occasion de rassemblement international de bridgeurs, liés par une passion commune ». « Les retrouvailles sont agréables, l'organisation excellente et l'hospitalité libanaise est la meilleure au monde », renchérit Giorgio Duboin. C'est dire la qualité de l'accueil.

Parmi les « happy few », l'ancien quintuple champion du monde de Scrabble, Michel Duguet, occupe une place de choix. Après avoir « fait le tour » du jeu de lettres le plus célèbre au monde, cet auteur de grilles de mots croisés et d'anacroisés vient de gagner, avec son épouse, le championnat de France de bridge par paires. « J'avais acquis la capacité de concentration grâce au Scrabble, explique-t-il. Ma conversion n'en a été que plus évidente, d'autant que je côtoyais de près le monde du bridge. » C'est bien entendu avec son épouse qu'il est présent à Faqra pour « cette compétition internationale sans grande pression, qui voit la participation de grands champions et joueurs ».

Le tournoi terminé, les résultats annoncés, Mahmoud Zia a, sans grande surprise, mené son équipe à la victoire, avec son partenaire et ami Giorgio Duboin. L'événement est une belle réussite. Une réussite à laquelle n'est pas étranger l'organisateur de l'ombre, Pierre Chidiac, bridgeur chevronné et ami des grands champions internationaux. L'hôtesse n'en continue pas moins de rêver tout haut : Puisse-t-il encourager la jeunesse libanaise à s'intéresser au plus beau jeu de cartes de la planète.


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